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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 10:25

Il avait nom Antonio Machado. L’un des plus grands poètes espagnols, républicain dans l’âme, avait passé la frontière le 28 janvier, deux jours après la chute de Barcelone, devant l’avance des troupes de Franco et de l’aviation de l’Allemagne nazie. Malade, épuisé, le désespoir au cœur il avait tenu à rester jusqu’au bout avec les dizaines de milliers de ses compatriotes qui formaient en ces jours sombres une immense colonne sur les routes de l’exil. Ils fuyaient les bombardements aveugles, les exactions, la barbarie des vainqueurs.

Antonio Machado était accompagné de sa mère, de 88 ans, son frère José et sa compagne.

Les habitants de Collioure firent preuve à leur égard d’une formidable solidarité et générosité. La patronne de la pension de famille Bougnol-Quintana les logea sans rien demander en échange et les soigna du mieux qu’elle put. Machado savait ses jours comptés. « Quand il n’y a plus d’avenir, qu’il n’y a plus d’espoir à l’horizon, c’est la mort qui arrive », confiait-il à son frère José. Selon ce dernier les derniers mots du poète furent « Merci Madame », à l’adresse de Mme Quintana, et « Adieu, mère ». Sa mère, alitée non loin de lui, mourra trois jours après.

Tout Collioure, son maire en tête, assista à son enterrement.

Au même moment, ceux qui avaient été les premiers à se soulever contre le fascisme, avant d’être contraints à l’exil, sont alors 275.000 à être internés dans les « camps de concentration », « camps d’internement », « camps spéciaux », « centres de regroupement », « camps de triage », selon les diverses appellations officielles, à Argelès, Le Barcarès, Agde, Le Vernet, Sète, Lodève, Clermont-l’Hérault, Montpellier Béziers, Pézenas, parmi d’autres lieux. José Machado s’insurgera dans le carnet qu’il tient contre le «harcèlement des gendarmes » français qui, obéissant aux instructions officielles, conduisent les réfugiés vers les camps « en séparant les fils de leurs pères et les femmes de leurs maris… de la façon la plus barbare et brutale qui soit ». « Une véritable honte pour le genre humain », note-t-il.

Quelques mois plus tard, ceux qui faisaient partie des « étrangers indésirables », visés par les décrets-lois des 12 novembre 1938 et 18 novembre 1939 ordonnant leur internement, seront nombreux à rejoindre la Résistance. Certains, faits prisonniers par la Wehrmacht ou livrés par la police de Vichy, seront déportés vers le camp de Mauthausen. Déchus de leur nationalité par le régime de Franco ils portent le triangle bleu des apatrides.

Le 24 août 1944, la 9ème compagnie de la Division Leclerc fut la première à entrer dans Paris pour soutenir l’insurrection lors de la libération de la capitale. « La Nueve », comme on l’appelait, était composé de 160 hommes dont 146 républicains espagnols. C’est la section du lieutenant Amado Granell qui parvient la première à l’Hôtel de ville. « La Nueve » occupe la Chambre des députés, l’hôtel Majestic, siège de la Gestapo, et la place de la Concorde. Le lendemain, le général Von Choltitz est fait prisonnier par trois Espagnols. Le 26 août les Espagnols font partie de l’escorte du général de Gaulle lors du défilé de la victoire.

Depuis, des centaines de milliers de leurs compatriotes ont contribué à la reconstruction, à la prospérité, à la culture de la France.

Honneur et reconnaissance à ces « indésirables » d’hier.

Respect et solidarité pour les « indésirables » d’aujourd’hui.

22 févr. 2016 Par Edouard Pons / Club Médiapart

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