Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

  • : Le blog de republicainedoncdegauche.over-blog.com
  • Le blog de republicainedoncdegauche.over-blog.com
  • : Républicaine donc de Gauche, parce que "capitalisme, libéralisme,mondialisation économique" sont antagonistes avec notre devise "liberté, égalité,fraternité" ;la déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen ; le préambule de la constitution de 1946 ; la déclaration de Philadelphie et le Conseil National de la Résistance.
  • Contact

Sous les pavés, Orange

Recherche

4ème circo Vaucluse

F FARYSSY & I BRUET

 

 

Candidats législatives France Insoumise

Orange-Bollène-Valréas-Vaison

***

Rejoindre un groupe d'Insoumis

Valréas

Vaison-la-Romaine 1

Vaison-la-Romaine 2

Malaucène

Gigondas

Piolenc

 

À lire

 

 

 

 

 

 

 

20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 10:04

 

 

 

Parmi les 28 pays de l’Union européenne, 18 pays ont une monnaie commune, l’euro |2|. L’UE compte environ 500 millions d’habitants |3|, soit presque la moitié de la Chine, de l’Afrique ou de l’Inde, les 2/3 de l’Amérique latine et 50 % de plus que les USA.


On constate une grande disparité entre les pays de l’Union européenne. L’Allemagne, la Grande Bretagne, la France, les Pays-Bas, l’Italie, la Belgique et l’Autriche constituent les pays industrialisés et les plus forts de l’UE. 11 pays proviennent de l’ex Europe de l’Est (3 républiques baltes- Estonie, Lituanie, Lettonie-, Pologne, Rép. Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Bulgarie, Roumanie qui ont fait partie du bloc soviétique, la Slovénie et la Croatie qui faisaient partie de la Yougoslavie). La Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne, Chypre sont percutés très fortement par la crise de la zone euro.


Disparité salariale dont profitent les grandes entreprises privées

La disparité salariale est très forte : le salaire minimum légal de la Bulgarie (156 euros de salaire brut mensuel en 2013) est 8 à 9 fois inférieur à celui de pays comme la France, la Belgique ou les Pays Bas |4|. Les disparités salariales à l’intérieur de chaque pays de l’Union européenne peuvent être également fort élevées. En Allemagne, 7,5 millions de salariés doivent se contenter d’un salaire mensuel de 400 euros alors que normalement le salaire mensuel en Allemagne dépasse 1200 Euros (il n’y a pas de salaire minimum légal national en Allemagne).


Cette disparité permet aux grandes entreprises européennes, notamment les entreprises industrielles allemandes d’être très compétitives car elles font réaliser une partie de leur production par les ouvriers et ouvrières de pays comme la Bulgarie, la Roumanie ou d’autres pays d’Europe centrale et de l’Est, rapatrient ensuite les pièces en Allemagne pour les assembler et réaliser le produit final. Enfin elles exportent à l’intérieur de l’UE ou vers le marché mondial en ayant comprimé au maximum les coûts salariaux. Tout cela sans payer à l’intérieur de l’UE de taxe d’import/export.


Des disparités renforcées entre pays
Le refus de l’UE de développer de véritables politiques communes pour aider les nouveaux membres à réduire leurs désavantages économiques par rapport aux pays européens les plus forts a largement contribué à renforcer ces disparités structurelles préjudiciables au processus d’intégration. Les traités européens ont été conçus pour servir les intérêts des grandes entreprises privées qui profitent des disparités entre les économies de l’Union pour augmenter leurs profits et renforcer leur compétitivité.

Le budget de l’Union européenne est minuscule, il représente 1% du Produit intérieur brut de l’UE alors qu’un budget normal dans une économie d’un pays industrialisé représente 45-50 % ou plus du PIB. C’est le cas du budget fédéral des États-Unis administré par Barrack Obama ou de celui de la France. Pour donner une indication sur à quel point le budget géré par la commission européenne est minuscule il suffit de dire qu’il est comparable à celui de la Belgique qui compte 10 millions d’habitants soit un cinquantième de la population de l’UE. Il faut ajouter que la politique agricole commune représente près de 50% du budget de l’UE.


La crise n’a pas été provoquée par la concurrence étrangère

La crise n’est pas due à la concurrence de la Chine, de la Corée du Sud, du Brésil, de l’Inde ou d’autres économies de pays en développement.


Au cours des 10 dernières années, l’Allemagne (mais aussi les Pays-Bas et l’Autriche) s’est lancée dans une politique néo-mercantiliste : elle a réussi à augmenter ses exportations notamment au sein de l’Union européenne et de la zone euro en comprimant les salaires des travailleurs d’Allemagne |5|. Elle a donc gagné en compétitivité par rapport à ses partenaires et en particulier ceux de pays comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal et même la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie (qui ne font pas partie de la Zone euro). Ceux-ci ont vu s’installer ou se creuser un déficit commercial par rapport à l’Allemagne et d’autres pays du Centre.


L’euro comme camisole de force

Lors de la création de l’euro, la monnaie allemande a été sous-évaluée (à la demande de l’Allemagne) et les monnaies des pays les plus faibles ont été surévaluées. Cela a rendu les exportations allemandes plus compétitives sur le marché des autres pays européens et les plus faibles d’entre eux ont été particulièrement touchés (Grèce, Portugal, Espagne, pays d’Europe centrale et de l’Est…).

En gros, l’endettement des pays de la périphérie au sein de l’UE est essentiellement dû au comportement du secteur privé (les banques, les entreprises de construction immobilière, le reste de l’industrie et du commerce). Incapables de rivaliser avec les économies les plus fortes, les secteurs privés se sont endettés, auprès des banques du Centre (Allemagne, France, Pays-Bas, Belgique, Autriche, Luxembourg,…) mais aussi auprès d’agents internes, l’économie de ces pays s’étant largement financiarisée depuis l’adoption de l’euro. La consommation a connu un boom dans les pays concernés et, dans certains d’entre eux (Espagne par exemple), s’est développée une bulle immobilière qui a fini par éclater. Les gouvernements de ces pays sont venus au secours des banques ce qui a provoqué une forte augmentation de la dette publique.


Évidemment, les pays qui font partie de la zone euro ne peuvent pas dévaluer leur monnaie puisqu’ils ont adopté l’euro. Des pays comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne sont donc coincés par leur appartenance à la zone euro. Les autorités européennes et leur gouvernement national appliquent dès lors ce qu’on appelle la dévaluation interne : ils imposent une diminution des salaires au grand profit des dirigeants des grandes entreprises privées. La dévaluation interne est donc synonyme de réduction des salaires. La dévaluation interne est utilisée pour augmenter la compétitivité mais on constate qu’elle est très peu efficace pour retrouver de la croissance économique car les politiques d’austérité et de répression salariale sont appliquées dans tous les pays. Par contre, les patrons des entreprises sont contents car cela faisait longtemps qu’ils voulaient réduire radicalement les salaires. De ce point de vue, la crise de la zone euro qui a pris un caractère très aigu à partir de 2010-2011 constitue une aubaine pour les patrons. Le salaire minimum légal a été réduit fortement en Grèce, en Irlande et dans d’autres pays.


Marché unique des capitaux et monnaie unique

Alors que la crise est née aux États-Unis en 2007, l’impact sur l’Union européenne a été beaucoup plus violent que sur les institutions politiques et monétaires états-uniennes. En fait, la crise qui secoue la Zone euro n’est pas une surprise, elle est un avatar des deux principes qui régissent cette zone : marché unique des capitaux et monnaie unique. Plus largement, elle est la conséquence des logiques qui dominent l’intégration européenne : la primauté donnée aux intérêts des grandes entreprises industrielles et financières privées, la large promotion des intérêts privés, la mise en compétition à l’intérieur de l’espace européen d’économies et de producteurs qui ont des forces tout à fait inégales, la volonté de retirer aux services publics un nombre croissant de domaines d’activité, la mise en concurrence des salariés qui implique le refus d’unifier vers le haut les systèmes de sécurité sociale et les règles afin de protéger les travailleurs. Tout cela poursuit un objectif précis, celui de favoriser l’accumulation maximum de profits privés, notamment en mettant à disposition du Capital une main d’œuvre la plus malléable et précaire possible.


Le monopole du crédit aux Etats est réservé aux banques privées

Face à cette explication, on pourrait rétorquer que ces logiques dominent aussi largement l’économie des États-Unis. Il faut donc prendre en compte également d’autres facteurs : alors que les besoins de crédit des gouvernements des autres pays développés, dont celui des États-Unis, peuvent être satisfaits par leur banque centrale, notamment par l’intermédiaire de la création monétaire, les pays membres de la Zone euro ont renoncé à cette possibilité. De par ses statuts, la Banque centrale européenne a l’interdiction de financer directement les États. De plus, en vertu du traité de Lisbonne, la solidarité financière entre les États membres est formellement interdite. Selon son article 125, les États doivent assumer seuls leurs engagements financiers, ni l’Union ni les autres États ne pouvant les prendre à leur charge |6|. L’article 101 du traité de Maastricht |7|, repris intégralement par le traité de Lisbonne |8|, ajoute : « Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres […] d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales, aux autres autorités publiques ».


L’UE se place donc volontairement au service des marchés financiers puisque, en temps normal, les gouvernements des pays de la Zone euro dépendent totalement du secteur privé pour leur financement. Les investisseurs institutionnels (banques, fonds de pension, assurances) et des hedge fundsse sont rués en 2010 sur la Grèce, maillon le plus faible de la chaîne européenne d’endettement, avant de s’attaquer à l’Irlande, au Portugal, à l’Espagne et à l’Italie. En agissant de la sorte, ils ont réalisé de juteux profits car ils ont obtenu de ces pays une rémunération importante en termes de taux d’intérêt versés par les pouvoirs publics pour pouvoir refinancer leurs dettes. Parmi ces investisseurs institutionnels (les zinzins), ce sont les banques privées qui ont fait le plus de profit car elles pouvaient directement se financer auprès de la Banque centrale européenne en lui empruntant des capitaux à 1% de taux d’intérêt |9| alors que dans le même temps, elles prêtaient sur une durée de trois mois à la Grèce à des taux de l’ordre de 4 ou 5%.

 

En lançant leurs attaques contre les maillons les plus faibles, les banques et autres zinzinsétaient également convaincus que la Banque centrale européenne et la Commission européenne devraient d’une manière ou d’une autre venir en aide aux États victimes de la spéculation en leur prêtant les capitaux qui leur permettraient de poursuivre les remboursements. Ils ne se sont pas trompés. En collaboration avec le FMI, la Commission européenne a plié et a octroyé via les fonds européen de stabilité financière (FESF) et le mécanisme européen de stabilité (MES) des prêts à certains États membres de l’Eurozone (la Grèce, l’Irlande, le Portugal et Chypre) afin qu’ils puissent en priorité rembourser les banques privées des pays les plus forts de l’UE. Elle n’a donc pas respecté à la lettre l’article 125 du Traité de Lisbonne cité plus haut. Mais elle a respecté l’esprit néolibéral du Traité : en effet le FESF et le MES empruntent sur les marchés financiers les moyens financiers qu’ils prêtent aux États. De plus, des conditions draconiennes sont exigées : privatisations, réductions des salaires et des retraites, licenciements dans les services publics, réduction des dépenses publiques en général, sociales en particulier.


Petit rappel : tandis que les règlements de l’UE ne permettent pas que la Banque centrale européenne prête aux États de l’UE, la situation est très différente aux États-Unis où la Réserve Fédérale prête en moyenne 40 milliards de dollars par mois à l’administration Obama en achetant des bons du trésor (cela représente 480 milliards de dollars par an). De même, au Royaume Uni qui ne fait pas partie de la zone euro, la Banque d’Angleterre prête massivement au gouvernement britannique. Les règles appliquées dans la zone euro rendent la crise encore plus grave qu’aux États-Unis ou au Royaume Uni. La suite sur CATDM

Partager cet article

Repost 0
republicainedoncdegauche.over-blog.com - dans EUROPE & U.E
commenter cet article

commentaires

Visiteurs

compteur

Vidéos

A signer

Soutenez la candidature de J-L Mélenchon