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Qui a tué nos villages ?

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 09:33

 

 

A la suite des élections présidentielles et législatives de 2002, Nicolas Sarkozy a été nommé ministre de l’Intérieur et, durant le quinquennat de Jacques Chirac, il a occupé ce poste durant plus de trois ans et demi (de mai 2002 à mars 2004 et de juin 2005 à mars 2007). Dans le contexte politico-médiatique du début des années 2000, marqué par une surenchère continue sur le thème de « l’insécurité », le contenu des discours tenus pendant la campagne électorale comme après est bien connu et de surcroît peu original à l’échelle historique. Qu’un ministre de l’Intérieur situé politiquement à droite déclare partir en « croisade » contre le crime afin d’apporter « enfin » la sécurité aux citoyens français n’est en soi pas surprenant 1. Qu’il annonce et fasse voter en ce sens de nouvelles lois visant à renforcer les moyens matériels, humains et juridiques des forces de l’ordre ne l’est guère davantage. En revanche, qu’un ministre de l’Intérieur entende introduire dans ces administrations un « nouveau management » et imposer à quelques 237 000 policiers et gendarmes une véritable « culture du résultat » est une expérience plus originale et particulièrement intéressante à tenter d’évaluer. Prolongeant et élargissant un travail initié par Dominique Monjardet (2006), dans l’un de ses derniers textes, sur la seule période 2002-2004, on voudrait ici revenir sur l’ensemble des cinq années durant lesquelles cette « nouvelle politique de sécurité » s’est déployée, pour tenter de l’évaluer à l’aune de ses propres critères de « performance ».

 

2 L’analyse se déroulera en trois temps. Nous reviendrons d’abord sur le bilan officiel de la politique de sécurité conduite depuis 2002 et sur les outils statistiques à disposition pour évaluer cette politique (I). Nous examinerons ensuite l’évolution de la délinquance enregistrée (II), puis celle de l’activité répressive des services de police et de gendarmerie (III). En conclusion, on s’interrogera sur les présupposés qui fondent cette politique de sécurité, sur la nature de ce « nouveau management » et sur d’autres aspects qui composent également son bilan.

 

1. Le bilan officiel de la politique de sécurité et les outils de son évaluation

1.1 Un auto satisfecit et trois propositions à vérifier

 

3 Dans sa conférence de presse du 11 janvier 2007 2, le ministre de l’Intérieur se félicitait des résultats obtenus depuis 2002, en particulier les quatre suivants : 1) une « baisse de la délinquance » (en particulier la « délinquance de voie publique ») obtenue malgré l’augmentation continue des atteintes aux personnes, 2) une « progression de l’activité des services » entendue comme les faits délinquants révélés par les initiatives policières (et non à la suite de plaintes des victimes), 3) une augmentation du taux d’élucidation (« alors qu’on ne retrouvait qu’à peine un délinquant sur 4 en 2001, on en arrête désormais plus d’un sur 3 »), 4) une augmentation du nombre de personnes gardées à vue et mises en cause.

 

 

4 Comparant le bilan du gouvernement de gauche précédent (1997-2001) et celui du sien (2002-2006), le ministre déclarait : « Alors que la délinquance avait augmenté de 17,8 % entre 1997 et 2002, elle a baissé de 9,4 % depuis 2002. Cela veut dire que, depuis 2002, plus de 1 153 000 victimes ont été épargnées » 3. Et tout ceci lui semblait découler du nouveau mode de management des forces de l’ordre qu’il impulsait depuis son arrivée Place Beauvau :

 

« Depuis 2002, ma détermination a été totale : j’ai fait de la sécurité la priorité absolue de mon action ministérielle, en accordant les moyens nécessaires aux forces de sécurité, en les modernisant et, surtout, en les mobilisant. J’ai rompu avec la résignation et le renoncement ! Les résultats sont là. Ils sont à porter à l’actif de la police et de la gendarmerie nationale. Je veux remercier ces serviteurs de l’État pour le travail qu’ils ont accompli, sans relâche ».

 

5 Ainsi, le discours de celui qui allait quelques mois plus tard devenir Président de la République consiste en deux constats et une proposition explicative : un constat de forte baisse de la délinquance, un constat de nette amélioration de la mobilisation et des performances de l’activité policière, et une proposition expliquant le premier constat par le second. Ce sont ces trois éléments que nous allons tester en procédant à un examen systématique des données statistiques produites par cette même organisation (le ministère de l’Intérieur), en ajoutant dans le fil de la démonstration d’autres données permettant de dépasser les limites inhérentes à la nature administrative de ces statistiques. Mais auparavant, il importe de tenter de comprendre en quoi a consisté ce « nouveau management » et comment sont construits les chiffres sur lesquels il a voulu s’appuyer tant pour mener que pour évaluer son action. Lire la suite (…) 

 

Source : Champ pénal Laurent Mucchielli, « Le « nouveau management de la sécurité » à l’épreuve :délinquance et activité policière sous le ministère Sarkozy (2002-2007) », Champ pénal / Penal field, nouvelle revue internationale de criminologie

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