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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 08:29

 

 

Le Président de la République François Hollande vient d’annoncer le contenu du pacte de responsabilité qu’il entend mettre en œuvre dans le cadre de sa politique de l’emploi. Il prévoit de supprimer à l’horizon 2017 la cotisation patronale d’allocations familiales, soit l’équivalent de 35 milliards d’euros qui financent actuellement la branche famille de la Sécurité sociale.

 

De la sorte, François Hollande fait renaître le projet de l’ancien Président Sarkozy qui avait créé la TVA sociale afin de compenser intégralement la baisse des cotisations familiales à travers une ponction injuste sur le revenu de consommation des familles. Le gouvernement Ayrault avait pourtant décidé d’abroger in extremis cette mesure inique lors de son arrivée au pouvoir. Or c’est la même politique anti-sociale dictée par la même idéologie néo-libérale que le gouvernement PS-EELV-PRG décide d’appliquer.

 

Pour l’UFAL cette décision sans précédent comporte des risques économiques et politiques considérables. Cet allègement de 35 milliards d’euros devra être compensé par un nouveau mouvement d’économies drastiques sur les dépenses sociales qui affecteront les familles déjà fortement fragilisées par la crise. De plus, une nouvelle augmentation des impôts et taxes sur la consommation ou sur les revenus du travail sera inévitable et aggravera durablement la crise actuelle dont les conséquences dramatiques se font sentir chaque jour. Mais surtout, en décidant d’appliquer une politique identique à celle de son prédécesseur de droite, François Hollande contribue à renforcer chez les classes populaires le malaise politique actuel et le sentiment de rejet de la classe politique qui se traduit par l’abstentionnisme et le vote anti-républicain d’extrême droite.

 

L’UFAL rappelle que la cotisation sociale (salariale ou patronale) est une part socialisée du salaire des travailleurs, prélevée directement sur la richesse créée par le travail. Ainsi, la cotisation patronale d’allocations familiales reconnaît et rémunère l’apport indispensable des familles à l’éducation des enfants et au renouvellement de la main-d’œuvre productive. À l’inverse, la suppression de la cotisation sociale familiale ne fera que renforcer l’emprise de la finance sur l’économie réelle et nourrit la ponction privée sur l’économie réelle. C’est pourquoi l’UFAL s’engage fermement aux côtés des salariés pour que cette part de leur salaire reste prélevée sur la richesse créée dans l’entreprise. Source UFAL

 

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 08:28

 

 

Du dégoût, et je pèse mes mots. C'est à peu près le sentiment qui m'anime au moment où je rédige ces lignes. De quoi je parle ? Je parle de la conférence de presse de ce mardi 14 janvier du monarque républicain Hollande. Je passe sur le principe même de l'exercice, la rareté de la parole rendant cette dernière presque sainte et presque aussi attendue que le retour du plein emploi. Les annonces faites par le président n'ont été qu'une succession de dogmes libéraux. Comme le disait très justement François Delapierre, c'est tout le modèle social et républicain de la France qui est mis à mal par le discours du chef de l'état.

 

Économiquement parlant, les leçons à tirer de cette journée sont désastreuses. Certains parlent de virage idéologique. Selon moi, cela relève de la naïveté. Croire que le fameux discours du Bourget de 2012 était le cœur de la pensée économique de François Hollande et de son gouvernement, c'était se tromper lourdement. Si quelques uns ont pu être illusionnés, c'est désormais terminé. Bien qu'il s'en défende (« je ne suis pas gagné par le libéralisme »), les mesures détaillées ou annoncées lors de cette conférence de presse furent exclusivement libérales. Quel anti-libéral parlerait de « charges » sociales quand ces cotisations servent au bien commun ? Quel anti-libéral annoncerait la suppression pure et simple des cotisations familiales des entreprises et des travailleurs indépendants en 2017 ? Aucun. Un social-démocrate imposerait au moins des contreparties (ce qui est déjà contestable en soi). Mais ici, il n'en est rien, c'est bien à un social-libéral auquel nous avons affaire. Son pacte de responsabilité, très mal nommé, va arriver le 21 janvier, l'un des jours fondateurs de notre République.

 

C'est le MEDEF qui est sorti gagnant aujourd'hui. Il réclamait 30 milliards de coupes budgétaires le 13 janvier, il en est pour l'instant à 35 ! Mon petit doigt me dit qu'avant la fin du quinquennat, la centaine sera atteinte si rien ne change dans le pays, reprenant encore une fois la demande du MEDEF en date du 1er janvier. Et la position de l'UMP dans tout cela ? Ils sont aux abonnés absents. Je ne résiste pas au « plaisir » de citer André Valini, député PS. Vous allez voir, tout est dit : « À droite, ils sont gênés car nous menons une politique qu'ils auraient aimé mener. L'UMP l'a rêvé, nous l'avons fait ! » (I-Télé, le 14 janvier 2014). N'est-ce pas beau ? Si vous n'arrivez pas à vous satisfaire de ça, comme Rebsamen, Bartolone, Huchon ou Bel : je vous félicite vous êtes de gauche.

 

Il est temps de changer de braquet pour celles et ceux qui, sincères, croyaient pouvoir infléchir la ligne économique du gouvernement de l'intérieur. Il est temps pour eux de constituer, qu'ils soient encore au PS où à EELV, la grande majorité de gauche autour du Front de Gauche, qui s'opposera coûte que coûte au libéralisme de l'exécutif.

 

Je voudrais m'arrêter ici plus longuement sur un aspect du discours qui sera probablement – et volontairement – occulté par les médias dans la reprise qu'ils feront de l'allocution présidentielle. La République est en danger, le signal d'alerte doit être tiré. Nous avons, chacun dans notre entourage, alerté sur les dangers de l'acte III de la décentralisation. Ici, le Président a présenté les nouvelles compétences des régions dès 2014, et c'est probablement ici que se cache le plus gros scandale. De l'idéologie qui le fonde découlent toutes les autres mesures. On cherche, à l’Élysée et à Matignon, à détricoter la République et à détruire ce qui la fonde, son unité. Par la réduction des dépenses publiques (l'objectif est de 50 milliards d'ici à 2017...) bien sûr, qui met les territoires en concurrence permanente et en créant de véritables déserts de services publics. L'organisation du territoire est elle-même visée par le discours du chef de l'état. Les 13 métropoles crées en 2013 représentent pour lui une source d'attractivité et de localisation d'investissement. Mes chers amis, vous qui êtes hors de ces grandes métropoles, vous n'aurez rien ! L'investissement dans vos régions baissera mais rassurez vous, vous pourrez toujours aller habiter dans ces 13 ensembles (in)humains.

 

Le Président a également annoncé qu'il faudrait désormais augmenter les « pouvoirs réglementaires locaux » des régions, que leur nombre pourrait évoluer (comprenez qu'il désire la fusion de plusieurs d'entre-elles) mais également que les départements devraient « redéfinir leur avenir ». Reprenons tout ça calmement : chaque région pourra donc édicter plus largement des règlements spécifiques, en matière économique, sociale et environnementale. C'est encore une fois la concurrence qui est amenée sur les territoires français, et la compétition entre eux n'en sera que plus exacerbée ! Hollande devrait prendre son passeport allemand, et très vite. Il voit déjà la France comme une République Fédérale, avec ses super-régions, et dont le droit deviendra variable que l'on habite à Lille où à Marseille ! J'aimerais juste rappeler qu'en 2013 les alsaciens avaient massivement refusé la fusion des départements du Haut et du Bas-Rhin en une seule entité. Leur sens républicain est bien plus aiguisé que celui du Président de la République, c'est un comble ! Bien entendu, Hollande s'est tout de suite protégé de toute contestation possible de la part des élus locaux et des citoyens. Voici la citation entière : « Je sais que sur ces questions nos élus et nos concitoyens sont prêts à ces évolutions, et il y aura des incitations puissantes qui seront introduites, les dotations de l’État varieront en fonction des regroupements qui seront faits». Faites ce que je dis, je décide que vous êtes d'accord, vous n'avez pas le choix, sinon vous mourrez dans l'asphyxie économique. Quelle honte lorsque l'on sait que de nombreuses petites communes de notre pays souffrent cruellement du manque d'argent et du gel – puis de la baisse – des dotations de l'état. Désormais, il faudra que les barons locaux viennent ramper aux bons vœux du prince pour espérer obtenir une obole de sa part. Bienvenue dans la reconstitution grandeur nature de la France de 1788 !

 

L'article 1 de la Constitution proclame que « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». On ne doit donc pas avoir différentes lois sur le territoire de la République. La loi est la loi, et elle est la même pour tous. Bien sûr, le Conseil Constitutionnel a validé la loi de décentralisation de 2004 de Raffarin (à laquelle le PS s'était opposé à l'époque, principalement sur son volet économique). Combattons donc l'acte III à venir et ses dispositions. Nous ferons d'une pierre deux coups en permettant de tacler la réforme Raffarin et de renverser la tendance depuis 1983, qui vise à toujours plus décentraliser la France. C'est une attitude typique de la Vème République. Je vous renvoie au coup de force exercé contre les communes pour leur imposer de rentrer dans un EPCI. La suite sur Plaidoyer Républicain

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 08:27

 

« Pain, éducation, liberté » le slogan du soulèvement des étudiants de l'École Polytechnique d'Athènes de novembre 1973 contre la junte militaire est aujourd'hui repris par les manifestants grecs.

 

Soumis au chantage de la Troïka (UE, BCE, FMI) depuis 2010, les gouvernements grecs successifs multiplient les plans d'austérité. Dès 2010, le FMI avait envisagé une restructuration de la dette publique, mais les chefs d'État et de gouvernement de la zone Euro s'y étaient alors opposés. Deux ans plus tard, au printemps 2012, une restructuration eut lieu : la Grèce était à deux doigts de la cessation de paiement. En effet, entre temps la dette avait effectué un bond, passant de 130% (1) du PIB à 170% (2), et l'économie s'était effondrée avec une chute de 9% (3) du PIB. Les prêts octroyés par la Troïka dès 2010 conditionnés à des politiques d'austérité drastiques avaient aggravé la crise et n'ont nullement servi à « sauver » le pays, ni à rembourser la dette. Depuis, la même orientation perdure, et la situation empire.


Au-delà des chiffres, il y a la réalité sociale et humaine, les femmes, les hommes et les enfants, la montée de la pauvreté, des dépressions, des suicides. Plus d'un quart de la population active est au chômage. Les salaires sont amputés, un grand nombre de salariés ne sont plus payés depuis des mois, voire un an. Des écoles ferment. Des hôpitaux manquent de médicaments. Les conditions sanitaires se dégradent. Les dispensaires sociaux, fondés et maintenus grâce au dévouement bénévole de médecins, personnels de santé et citoyens, n'arrivent pas à masquer le péril sanitaire. Par milliers les fonctionnaires perdent leur emploi : ils sont « mis en disponibilité », considérés comme « surnuméraires ». Les conventions collectives sont annulées. Les droits syndicaux sont bafoués. Les actes de violence se développent, en premier lieu à l'égard d'émigrés. Des meurtres de militants politiques ont été perpétrés.

 

Le secteur de l'éducation, qui devrait préparer l'avenir de la Grèce, est particulièrement touché. De plus, par dizaines de milliers les jeunes diplômés et les étudiants grecs émigrent, notamment vers des pays d'Europe où la crise est moins aiguë, offrant un afflux de main d'œuvre qualifiée qui vient renforcer ces pays au détriment de la Grèce.

 

L'enseignement supérieur et la recherche (ESR) avaient su, en Grèce plus que dans tout autre pays européen, résister au néolibéralisme. L'article 16 de la Constitution stipule que « Tous les Grecs ont droit à l'enseignement gratuit à tous les niveaux des établissements d'enseignement de l'État ». Grâce au haut niveau d'engagement de ses personnels et des étudiants, l'université publique et ses instituts de recherche, malgré un manque chronique de moyens, constituaient une importante richesse tant pour la jeunesse, que pour la société dans son ensemble. La connaissance, la recherche et l'enseignement conçus comme garants de la démocratie et du développement de la société et du pays avaient le soutien déterminé des étudiants et de leurs familles qui, avec des personnels des universités, avaient bloqué ou freiné la soumission de l'ESR aux intérêts du marché et des entreprises. Mais la crise a donné au gouvernement grec le prétexte d'un passage en force d'une transformation néolibérale de l'ESR.

 

En mars 2013, imposant le plan Athéna de « rationalisation » de l'affectation des ressources, reposant sur des fusions et suppressions de départements, de facultés, d'universités et d'établissements supérieurs techniques, le gouvernement grec a réduit la présence du service public sur le territoire, créant les conditions d'une reprise par le privé de secteurs d'enseignement, en violation flagrante du point 16:8 de la Constitution grecque : « La mise en place d'établissements de niveau universitaire par des personnes privées est interdite ». Déjà avant, on avait commencé à octroyer des autorisations à ces établissements ; pour éviter l'illégalité, le gouvernement arguait, par un tour de passe-passe, que ceux-ci n'étaient nullement des universités privées, car ils n'en avaient pas le nom. Or ces établissements, de nature purement commerciale, attirent des jeunes qui ne peuvent pas entrer à l'université, en leur faisant miroiter des formations professionnelles et un accès rapide sur le marché du travail. En réalité, ils ne font qu'extorquer de l'argent, en accentuant davantage la désespérance d'une jeunesse avide d'études et de diplômes.

 

La situation de la Grèce est de plus en plus dégradée, et les dirigeants européens poursuivent inflexiblement leur exigence d'austérité toujours accrue et de mise en place du modèle néolibéral. Si bien que l'ESR est victime d'une nouvelle réduction de ses moyens, avec l'objectif de réduire de 4% le nombre d'étudiants admis à entrer dans l'enseignement supérieur en 2014, et l'impossibilité pour certains services de fonctionner en raison du nombre de postes de fonctionnaires supprimés. Aujourd'hui, ce sont principalement les personnels administratifs qui sont touchés. Mais les nouvelles mesures qui s'annoncent visent également le personnel technique spécialisé et les enseignants. Dans ce contexte, depuis la rentrée universitaire 2013, huit universités grecques ont connu d'importants mouvements de grève. L'université d'Athènes est fermée, son Président sous le coup d'une plainte disciplinaire de la part du Ministre de l'Éducation nationale qui lui reproche de maintenir son établissement fermé et de « céder » ainsi au mouvement de grève.

 

Nous apportons notre plein soutien aux collègues mobilisés en Grèce pour défendre leur université, et exprimons notre ferme opposition aux plans d'austérité exigés par les chefs d'État et de gouvernement de l'UE, la BCE, la commission européenne et le FMI.

 

Nous appelons les chefs d'État et de gouvernement européens, en particulier le Président de la république et le Premier ministre français, à rapidement impulser un changement de politique à l'égard de la Grèce. L'intégration européenne ne peut se faire sur la base de la désagrégation d'un pays membre de l'Union. Une politique solidaire avec la Grèce est un devoir à l'égard des femmes et des hommes qui vivent en Grèce et une exigence pour sauver le projet d'une Union à l'échelle européenne.

 

Les syndicats français de la Fédération mondiale des travailleurs scientifiques (FMTS) : SNCS-FSU, Snesup-FSU, SNTRS-CGT, UGICT-CGT.

 

 

1 Selon Eurostat, chiffre de fin 2009.

2 Selon Eurostat, chiffre de fin 2011.

3 Chiffre déduit de ceux d'Eurostat.

Source ZoneBourse

 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 08:11

 

Pour marquer le lancement de l'Année Internationale de l'Agriculture Familiale, la Commission Européenne a organisé une conférence sur ce thème le 29 novembre à Bruxelles, où La Via Campesina a été invitée à s'exprimer (1). L'enjeu a été de défendre une vision paysanne de l'agriculture familiale, son importance dans l'économie européenne et mondiale, et ses qualités sociales et environnementales.

 

Des cinq continents, nous avons fait venir une vingtaine de paysans et paysannes affiliés : Inde, Mozambique, Nicaragua, Argentine, Etats-Unis, Mali, Maroc, et les Européens d'Italie, de France, de Croatie, de Roumanie, d'Espagne et de Norvège. La problématique ne concerne pas uniquement les pays du sud, mais l'ensemble de la communauté internationale. Le « nord » détient la plus grande part de responsabilité quant à l'état de l'agriculture familiale dans le monde.

 

Profitant de la présence de tout ce beau monde, des séminaires de travail et de préparation ont été mis en place à la Coordination Européenne Via Campesina (ECVC) à Bruxelles pour s'interroger aussi sur la question actuellement cruciale des Accords de Libre Échange, et notamment le fameux Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP). Il s'agissait de construire une position commune sur ces accords, car ils se multiplient à l'échelle globale et concernent chacun d'entre nous : UE/Canada, UE/Maroc, US/Pacific, UE/US.

 

Le présent article vise à rendre compte des discussions et des décisions prises, afin d'encourager la prise de conscience et la mobilisation sur ces deux sujets.

 

1 ) Agriculture familiale paysanne : un modèle d'avenir

 

Suite à une initiative un peu obscure (2), la Food and Agriculture Organisation (FAO), rattachée à l'ONU, a décidé de faire de « l'Agriculture Familiale » la thématique de 2014. Si à l'échelle européenne, l'agriculture présente généralement moins de 5% des emplois, ce chiffre peut monter jusqu'à 80% dans les pays en développement, en Asie ou en Afrique. C'est donc un beau geste en faveur d'une grande partie de l'humanité, et c'est symboliquement fort en ces temps de crise économique, sociale, mais aussi idéologique.

 

Qu'est-ce que l'Agriculture Familiale ? Sans définition claire du concept, à laquelle La Via Campesina doit s'attacher dès à présent, le risque de détournement est majeur. Nous attachons une grande importance à rappeler que l'agriculture familiale est d'abord paysanne. Elle s'appuie ainsi sur une utilisation mesurée et écologique des ressources naturelles. Elle est orientée vers les circuits courts, locaux et nationaux, et ne prétend pas faire de l'exportation sa priorité. Elle renforce le tissu social du monde rural, favorisant l'emploi, les revenus de ses habitants, tout en dynamisant ces espaces souvent délaissés au profit des villes.

 

Tous ces avantages sont décisifs pour palier aux manques liés à la généralisation du système économique héritée du XXe siècle. Les monocultures, le productivisme, la concentration des exploitations ont largement participé à l'exode rural qui induit des problèmes sociaux importants (3), à la capitalisation de l'agriculture, à la perte de qualité de la production, à la mise en concurrence mondiale du secteur agricole. Or, la récente crise capitaliste a une fois de plus montré les déficiences de ce système économique en ce qu'il favorise les inégalités et fragilise les petits producteurs.

 

La modernité agricole est entre les mains des paysannes et des paysans du monde. Ce sont eux qui nourrissent effectivement la planète et qui proposent le modèle économique le plus solide et durable du secteur agricole. Ce sont eux qui proposent les produits de qualité, ayant la valeur ajoutée la plus élevée, favorisant la relocalisation des champs et des élevages. Ils proposent un modèle durable quant à la gestion des ressources en limitant les externalités, tout en intégrant une organisation du rural socialement dense et dynamique, et en assurant une production en quantité et en qualité. C'est dans ce secteur et non dans l'agro-industrie que l'on crée des emplois dignes.

 

L'agriculture familiale comprise comme paysanne est un modèle d'avenir, qui doit être encouragé et soutenu par les politiques agricoles, notamment par la PAC, car les limites de la concentration de la production agricole sont visibles et évidentes. Il faut que ses aides directes et contraignantes soutiennent le travail et la production, et qu'elles arrêtent d'aller dans les poches des grandes exploitations qui sont, économiquement, socialement et environnementalement moins intéressantes pour la société. Les grosses fermes ne sont plus compétitives que parce qu'elles sont plus subventionnées.

 

La Commission européenne, et spécialement le personnel de la DG Agri est attentive à ce déplacement de paradigme économique. Soucieux d'utiliser cet espace ouvert, nous adressons un message à l'ensemble de l'Union européenne : l'agriculture d'aujourd'hui fait face à des problèmes qui ont été créés par la PAC d'après guerre, qui visait l'autosuffisance alimentaire de l'Europe. Cet objectif ayant été rempli, il faut à présent se tourner vers les problèmes actuels, qui sont d'ordre sociaux et environnementaux, et que le modèle de l'agriculture familiale paysanne est à même de résoudre. Il faut soutenir les petites fermes, en favorisant leur accès à la terre, à l'eau et aux semences, leur installation pour affronter le défi générationnel, leur accès au crédit en rattachant les aides directes à la production.

 

Enfin, nous pensons que les accords de libre échange ne donnent pas à l'Europe les moyens de résoudre les problèmes sociaux et environnementaux qu'elle rencontre. Au contraire, ils les rendent plus aigus. La déréglementation des normes et des politiques agricoles mettent en concurrence petites et grandes exploitations, menaçant les premières qui garantissent pourtant un avenir digne à l'Europe.

 

  1. Les accords de libre échange menacent la souveraineté des Etats et les paysan(e)s La suite sur Via Campesina

 

 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 08:09

 

Cette année, les rois mages apportèrent aux Grecs la présidence du Conseil de l’Union européenne. Or, le corps de la société grecque était déjà crucifié. Il faisait bien Vendredi saint cette nuit de la Saint-Sylvestre.

 

Au seuil de sa 33e année européenne, la Grèce se trouve trop près du «tout est accompli» christique pour être en mesure de ressentir, ne serait-ce que furtivement, ce package - en toutes circonstances aberrant – de fierté et de responsabilité dont les citoyens européens sont censés se doter subitement pour ces grandes occasions. On nous avait déjà fait le coup de ce genre de fantasmagories avec les «JO» (tout sauf une Olympiade…) de 2004.

 

Mais ce n’est pas tout. Le sentiment général qui prévaut à Athènes, ces jours saints de l’europrésidence, va bien au-delà de l’indifférence. La couronne d’épines, que les consuls de Bruxelles ont posée sur le front grec en guise de brimade, est bien perçue comme ce qu’elle est vraiment : un titre purement symbolique, que les détenteurs du vrai pouvoir s’amusent à «céder» volontiers au nom de quelque équité coutumière, afin justement de souligner son caractère exclusivement symbolique. Le vrai pouvoir est comme la liberté : il ne se cède pas. Il faut aller le chercher avec les dents.

 

Il y a quelque chose de particulièrement hideux dans cette fanfaronnade pèrenoëlesque qu’est la joyeuse proclamation de la Grèce en rex europæorum, tout juste dix jours après l’approbation in extremis par le Parlement grec d’une loi dont la mesure phare (exigée expressément par Bruxelles et Francfort) «facilite» la vente publique des résidences principales des familles ne pouvant plus rembourser leurs prêts.

 

Il y a quelque chose de profondément malsain dans la poursuite de cette narration – aussi invariable qu’invraisemblable – de «réussite» et d’«accomplissement» (la fameuse success story à laquelle les Grecs ont désormais droit matin, midi et soir), alors que le pays connaît un déclin démographique brutal, jamais vu depuis 1942.

 

En effet, sans même compter les départs massifs des jeunes les plus diplômés vers l’étranger, par la seule différence entre les taux de mortalité et de natalité, la population hellénique se réduit dorénavant de 180 personnes par jour. Depuis la mise en œuvre des plans dits «de sauvetage» (les «mémorandums» – tiens, encore du latin), la classe moyenne est en voie d’extinction, les hôpitaux et les écoles ferment à cause des coupes budgétaires, le taux de chômage officiel frôle les 30%, le nombre de suicides est en nette augmentation… tout cela pour un résultat économique désastreux car, durant ces quatre dernières années supposément salvatrices, la dette publique passait tranquillement de 120% à 175% du PIB. Il s’agit, là, de comprendre que tout «gain» généré par ces coupes drastiques et autres privatisations hâtives est automatiquement transféré vers les entités créancières (principalement françaises et allemandes), mécanisme qui nourrit cette récession inouïe (perte de 25% du PIB) qui s’abat sur le pays pour la sixième année consécutive. Non, les Grecs ne sont présidents de rien, et ils le savent. Par Makis Malafekas / la suite sur Initiatives Grecque à Paris

 

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 08:30

 

Jean-Luc Mélenchon est un tribun hors pair, aux idées iconoclastes. Le leader du Parti de Gauche français livre ses pensées sur la France.

 

Retrouvez d'autres extraits du long entretien de Jean-Luc Mélenchon à La Libre Belgique dans votre journal de ce samedi. ll y parle notamment de l'Europe et de l'économie actuelle.

 

 

S’agissant de la France, on a l’impression que vous tapez davantage sur la gauche que sur la droite…

 

Normal ! L’opposition critique le pouvoir. Le pouvoir, c’est le PS. Je le critique donc. Avec d’autant plus de férocité qu’il est censé être de mon camp. Or, il pratique une politique de droite. La gauche et la droite sont des contenus. Pas des étiquettes. De tout temps, la gauche a partagé, plus ou moins, la richesse du capital vers le travail. La gauche c’est la politique de la demande : l’économie est censée pourvoir aux besoins sociaux. Où est passé ce programme ? A présent, Hollande est adepte de la politique de l’offre. Pour lui, le problème, ce serait "le coût" du travail. C’est le discours traditionnel de la droite. Or, ce qui coûte le plus cher, c’est le capital et sa rémunération, pas le travail. Le coût du capital a triplé ces vingt dernières années. Et il se distribue plus d’argent en dividendes qu’en investissements. Donc le changement écologique des outils de production n’est pas financé. Voila pourquoi le capitalisme vert n’existera jamais. La social-démocratie verte non plus. "On va partager les fruits de la croissance" , disent-ils comme si la nature était une réserve sans fin.

 

 

En concentrant vos critiques sur la gauche, n’épargnez-vous pas l’extrême droite ?

 

Quand je me suis occupé de l’extrême droite, le chœur de parfumés s’est exclamé que je m’y prenais mal. On m’a accusé de donner de l’importance à l’extrême droite. Or, je m’attaquais au contenu social de la politique de Mme Le Pen et j’étais seul à le faire.

 

 

Mme Le Pen n’a pourtant jamais été aussi forte…

 

Eh bien, j’aurai la satisfaction intellectuelle d’avoir mené la lutte tandis que ceux qui soufflent pour la faire gonfler auront un jour des comptes à rendre.

 

 

Comment expliquez-vous que le Front National capte plus de voix dans l’électorat populaire que vous ?

 

Je vous ferais remarquer que nous sommes passés de 2 %, qui était le score des communistes à l’élection présidentielle, à 11 % et quatre millions de voix. Quand Mme Le Pen passe de 16 à 18 %, les médias parlent d’une percée. Son entreprise familiale est là depuis quarante ans. Nous existons depuis quatre ans ! Les grands médias français l’ont dédiabolisée. Voyez la série des publireportages dans "Le Monde" pour les projets de Mme Le Pen aux élections municipales. Quant à moi, j’ai permis à mon camp d’atteindre le seuil de crédibilité. Et je continue la lutte ! Contre tous les chiens de garde du système de l’argent : les médias, la social-démocratie, la résignation, l’aliénation. La première forme de cette lutte est culturelle, elle est dans la conscience, dans les systèmes de représentation. Mais que c’est dur ! Du matin au soir, des irresponsables et des criminels font des sondages qui posent des questions que les gens ne s’étaient jamais posées dans le but d’obtenir des réponses qui feront vendre du papier. Qui a trouvé l’idée de demander aux Français s’ils étaient d’accord pour expulser les Roms ? Un institut de sondage, qui a vendu le résultat à des journaux. Résultat : 90 % des Français sont d’accord avec Manuel Valls. Bien sûr les pauvres sentent mauvais. Vous savez pourquoi ? Parce qu’on ne leur permet pas de se laver. On dit qu’ils ne s’intègrent pas mais on ne se demande pas pourquoi. Quand leurs gosses vont à l’école, on les en chasse. Toute la France bouffe du Rom, voilà ce qu’ils ont provoqué et cela me scandalise. Le premier pourvoyeur de voix de Le Pen, c’est le système médiatique !

 

 

Le plus inquiétant n’est-il pas que la lepénisation percole dans les esprits…

 

Je vous donne raison : là se situe le plus grand dommage. Le score électoral est une chose mais la contamination par les idées et les images est épouvantable. Voyez aussi comme je suis diabolisé d’une façon tellement irresponsable. Ainsi, récemment, quand j’ai critiqué François Hollande pour sa proposition de créer à Florange un institut de recherche public en sidérurgie à des fondeurs qui savent bien qu’aucun d’entre eux ne se transformera en chercheur. Qu’est-il advenu de ma réaction ? Un quotidien a encore publié une photo de moi avec la bouche défigurée, les cheveux au vent. C’est la 17e fois que cette photo passe dans six journaux différents depuis juin dernier, quel que soit le sujet ! La suite sur La Libre Belgique

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 08:29

Je vous adresse une lettre afin de vous informer des conditions et des politiques qui se cachent derrière le fameux "développement" que les dirigeants de l'Europe ont conçu et mettent en œuvre dans mon pays. Je demande votre réaction mes honorables concitoyens européennes, puisque cette politique coloniale désastreuse sera transféré dans d'autres pays.

 

"Si tu décomposes la Grèce, à la fin tu vois qu'il reste une olive, une vigne et un bateau. C'est à dire: ainsi, avec autant tu peux la reconstruire "

Odysséas ELYTIS

 

Chers concitoyens européens

 

Je m'adresse à vous et surtout à ceux qui ont visité la Grèce à l'occasion de leurs vacances et qui ont aimé le paysage et la culture hellénique. Je voudrais vous informer des plans catastrophiques que mettent en œuvre l'action concertée des dirigeants de l'Union Européenne, en coopération avec des sociétés multinationales, des investisseurs et leurs alliés politiques à l’intérieur de mon pays.

 

Tous ces différents acteurs ont conçu dès le début un plan simple afin de pouvoir l’appliquer rapidement, les deux années précédentes : conduire dans un premier temps les citoyens grecs à la faillite et l'appauvrissement en leur imposant des politiques économiques stériles à travers des dévoiements dictatoriaux, et maintenant en tant que colonisateurs brutaux, sans scrupules, il s’attaquent à la richesse naturelle et culturelle de mon pays. Sous le prétexte d’un « développement» nécessaire cette amorce est jetée visant à nous persuader qu’un tel «développement» créera des emplois pour les « pauvres Grecs » en les transformant en travailleurs à bas prix, vers le but d’apporter des revenus provenant principalement des exportations des ressources énergétiques et minérales. Néanmoins, ce qu’ils ne nous communiquent pas est qu’une attaque coordonnée est lancée contre le paysage et la nature hellénique ainsi que contre la qualité de vie des résidents de ce coin unique de l'Europe.

 

La Grèce est divisée depuis longtemps en parcelles lesquelles sont maintenant vendues jusqu'à concurrence et sans aucune pitié aux investisseurs transnationaux. Parcelles publiques au sein du tissu urbain, forêts, montagnes, plages, îles, tout est sacrifié au nom d’un investissement qui apportera des revenus uniquement en faveur des prêteurs –anciens et nouveaux- du pays, en satisfaisant surtout les investisseurs privés qui ont saisi cette occasion.

 

Sans aucun soin pour préserver les particularités de l'environnement naturel hellénique et en violant, dans presque tous les cas, la législation actuelle européenne concernant l'environnement, ils se comportent à notre égard comme il convient à une colonie du Tiers-Monde. Des millions d'hectares du territoire hellénique seront sacrifiés afin d’y installer des éoliennes géantes et des installations photovoltaïques, pour produire d'électricité qui sera directement exporté en Europe. En outre, de nombreux édifices d’exploitation minière de différents minéraux -des métaux ainsi que des hydrocarbures- seront mis en oeuvre sur notre terre et sur notre mer.

 

La Grèce est en train de se décomposer. Après l'anéantissement économique, maintenant les rapaces d'Europe sont en train d’arracher sa chair. Et tout cela au nom d’un développement, baptisé « vert » et « durable ».

 

Chers concitoyens européens,

 

Parmi vous il y en a certains qui connaissent et admirent le paysage hellénique. Ce paysage, maintenant il est le temps de l’oublier. La Grèce est désormais devenue l'usine de l'Europe. Ceux qui ont lu, appris et aimé la culture, la sculpture, la poésie et la littérature grecques, seront obligés de tout oublier. Les siècles d'art, produites par des Grecs inspirés par le paysage hellénique, ne vont jamais se reproduire. Puisque le paysage hellénique est devenu la prostituée de nos partenaires européens et leurs investisseurs privés.

 

Oubliez donc les traditions de la Grèce, que vous aviez tant aimées, les cafés, le raki, les panigyria et les tavernes. Toutes ces manifestations de notre vie sociale étaient fondées sur notre esprit libre. L'hellénisme, la psyché grecque qui pendant des siècles était en fusion avec les montagnes et le bleu du ciel et de la mer Égée, s’écrase maintenant sous les chenilles du « développement », imposé par l'Europe en faveur de ses diverses intérêts privés.

 

Malheureusement, ça n’a pas été l'Europe dont nous avons rêvé, honorables concitoyens européens. Je vous appelle une dernière fois à fonder un front commun contre ce changement. Après la Grèce arrive le tour de votre propre maison.

 

Merci beaucoup.

 

Yianis MAKRIDAKIS, écrivain

www.makridakis.wordpress.com, akridaki@gmail.com

 

Traduction du Grec : Lazaros MAVROMATIDIS

SourceLe Cercle Les Échos

 

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 07:55

Alors que toutes les petites communes du Haut Vaucluse voient leurs populations augmenter, grâce notamment aux projets immobiliers qui grignotent sur les terres, dans les villes la tendance est inverse (voir par ailleurs).

 

Orange n'échappe pas à la règle alors que depuis 50 ans, chaque recensement amenait son lot de nouveaux habitants.

 

Une hausse constante qui semble être arrivée à bout de course au regard des chiffres que vient de publier l'INSEE (L'Institut national de la statistique et des études économiques).

 

Si la barre des 30 000 Orangeois avait été fièrement dépassée lors du dernier recensement de 2008 (après une enquête effectuée entre 2005 et 2007) affichant 30 627 habitants au total, la dernière étude ne comptabilise plus que 30 008 âmes. Soit 619 Orangeois permanents ou conservant une résidence,qui ne sont plus.

 

Les doutes du maire

 

Mais Monsieur le maire Jacques Bompard, lui, ne croit pas en ces chiffres. "J'avais émis des doutes sur les précédentes enquêtes de l'INSEE. Celles-ci ne concordaient pas avec nos propres observations réalisées sur le terrain en fonction, notamment du nombre de raccordements à l'eau, des inscriptions sur les listes électorales et des extensions urbaines. C'est sur cette base que l'État calcule le montant de la dotation globale de fonctionnement, c'est dire si la précision de ce chiffre est cruciale pour l'avenir de notre ville !"

 

Une deuxième place

 

Sur la sellette...La suite sur La Provence

 

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 07:54

On a déjà beaucoup écrit, mais certainement pas assez, sur les négociations discrètes (pour l’essentiel, secrètes) entre les Etats-Unis et l’Union européenne. Depuis juin 2013, c’est officiel : il s’agit rien moins que de contourner les échecs des négociations de Doha dans le cadre de l’OMC en 2006, notamment sur l’agriculture et les services, publics en particulier.

 

Le cycle de Doha, c’est comme cela que les impétrants et la presse dominante avaient baptisé cette tentative de libéraliser à tout va, n’avait donc pas abouti pour des raisons diverses et contradictoires. Les grandes puissances et les grandes firmes mondiales espéraient beaucoup de Doha, malgré les impasses et les nuisances sociales et écologiques déjà visibles des accords antérieurs de libéralisation.

Il fallait donc revenir à la charge, pas trop vite cependant après le pic de la crise rampante du capitalisme (2007-2010) et les « désillusions » qu’il a suscitées. Ce qui se trame est aussi et tout simplement le retour par la fenêtre de l’Accord multinational sur les investissements (AMI) mort-né en 1997, sous la pression populaire, après que Le Monde diplomatiqueen eût révélé le contenu. 

Les firmes multinationales se sont agitées (les fameux et très dangereux lobbys) dans l’entre temps avec l’ambition d’élargir leur champ de prédation et leur pouvoir dans tous les domaines : économique, politique, idéologique. Pour le dire autrement, les grandes firmes de l’industrie, du commerce, de la finance, qui ont conquis la planète, tiennent les Etats par le bout du nez, sont très présentes à la direction des organismes internationaux comme le FMI, la Banque mondiale, ou encore la Banque centrale européenne, ont finalement imposé aux Etats et à leurs superstructures (dont la scélérate Union européenne, présidée par le très réactionnaire Barroso) la négociation d’accords multilatéraux visant à démanteler tout ce qui fait encore obstacle à leur liberté (celle du renard dans le poulailler) et à réduire à rien les politiques publiques dans les domaines de la santé, de l’emploi, des revenus, de l’environnement, etc.

Ce qui n’a pas été possible en totalité dans le cadre de l’OMC, est organisé ou préparé sous forme d’accords multilatéraux de « libre-échange », dans le secret (toujours). Notamment : zone du Pacifique, Amériques (du Sud et du Nord), accord Canada – Union européenne (banc d’essai, presque conclu au moment où s’écrit cet article, pour préparer l’actuelle négociation dite Accord de partenariat transatlantique). Les Etats-Unis d’Amérique du Nord sont directement ou non dans tous les coups. Leur puissance et celle de leurs firmes s’affirment dans ce domaine comme jamais, les grandes firmes des autres pays (Europe, Inde, Asie de l’est, etc.) y trouvant leur compte.

 

Supprimer ce qui reste des droits de douane 

Un des premiers objectifs affichés est la suppression des droits de douane restant, notamment en ce qui concerne les produits de l’agriculture, secteur où ils demeurent les plus élevés. Il faut insister particulièrement sur ce point. Car le but est bien de renforcer les capacités exportatrices de l’Europe et des USA, au détriment surtout des pays du Sud. Voilà qui aggraverait d’une part le dumping environnemental, ainsi que la dépendance des pays du Sud et la spécialisation régionale (et l’un de ses corolaires : l’appauvrissement des sols et la pollution des réseaux hydrauliques naturels), les cultures de rente et d’exportation au détriment des cultures vivrières (surtout dans les pays du Sud).

Les gros agrariens coalisés, les firmes de l’agrobusiness (amont : semences, engrais, produits phytosanitaires, mécanique lourde, etc. – aval : transformation et grande distribution – finance : le crédit qui pousse à l’agrandissement dévastateur, à la monoculture épuisant les sols et polluant les réseaux hydrauliques, et à l’endettement) intriguent et sont sur le pont lobbyiste depuis longtemps ; ils ont affiné leurs arguments et ont renforcé leurs réseaux et leur pression depuis l’échec de Doha. Plus encore qu’auparavant, l’agriculture se trouvera prise en tenaille entre ses fournisseurs et ses débouchés, qui dirigent l’offre et la demande et dictent les prix.

 La sécurité alimentaire (nourrir les populations et protéger la santé) dont les zélés promoteurs des accords se font les chantres serait vidée de sens ; la souveraineté alimentaire (la revendication portée par la Via Campesina de la maîtrise par les peuples et leurs Etats de la politique agricole et alimentaire) serait à ranger au rayon des inutilités si par malheur l’accord transatlantique était signé. Les pays du Sud, déjà très sévèrement touchés par les politiques de libéralisation, ne disposeraient même plus de leurs dernières marges de manœuvre pour protéger leur agriculture, et relancer les cultures vivrières en se dotant des moyens nécessaires à leur développement.

Si la bataille engagée contre ce projet n’était pas gagnante, les pays du Sud devraient s’intégrer de gré ou de force dans les processus imposés par les accords multilatéraux qui ont vu le jour ou qui sont en préparation. Le projet de grand marché transatlantique, vise bien entendu tous les secteurs d’activité, surtout les services, ainsi que « la propriété intellectuelle », telle que vue à travers le prisme des multinationales qui veulent aussi s’approprier du vivant en le brevetant, contrôler l’Internet et en faire un instrument renforcé de propagande, d’étude de marché et de contrôle et de surveillance.

 

Supprimer toutes les normes de protection ou de précautionLa suite sur ActuWiki



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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 07:53

 

Le syndicat CGT Goodyear écrit cette lettre en sa qualité d'association loi 1901 et donc écrit à la première personne.

 

Il y a 116 ans Émile Zola écrivait « J'accuse » s'en prenant ouvertement au pouvoir en place contre une injustice sociale sur le dossier Dreyfus, aujourd'hui la CGT Goodyear accuse le gouvernement Hollande concernant une injustice sociale pour plus de 1100 familles directement concernées par une fermeture honteuse dans un groupe qui réalise des profits colossaux et des milliers d'autres emplois indirects.

 

Le gouvernement en chef d'orchestre ......

 

Depuis le mois de janvier 2013, nous assistons à un véritable complot autour du dossier Goodyear, le gouvernement Hollande est le chef d'orchestre et les autres acteurs jouant la musique, Goodyear, Titan et les juges sont tous au diapason.....

 

Le gouvernement non seulement cautionne la stratégie de Goodyear mais en plus il l'aide à la mise en place de la fermeture de notre usine pour mieux permettre à M. Taylor (Titan) d'arriver ensuite en héros avec son nouvel ami Arnaud MONTEBOURG, l'objectif est de créer un buzz médiatique autour du sauvetage partiel des emplois sur Amiens Nord et bien évidement le seul héros de cette stratégie serait le ministre, son gouvernement et Hollande qui par ailleurs ne cesse de plonger dans les sondages.....

 

A cela, il faut aussi ajouter la loi sur la sécurisation de l'emploi (ANI) qui en réalité est la loi sur la sécurisation des licenciements, le gouvernement ne veut surtout pas que les Goodyear puissent une nouvelle fois empêcher la fermeture de leur usine alors que d'après la loi les salariés ne doivent plus pouvoir lutter contre les licenciements avant qu'ils aient lieu. Qu'est ce qui nous fait dire que nous sommes victimes d'un acharnement de tous à se débarrasser des GOODYEAR :

 

Tout d'abord nous avons depuis janvier 2013 perdu tous nos jugements, référés, appels… alors que jamais nous n'avons eu autant d'arguments, de preuves, ensuite, comment peut-on expliquer que l'état refuse de nous transmettre le rapport des inspectrices du travail qui ont courageusement relevé la situation calamiteuse à l'intérieur de notre usine et les dangers de morts auxquels les salariés sont exposés ?

 

Au lieu de tout faire pour que les informations rassemblées par les inspectrices soient données à ceux qui se battent pour la sécurité des salariés, le gouvernement fait tout pour que ce rapport ne puisse gêner GOODYEAR dans sa sinistre entreprise.

 

Pourquoi donc l'état met-il autant d'énergie et d'acharnement à nous refuser ce document, si ce n'est pour protéger les intérêts de Goodyear

 

Lors de nos entretiens avec Arnaud MONTEBOURG celui ci nous a indiqué que le projet Titan était un projet solide, depuis c'est silence radio.

 

Nous avons demandé à voir le projet Titan mais MONTEBOURG nous répond qu'il est le seul dépositaire de ce projet. Autrement dit, après la séquence humiliation, le Ministre du redressement productif se pose maintenant comme le seul représentant de TITAN en France. Depuis quand le gouvernement français se comporte comme un notaire auprès de qui on consigne un projet d'entreprise en exigeant de lui le silence !

 

Nous avons écrit à la DIRECCTE et au Préfet pour obtenir des réunions, rien ne se fait au contraire, la DIRECCTE a validé chaque étape du PSE, elle a obéi sur commande de GOODYEAR.....

 

Et que dire du non-respect du droit du travail, des violations non stop des droits des salariés, du harcèlement où le gouvernement ferme les yeux et se retranche derrière des décisions de justice pilotées par ce même gouvernement .....

 

OUI, nous l'affirmons les salariés de GOODYEAR sont les bêtes noires du gouvernement Hollande, ce même Hollande qui est venu en octobre 2011 nous promettre que s’il était élu, il interdirait les licenciements dans les groupes ou entreprises qui font du profit, ce même Hollande qui a promis plus de droits pour les salaries et qui depuis deux ans fait tout le contraire.....

 

En validant sa candidature en qualité de président nous avons donc validé le projet de la Direction Goodyear.....

 

Nous accusons ouvertement le gouvernement d'aider à la fermeture de notre usine, d'aider à une reprise honteuse, de faire pression sur la justice pour que les décisions rendues soient totalement en contradiction avec le droit du travail, il sera donc responsable d'une explosion sociale sur notre usine et au-delà, nous dénonçons un complot qui est plus que visible, nous n'aurions jamais imaginé une telle magouille orchestrée !!!!

 

Nous dénonçons un complot qui n'a qu'un seul but faire taire la contestation sociale, faire plier des salariés qui depuis 7 ans arrivent à obtenir de la justice le maintien de leurs emplois, nous pensions pourtant que notre ennemi aurait été plutôt du temps de la gouvernance passée, mais aujourd'hui nous constatons que même si le gouvernement SARKOZY ne nous a pas fait de cadeau jamais il n'aurait osé faire ce que le gouvernement Hollande réalise !!!!!

 

Le gouvernement Hollande aide une multinationale qui fait des milliards de chiffre d'affaires et qui verse des dividendes aux actionnaires, à fermer une usine et licencier plus de 1000 salariés, où est la politique qui consiste comme le dit le Président à faire de l'emploi une priorité ?

 

Tous les moyens de l'Etat qui sont censés être mis à notre disposition pour défendre l'emploi français sont mis à la disposition du groupe Goodyear pour lui permettre de réaliser sous l'ère socialiste ce qu'il n'a pas obtenu sous l'ère de la droite, c'est un constat accablant mais plus que réaliste !!!!!

 

Hollande aide donc Goodyear à fermer notre usine, tout est bloqué au plus haut sommet de l'Etat, tous les salariés se sont bien rendus compte de ce qui se trame en coulisse depuis des mois, la direction de Goodyear rencontre très souvent les services de l'Etat, et tous les services de l'Etat sont au service de Goodyear.

 

Que dire aussi des chiffres du chômage qui ne reflètent en rien la réalité, les petits boulots sous payés, les contrats aidés, les formations tout cela contribue à faire baisser des chiffres artificiellement, de plus en plus de français sombrent dans la misère sociale, cette misère pousse un certains nombre d'entre eux à vouloir voter pour l'extrême droite ce qui est une énorme erreur mais ils veulent à travers ce geste faire passer un message qui un jour se transformera en explosion sociale, en guerre civile, car le quotidien de millions de français est devenu invivable....

 

Les français, n'accepteront pas d'être comme les Grecs et les Espagnols qui ont été sacrifié par l'Europe et pour la finance. La crise, les dettes ne sont que le résultat d'une politique ultra libérale menée par des élus de gauche comme de droite, tous s'entendent pour appauvrir les pauvres et enrichir les plus riches....

 

Les Goodyear ne sont pas morts, nous allons non seulement dénoncer le complot dont nous sommes victimes mais nous allons tout mettre en œuvre pour que d'ici fin janvier des milliers de salariés se retrouvent dans la rue pour dire STOP à cette politique qui vise à aider les multinationales à se tirer en ayant à leur service toute la puissance de l'Etat français !!!!!

 

De même, qu'attendent les centrales confédérales de notre pays, bizarrement depuis que Hollande est au pouvoir il n'y a plus ou peu de rassemblement à l'appel des confédérations, sans agir elle cautionnent, pourquoi ne pas avoir répondu favorablement à nos nombreuses demandes d'une journée d'action massive au lieu de multiplier les actions isolées pour mieux écœurés ceux qui veulent que ça bouge en laissant croire que la lutte du tous ensemble n'est pas possible

 

Faire semblant de résister et s'opposer tout en fermant les yeux, les confédérations syndicales n'exercent absolument pas leur rôle de devoir fédérer un mouvement d'ampleur, jamais dans notre pays il y a eu une telle colère contre le pouvoir financier et politique mais jamais nous n'avons aussi peu bougé......

 

Nous savons bien que ceux qui parlent trop fort et qui disent tout haut ce que pensent des milliers de citoyens gênent, oui alors les Goodyear gênent car nous dénonçons un système, où la seule place qui compte est celle du fric, où beaucoup de médias tentent de manipuler l'opinion public, il y aurait les méchants jusqu'au-boutistes de syndicalistes qui seraient responsables des fermetures d'usine et autres délocalisations et les patrons qui n'auraient pas d'autres alternatives que d'agir ainsi et à cela il faudrait ajouter un manque de flexibilité, un coût du travail trop élevé et un code du travail trop lourd , la réalité n'est pas si simple que cela, la situation actuelle est surtout le fait d'un manque de courage politique, car les seuls décisions mises en œuvre depuis 2012 sont celles qui ont permis d'abaisser les charges patronales, de permettre plus de souplesse dans les horaires de travail, et la mise en œuvre d'une loi permettant de favoriser les procédures de licenciements..... Et depuis il n'y a jamais eu autant de fermetures d'usine, de plans de restructuration, de délocalisations ......La suite sur CGT Goodyear

 

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