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  • : Républicaine donc de Gauche, parce que "capitalisme, libéralisme,mondialisation économique" sont antagonistes avec notre devise "liberté, égalité,fraternité" ;la déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen ; le préambule de la constitution de 1946 ; la déclaration de Philadelphie et le Conseil National de la Résistance.
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Qui a tué nos villages ?

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3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 12:19

Les chiffres font mal. En 2014, 60% des français avaient participé aux élections municipales. Cette année, 60%

d’entre eux se sont abstenus. C’est la leçon de ce second tour des municipales : l’abstention a été massive

 

Le premier responsable de cette abstention, c’est le gouvernement. Je trouve qu’on édulcore bien trop sa responsabilité. Car en décidant de maintenir le 1er tour à deux jours d’un confinement qui inévitablement allait reporter le second, il a largement faussé ce scrutin. Beaucoup d’électeurs ne sont pas allés voter le 15 mars, et on les comprend, vu le risque épidémique.
Mais surtout, l’écart de trois mois entre les deux tours n’a pas permis à ceux qui avaient ainsi décroché de l’élection de s’intéresser à cette élection.

 

Et puis, comment aller chercher les électeurs qui n’avaient déjà que peu voté, sans campagne politique digne de ce nom ? Comment toucher les consciences, comment attirer les gens, dans un contexte épidémique ou la distanciation sociale est devenue un mot d’ordre fondamental ?

 

Mais on ne peut en rester à cette explication. Ce serait passer à côté d’une tendance de fond qui désormais touche aussi une des deux élections, avec la Présidentielle, ayant jusqu’alors résisté à la désaffection des français. En personnalisant à outrance la vie politique, qui ressemble davantage à une monarchie élective qu’à une réelle démocratie, la 5ème République ossifie la démocratie à tous les étages. Il faut le dire : ce régime est devenu un régime censitaire.

 

Censitaire parce que l’abstention touche encore plus fortement les catégories populaires (67,5 d’abstention en Seine Saint-Denis avec des pointes à 80 % dans certains quartiers, 70 % d’abstention chez les ouvriers) et les jeunes (72 % d’abstention chez les 18/34 ans). Censitaire parce que comme au 19ème siècle, c’est du coup un électorat « bourgeois », au sens très large du terme, celui qui vote davantage, qui au fond impose au pays sa représentation politique.

 

Sur un tel océan d’abstention populaire, il est impossible de parler de vague quelconque. A moins de considérer comme normal et légitime d’être élu par 18 % des inscrits dans les villes les plus peuplées. Il est vrai que les résultats de ces villes font la ligne éditoriale des médias. Cet autre point est important et fausse un peu plus la perception des résultats. Dans les 1064 villes de plus de 9000 habitant-e-s on compte en effet 519 maires LR, 362 PS, 24 EELV, 18 LREM… Ce qui, on en conviendra, aplani encore plus la « vague verte ».

 

Au fond, à bien regarder, c’est avant tout la dislocation de l’électorat Macroniste de 2017, et sa répartition vers d’autres forces, qui explique les résultats des uns et des autres : tantôt vers la droite, ce qui explique en partie le bon résultat de Edouard Philippe au Havre, tantôt vers le PS et EELV, comme une sorte de retour au bercail d’un électoral social libéral devenu pour une part écolo libéral.

 

Rappeler ces faits, n’empêche pas de reconnaître des victoires emblématiques de plusieurs listes menées par un-e écologiste, et se féliciter de l’apport souvent décisif de LFI dans plusieurs de ces coalitions comme à Marseille. Que la question environnementale pèse toujours plus dans les élections est positif vu l’urgence de la situation.

 

Mais, comme je viens de le montrer, Il serait erroné de tirer un enseignement définitif de la représentation politique nationale à partir de la photographie de dimanche. A moins que la présidentielle, à son tour, ne soit touchée à son tour par cette grève civique, l’élection mère devrait avoir une toute autre figure.

 

Ce qui m’en convainc ? Je ne crois absolument pas qu’un candidat portant l’union PS/EELV soit en capacité d’aller chercher les voix des catégories populaires sans lesquelles il n’y aura ni possibilité d’accéder au 2ème tour, ni a fortiori de remporter l’élection. Je parle d’alliance PS/EELV car manifestement c’est le scénario retenu par ces deux mouvements forts, pensent-ils de la démonstration des municipales. Inédit dans la 5ème République, le secrétaire national du PS, Olivier Faure, a déjà admis que son parti pourrait prendre pour candidat quelqu’un n’en étant pas issu. Il y a donc donc tout à parier qu’on vivra la situation inversée de 2017 qui a vu EELV se rallier à la candidature Hamon. On connaît le résultat.

 

Pourquoi une telle candidature ne serait-elle pas en capacité de rallier les catégories populaires ? Parce qu’au fond, même si elle critiquait le modèle productiviste et consumériste, elle ne se donnerait pas (ne voudrait pas ?) se donner les moyens d’attaquer le problème à la racine, celui d’une rupture claire et sans ambiguïté ni mollesse avec le capitalisme financiarisé.

 

Côté PS, rien ne nous convainc d’un réel aggiornamento avec les années Hollande. Côté EELV, le cri du coeur de leur  candidat possible, Yannick Jadot, le soir des municipales, en substance « rien avec Melenchon », résume finalement le problème. Car derrière « Mélenchon » c’est le programme anti libéral « l’avenir en commun » qui est rejeté, autrement dit un programme de rupture. Mais est-ce vraiment étonnant, de la part du député européen qui explique qu’il n’est pas un opposant au gouvernement macroniste, ou qui signe des tribunes avec les dirigeants des multinationales en faveur du greenwashing ?

 

Nos amis de la gauche d’EELV nous disent que Jadot n’incarne pas la ligne politique d’EELV. Peut-être, mais on n’entend guère de réaction à la hauteur des sorties médiatiques de Jadot de la part des dirigeants d’EELV. Et puis, en grattant un peu, on s’aperçoit que la position de dirigeants comme David Cormand, autrement plus représentatif de la centralité d’EELV me semble-t-il, porte au fond des divergences tout aussi fondamentales. Lundi dernier, débattant avec plusieurs responsables politiques, dont moi, sur RFI que dit-il, sachant à quel point cela fait divergence avec nous ? Que l’objectif d’EELV est l’Europe des régions, à l’inverse du repli « localiste « (sic) que représentent des politiques à l’échelle des Etat-nations.

 

C’est une différence profonde qui renvoie tout changement, toute politique protectionniste par exemple, toute politique opposée au libre-échange, à l’échelle européenne. C’est au fond la même logique qui, ce mercredi 1er juillet, en plein débat sur le Projet de Loi de Finances Rectificatives (PLFR), a poussé le rapporteur général de LREM, Mr Saint Martin, en réponse à des amendements LFI sur la taxation des Gafa, inspirés par ATTAC, à me repondre que la France ne peut rien faire seul et qu’effectivement rien ne se fera sans convaincre nos partenaires européen, voir les Etats-Unis au niveau de l’OCDE, de taxer les GAFA.

 

A la différence de M. St-Martin, je ne soupçonne pas David Cormand de refuser de s’en prendre à la finance ou aux Gafa. Mais faute d’assumer une rupture à l’échelle d’un pays comme la France, par peur d’apparaitre nationaliste sans doute, le résultat sera le même. Au fond, tout montre que si nous acceptions d’intégrer une telle union de la gauche, ce serait au prix du rabougrissement du programme que nous estimons nécessaire non seulement pour espérer l’emporter, mais surtout pour avoir la moindre chance, ensuite, de rompre avec la camisole de force de  la finance.

 

Ce n’est pas seulement une question de lignes de ces forces politique mais de nature des classes qu’elles représentent en priorité. Si je devais résumer : une gauche poussant jusqu’au bout la logique de rupture écologique et social avec le système que condense le slogan « fin du mois, fin du monde, même système, même combat » ne pourra être majoritaire dans notre pays si elle n’est pas capable de ramener aux urnes les catégories populaires dont l’intérêt premier est l’égalité sociale. C’est donc un défi qui nous est posé. Mais pour candidat d’une union de la gauche PS/EELV ce sera une certitude : il ne sera pas en capacité de rassembler suffisamment le peuple en laissant trop de côté la question sociale pour les raisons que l’on vient d’analyser.

 

Dans les élections intermédiaires, cela peut passer et suffire pour avoir une majorité. Ce ne sera pas le cas à l’élection Présidentielle. L’élection présidentielle de 2017 a d’ailleurs montré qu’un candidat portant un programme et une stratégie de rupture (je pourrais dire révolutionnaire) est plus à même de rassembler les classes populaires et une partie des classes moyennes urbaines pour espérer l’emporter. La situation sociale volcanique dans lequel se retrouve notre pays depuis deux années de manifestation quasi continues, me persuade que de ce côté-là, la situation n’a pas changé, au contraire…

 

A bien des égards, la campagne présidentielle a commencé. Je n’en tire pas conclusion que seules les élections qui nous en séparent vont désormais compter.

Car la tempête sociale approche. Notre pays s’apprête à essuyer une crise économique sans précédent. Et le gouvernement a déjà préparé sa solution : ce sera aux français de payer. Et particulièrement aux plus pauvres. Les plus riches, eux, continuent d’être préservés par Emmanuel Macron.

 

Nous avons du travail ! Pour que des mobilisations sociales viennent opposer une résistance à un exécutif qui prépare à un retour vers le passé en remettant sa réforme de retraite sur la table. Sur le terrain des mobilisations comme des urnes, qui ne peuvent s’opposer dans une perspective de transformation radicale, il est urgent de proposer une alternative au retour d’une union de la gauche dont le centre de gravité serait une ligne « socialécolo- libérale ».

 

C’est notre proposition de fédération populaire. Un cadre d’unité social et électoral capable de réunir des forces politiques mais aussi, syndicales et associatives, et plus largement citoyennes, pour une stratégie politique de rupture et de conquête du pouvoir. Ce cadre pourrait agir dans les mobilisations et se présenter à toutes les élections qui nous séparent des présidentielles et législatives tout comme dans les mobilisations sociales.

 

Nous sommes en plein dans l’œil du cyclone. Je le dis, car la vie politique ne se résume pas à une analyse froide de résultats électoraux. Nous ne gagnerons pas sans la mobilisation populaire, et nous n’exercerons pas le pouvoir correctement si nous ne sommes pas un débouché politique concret à la résistance du peuple. C’est au fond, aussi, l’avertissement que je formule sur ces municipales : celui qui exerce le pouvoir sans l’appui du peuple est condamné à gouverner contre lui. Source Eric Coquerel

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Eric Coquerel - dans Divers
3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 12:19

Les chiffres font mal. En 2014, 60% des français avaient participé aux élections municipales. Cette année, 60%

d’entre eux se sont abstenus. C’est la leçon de ce second tour des municipales : l’abstention a été massive

 

Le premier responsable de cette abstention, c’est le gouvernement. Je trouve qu’on édulcore bien trop sa responsabilité. Car en décidant de maintenir le 1er tour à deux jours d’un confinement qui inévitablement allait reporter le second, il a largement faussé ce scrutin. Beaucoup d’électeurs ne sont pas allés voter le 15 mars, et on les comprend, vu le risque épidémique.
Mais surtout, l’écart de trois mois entre les deux tours n’a pas permis à ceux qui avaient ainsi décroché de l’élection de s’intéresser à cette élection.

 

Et puis, comment aller chercher les électeurs qui n’avaient déjà que peu voté, sans campagne politique digne de ce nom ? Comment toucher les consciences, comment attirer les gens, dans un contexte épidémique ou la distanciation sociale est devenue un mot d’ordre fondamental ?

 

Mais on ne peut en rester à cette explication. Ce serait passer à côté d’une tendance de fond qui désormais touche aussi une des deux élections, avec la Présidentielle, ayant jusqu’alors résisté à la désaffection des français. En personnalisant à outrance la vie politique, qui ressemble davantage à une monarchie élective qu’à une réelle démocratie, la 5ème République ossifie la démocratie à tous les étages. Il faut le dire : ce régime est devenu un régime censitaire.

 

Censitaire parce que l’abstention touche encore plus fortement les catégories populaires (67,5 d’abstention en Seine Saint-Denis avec des pointes à 80 % dans certains quartiers, 70 % d’abstention chez les ouvriers) et les jeunes (72 % d’abstention chez les 18/34 ans). Censitaire parce que comme au 19ème siècle, c’est du coup un électorat « bourgeois », au sens très large du terme, celui qui vote davantage, qui au fond impose au pays sa représentation politique.

 

Sur un tel océan d’abstention populaire, il est impossible de parler de vague quelconque. A moins de considérer comme normal et légitime d’être élu par 18 % des inscrits dans les villes les plus peuplées. Il est vrai que les résultats de ces villes font la ligne éditoriale des médias. Cet autre point est important et fausse un peu plus la perception des résultats. Dans les 1064 villes de plus de 9000 habitant-e-s on compte en effet 519 maires LR, 362 PS, 24 EELV, 18 LREM… Ce qui, on en conviendra, aplani encore plus la « vague verte ».

 

Au fond, à bien regarder, c’est avant tout la dislocation de l’électorat Macroniste de 2017, et sa répartition vers d’autres forces, qui explique les résultats des uns et des autres : tantôt vers la droite, ce qui explique en partie le bon résultat de Edouard Philippe au Havre, tantôt vers le PS et EELV, comme une sorte de retour au bercail d’un électoral social libéral devenu pour une part écolo libéral.

 

Rappeler ces faits, n’empêche pas de reconnaître des victoires emblématiques de plusieurs listes menées par un-e écologiste, et se féliciter de l’apport souvent décisif de LFI dans plusieurs de ces coalitions comme à Marseille. Que la question environnementale pèse toujours plus dans les élections est positif vu l’urgence de la situation.

 

Mais, comme je viens de le montrer, Il serait erroné de tirer un enseignement définitif de la représentation politique nationale à partir de la photographie de dimanche. A moins que la présidentielle, à son tour, ne soit touchée à son tour par cette grève civique, l’élection mère devrait avoir une toute autre figure.

 

Ce qui m’en convainc ? Je ne crois absolument pas qu’un candidat portant l’union PS/EELV soit en capacité d’aller chercher les voix des catégories populaires sans lesquelles il n’y aura ni possibilité d’accéder au 2ème tour, ni a fortiori de remporter l’élection. Je parle d’alliance PS/EELV car manifestement c’est le scénario retenu par ces deux mouvements forts, pensent-ils de la démonstration des municipales. Inédit dans la 5ème République, le secrétaire national du PS, Olivier Faure, a déjà admis que son parti pourrait prendre pour candidat quelqu’un n’en étant pas issu. Il y a donc donc tout à parier qu’on vivra la situation inversée de 2017 qui a vu EELV se rallier à la candidature Hamon. On connaît le résultat.

 

Pourquoi une telle candidature ne serait-elle pas en capacité de rallier les catégories populaires ? Parce qu’au fond, même si elle critiquait le modèle productiviste et consumériste, elle ne se donnerait pas (ne voudrait pas ?) se donner les moyens d’attaquer le problème à la racine, celui d’une rupture claire et sans ambiguïté ni mollesse avec le capitalisme financiarisé.

 

Côté PS, rien ne nous convainc d’un réel aggiornamento avec les années Hollande. Côté EELV, le cri du coeur de leur  candidat possible, Yannick Jadot, le soir des municipales, en substance « rien avec Melenchon », résume finalement le problème. Car derrière « Mélenchon » c’est le programme anti libéral « l’avenir en commun » qui est rejeté, autrement dit un programme de rupture. Mais est-ce vraiment étonnant, de la part du député européen qui explique qu’il n’est pas un opposant au gouvernement macroniste, ou qui signe des tribunes avec les dirigeants des multinationales en faveur du greenwashing ?

 

Nos amis de la gauche d’EELV nous disent que Jadot n’incarne pas la ligne politique d’EELV. Peut-être, mais on n’entend guère de réaction à la hauteur des sorties médiatiques de Jadot de la part des dirigeants d’EELV. Et puis, en grattant un peu, on s’aperçoit que la position de dirigeants comme David Cormand, autrement plus représentatif de la centralité d’EELV me semble-t-il, porte au fond des divergences tout aussi fondamentales. Lundi dernier, débattant avec plusieurs responsables politiques, dont moi, sur RFI que dit-il, sachant à quel point cela fait divergence avec nous ? Que l’objectif d’EELV est l’Europe des régions, à l’inverse du repli « localiste « (sic) que représentent des politiques à l’échelle des Etat-nations.

 

C’est une différence profonde qui renvoie tout changement, toute politique protectionniste par exemple, toute politique opposée au libre-échange, à l’échelle européenne. C’est au fond la même logique qui, ce mercredi 1er juillet, en plein débat sur le Projet de Loi de Finances Rectificatives (PLFR), a poussé le rapporteur général de LREM, Mr Saint Martin, en réponse à des amendements LFI sur la taxation des Gafa, inspirés par ATTAC, à me repondre que la France ne peut rien faire seul et qu’effectivement rien ne se fera sans convaincre nos partenaires européen, voir les Etats-Unis au niveau de l’OCDE, de taxer les GAFA.

 

A la différence de M. St-Martin, je ne soupçonne pas David Cormand de refuser de s’en prendre à la finance ou aux Gafa. Mais faute d’assumer une rupture à l’échelle d’un pays comme la France, par peur d’apparaitre nationaliste sans doute, le résultat sera le même. Au fond, tout montre que si nous acceptions d’intégrer une telle union de la gauche, ce serait au prix du rabougrissement du programme que nous estimons nécessaire non seulement pour espérer l’emporter, mais surtout pour avoir la moindre chance, ensuite, de rompre avec la camisole de force de  la finance.

 

Ce n’est pas seulement une question de lignes de ces forces politique mais de nature des classes qu’elles représentent en priorité. Si je devais résumer : une gauche poussant jusqu’au bout la logique de rupture écologique et social avec le système que condense le slogan « fin du mois, fin du monde, même système, même combat » ne pourra être majoritaire dans notre pays si elle n’est pas capable de ramener aux urnes les catégories populaires dont l’intérêt premier est l’égalité sociale. C’est donc un défi qui nous est posé. Mais pour candidat d’une union de la gauche PS/EELV ce sera une certitude : il ne sera pas en capacité de rassembler suffisamment le peuple en laissant trop de côté la question sociale pour les raisons que l’on vient d’analyser.

 

Dans les élections intermédiaires, cela peut passer et suffire pour avoir une majorité. Ce ne sera pas le cas à l’élection Présidentielle. L’élection présidentielle de 2017 a d’ailleurs montré qu’un candidat portant un programme et une stratégie de rupture (je pourrais dire révolutionnaire) est plus à même de rassembler les classes populaires et une partie des classes moyennes urbaines pour espérer l’emporter. La situation sociale volcanique dans lequel se retrouve notre pays depuis deux années de manifestation quasi continues, me persuade que de ce côté-là, la situation n’a pas changé, au contraire…

 

A bien des égards, la campagne présidentielle a commencé. Je n’en tire pas conclusion que seules les élections qui nous en séparent vont désormais compter.

Car la tempête sociale approche. Notre pays s’apprête à essuyer une crise économique sans précédent. Et le gouvernement a déjà préparé sa solution : ce sera aux français de payer. Et particulièrement aux plus pauvres. Les plus riches, eux, continuent d’être préservés par Emmanuel Macron.

 

Nous avons du travail ! Pour que des mobilisations sociales viennent opposer une résistance à un exécutif qui prépare à un retour vers le passé en remettant sa réforme de retraite sur la table. Sur le terrain des mobilisations comme des urnes, qui ne peuvent s’opposer dans une perspective de transformation radicale, il est urgent de proposer une alternative au retour d’une union de la gauche dont le centre de gravité serait une ligne « socialécolo- libérale ».

 

C’est notre proposition de fédération populaire. Un cadre d’unité social et électoral capable de réunir des forces politiques mais aussi, syndicales et associatives, et plus largement citoyennes, pour une stratégie politique de rupture et de conquête du pouvoir. Ce cadre pourrait agir dans les mobilisations et se présenter à toutes les élections qui nous séparent des présidentielles et législatives tout comme dans les mobilisations sociales.

 

Nous sommes en plein dans l’œil du cyclone. Je le dis, car la vie politique ne se résume pas à une analyse froide de résultats électoraux. Nous ne gagnerons pas sans la mobilisation populaire, et nous n’exercerons pas le pouvoir correctement si nous ne sommes pas un débouché politique concret à la résistance du peuple. C’est au fond, aussi, l’avertissement que je formule sur ces municipales : celui qui exerce le pouvoir sans l’appui du peuple est condamné à gouverner contre lui. Source Eric Coquerel

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Eric Coquerel - dans Divers
25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 18:26
Une véritable hécatombe !
> 50 suicides à la SNCF en 2017
>Hautes-Pyrénées : Un CRS s’est donné la mort dans un parc avec son arme de service.
L’année passée, ce sont 49 policiers et 16 gendarmes qui ont mis fin à leurs jours, alors que plus de 20 policiers se sont donnés la mort depuis le début de l’année.

 

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republicainedoncdegauche.over-blog.com - dans Divers
27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 16:51

 

Pour tenter de ternir l'image de Jean- Luc Mélenchon et du Front de gauche, une partie des dirigeants de la droite et de l'extrême-droite avait développé l'idée d'une complaisance avec l'antisémitisme supposé de Mikis Théodorakis, en utilisant un morceau de phrase d'une interview de ce poète et compositeur grec, résistant antifasciste notoire.

Celui-ci répond d'une manière absolument sans ambiguïtés à ses détracteurs dans le texte ci-dessous que je reproduis en intégralité.

Décidément, tous les moyens sont bons pour tenter de démolir le Front de gauche qui de toute évidence, gêne bien des forces dans ce pays et en Europe.

Mais raison de plus pour "ne rien lâcher" !

 

La réponse de Mikis Theodorakis à ses détracteurs

"Je suis Grec et fier de l’être, car nous sommes le seul peuple en Europe qui, pendant l’occupation allemande (1941-1944), non seulement n’a pas exercé de poursuites contre les Juifs mais, au contraire, les a aidés à vivre et à survivre avec tous les moyens dont nous disposions.

À l’époque, J’étais moi-même partisan de l’Armée populaire de Libération et je me souviens que nous avions pris sous notre protection de nombreuses familles de Juifs Grecs, que nous nous sommes souvent battus contre les SS pour les sauver et beaucoup d’entre nous l’ont payé de leur vie.

Plus tard, j’ai composé le cycle “Mauthausen” que, notamment en Israël, l’on considère quasiment comme un hymne national. J’ai ressenti une des plus grandes émotions de ma vie quand, dans les années 80, il m’a été accordé de diriger cette œuvre sur le site du camp de concentration de Mauthausen, tout d’abord chantée en grec par sa première interprète, Maria Farantouri, puis en allemand par Gisela May et en hébreu par la chanteuse israélienne, Elinoar Moav. Je l’ai dirigée une fois encore sur ces lieux et, depuis lors, l’œuvre enregistrée est diffusée sans interruption sur le site du camp.

En 1972, j’ai bravé le boycottage européen et j’ai donné des dizaines de concerts en Israël, des moments que je qualifierais d’historiques en raison des liens d’amour mutuel qui nous unissaient.

À cette même époque, Yigal Allon, alors Vice-Premier ministre du gouvernement israélien et Ministre de l’Éducation et de la Culture, m’a confié une première mission, celle de transmettre un message de paix à Arafat au nom de son gouvernement. C’est dans cette intention que je l’ai rencontré à Beyrouth et, à cette occasion, j’ai donné une conférence de presse dans une salle. Un groupe de fanatiques Palestiniens avait décidé de m’abattre, car il me considérait comme un complice des Juifs. C’est Arafat lui-même qui me l’a dit le lendemain avec, à ses côtés… le groupe de mes assassins en puissance. Qu’est-ce qui m’a sauvé ? Mon amour authentique pour les deux peuples martyrs : les Juifs et les Palestiniens.

«Quand on t’a entendu pendant la conférence de presse», m’ont-ils dit, « on a compris que nous nous trompions». Qu’est-ce que j’avais dit au cours de la conférence de presse ? «Le conflit qui vous oppose ne sera pas résolu par les armes, mais par la compréhension mutuelle. De l’autre côté, il y a des hommes ordinaires qui vous ressemblent, simples et travailleurs, capables d’aimer et qui, comme vous, aiment leur famille et leur pays. C’est eux que vous devez trouver, parce que c’est avec eux que vous pourrez vivre dans la paix».

Arafat m’a dit : «Tu as chanté les Juifs et tu as eu raison, car eux aussi c’est un peuple tourmenté. Comme nous. Alors, s’il te plaît, écris une chanson pour nous aussi…». C’est ainsi que j’ai écrit aussi un chant pour le peuple palestinien qui est devenu son Hymne national.

Bien plus tard, à l’occasion de la remise du prix Nobel de la Paix à Rabin (Israël) et à Arafat (Palestine), l’orchestre symphonique d’Oslo avec, en soliste, l’interprète finlandaise Arja Saijonmaa a joué “Mauthausen” en hommage à Israël et le chant que j’avais composé, reconnu comme Hymne National, en l’honneur du peuple palestinien. Ce moment symbolique suffit à démontrer la place que j’occupe dans l’esprit et dans les cœurs des deux peuples.

Je suis souvent allé en Israël, en Palestine et au Liban et c’était chaque fois la paix, l’amitié, la coexistence et la coopération entre ces deux peuples martyrs qui occupaient mes pensées. En tant que Grec, je me sens proche d’eux, comme si nous appartenions à la même famille. Et pourtant, pour certains fanatiques d’un côté comme de l’autre, je suis la cape rouge agitée devant le taureau.. Pourquoi ? Parce que j’ai la franchise et le courage de dire la vérité et de la dire même dans la gueule du loup. Ainsi, quand je suis en Palestine je m’exprime ouvertement et publiquement contre les fanatiques qui me haïssent et, quand je suis en Israël, je fais de même en critiquant tout aussi ouvertement et publiquement les fanatiques qui, en raison de la diaspora juive présente dans tous les pays du monde, ont la possibilité de transformer leur haine en venin et en mensonges monstrueux.

Dans mon opéra «les Métamorphoses de Dionysos» (dont j’ai écrit aussi le livret), il y a une scène où des Juifs sont déportés par des SS dans des camps d’extermination. Il s’agit d’un moment crucial de l’œuvre, d’une condamnation du Nazisme qui dévoile d’une façon très humaine, l’affliction psychique et intellectuelle que je ressens devant les souffrances des Juifs.

D’ailleurs, la dénonciation du racisme et la défense de ses victimes ont guidé mes décisions et mes actes tout au long de ma vie. Une vie jalonnée de poursuites qui m’ont souvent poussé jusqu’au seuil de la mort.

Donc, me qualifier de raciste et d’antisémite n’est pas une simple calomnie, mais l’expression de la pire bassesse morale, issue le plus souvent de cercles proches d’organisations et d’individus opérant dans la mouvance du Néonazisme et auxquels la crise a permis de relever la tête pour nous menacer et –incroyable, mais vrai– nous accuser, eux, d’….antisémitisme en utilisant un arsenal de mensonges et de déclarations insidieuses!

Il suffit de dire, par erreur manifeste, dans une interview de trois heures «antisémite» au lieu de «antiraciste», et on s’empare d’une seule et unique phrase dont on isole un mot, brandi comme un étendard, tout simplement pour servir l’intention de m’incriminer. Combien d’années était-on aux aguets pour une simple erreur ? Le mot «antisémite» correspond-il vraiment à ce qui suit ? «J’aime le peuple juif avec lequel nous avons vécu et souffert en Grèce pendant des années et je hais l’antisémitisme». Je suppose que mes différents ennemis se sont bien gardés de citer ces paroles. Et pourtant, c’est EXACTEMENT la phrase qui suit. Ce n’est pas quelque chose que je viens d’inventer, après-coup, en guise d’alibi. Il en EST ainsi et il est facile de le prouver de façon incontestable en écoutant TOUTE la phrase, exactement comme je l’ai prononcée et non pas en la tronquant comme l’ont voulu mes adversaires.

Peut-être va-t-on se demander pourquoi et comment certains persistent à vouloir discréditer un ami si fidèle d’Israël et des Juifs et tentent de me faire passer à tout prix pour un antisémite. (De qui parle-t-on ? De quelqu’un qui a connu les sous-sols de la Gestapo pour les sauver !)…

Toutefois, la réponse est finalement simple : beaucoup de mes amis juifs sont d’accord avec moi. Certains sont d’accord avec moi,-même s’ils vivent en Israël, donc dans la tourmente quotidienne des évènements. Alors, si les simples citoyens du peuple d’Israël entendent mes idées, telles qu’elles sont réellement exprimées, ils « risqueraient » (selon mes ennemis, bien sûr) d’être d’accord avec moi, en pensant que la solution du problème ne se trouve pas dans la violence et les armes, mais dans la coexistence et la paix. Ce qui ne plaît pas du tout à mes adversaires car, bien sûr, j’ai –à plusieurs reprises– totalement désapprouvé la politique de l’État d’Israël et j’ai exprimé ce désaccord avec force et de la façon la plus claire et la plus catégorique (comme je fais toujours). Pour ne pas courir le risque que ces citoyens se rangent à mes opinions, ils ne doivent pas les entendre. Et quelle est la meilleure et la plus sûre façon de procéder pour arriver à ses fins ? Et bien, leur tactique habituelle : me coller «l’étiquette» d’antisémite, de sorte qu’aucun Juif, où qu’il se trouve, ne veuille plus entendre non seulement mes idées, mais même mon nom.

Et maintenant, particulièrement en France où brusquement on «s’est souvenu» d’une interview donnée il environ un an et demi, il existe -de toute évidence- une autre raison: porter atteinte à la Gauche. Leur prétendu «argument» (qui est totalement mensonger) est que son leader, M. Mélenchon me connaît et que, par conséquent…il a des amis antisémites ! Toutefois, la vérité –malheureusement pour eux– est évidente et je pense que tout homme animé de bonnes intentions peut s’en rendre compte.

Donc, même si après la lecture de ce qui précède, certains persistent encore à me faire passer pour quelqu’un que je n’ai jamais été et que, bien sûr, je ne suis pas, le doute n’est plus permis. Tout est fait sciemment pour servir d’autres finalités, car ma foi inébranlable dans la paix et la coexistence de ces deux peuples martyrs dérange plus d’un."

Athènes, le 15 juin 2012

Mikis Théodorakis

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republicainedoncdegauche.over-blog.com - dans Divers
23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 15:54

Réponse d'une petite vieille à une jeune péronnelle...

A méditer !!!!!!!!

Dans un grand magasin, une petite vieille choisit le sac en plastique pour ses achats. La caissière lui reprocha de ne pas se mettre à l'écologie" et que seuls les jeunes allaient payer pour la vieille génération qui a gaspillé toutes les ressources de la planète !

La vieille femme s'excusa et expliqua :

« Je suis désolée, nous n'avions pas le mouvement écologique dans mon temps ».

Elle admit qu'à son époque, on retournait les bouteilles de lait, les bouteilles de Coke et de bière au magasin. Le magasin les renvoyait à l usine pour être lavées, stérilisées et remplies à nouveau; on utilisait les mêmes bouteilles à plusieurs reprises.

Et elle ajouta :

À cette époque, les bouteilles étaient réellement recyclées, mais on ne connaissait pas le mouvement écologique.

En mon temps, on montait l'escalier; on n'avait pas d'escaliers roulants dans tous les magasins ou dans les bureaux. On marchait jusqu'à l'épicerie du coin aussi. On ne prenait pas sa voiture à chaque fois qu'il fallait se déplacer de deux coins de rues. Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique.

À l'époque, on lavait les couches de bébé; on ne connaissait pas les couches jetables. On faisait sécher les vêtements dehors sur une corde à linge; pas dans une machine avalant 220 volts. On utilisait l'énergie éolienne et solaire pour vraiment sécher les vêtements. Mais on ne connaissait pas le mouvement écologique.

À l'époque, on recyclait systématiquement les vêtements qui passaient d'un frère ou d'une sœur à l'autre. C'est vrai ! on ne connaissait pas le mouvement écologique.

À l'époque, on n'avait qu'une TV ou une radio dans la maison; pas une télé dans chaque chambre. Et la télévision avait un petit écran de la taille d’une boîte de pizza, pas un écran de la taille de l'État du Texas ! Mais, c’est vrai ! on ne connaissait pas le mouvement écologique.

Dans la cuisine, on s'activait pour fouetter les préparations culinaires et pour préparer les repas; on ne disposait pas de tous ces gadgets électriques spécialisés pour tout préparer sans effort. Diable, c'est vrai ! on ne connaissait pas le mouvement écologique.

Quand on emballait des éléments fragiles à envoyer par la poste, on utilisait des rembourrages comme du papier journal ou de la ouate, dans des boites ayant déjà servit, pas des bulles en mousse de polystyrène ou en plastique. Vous avez bien dit mouvement écologique ?

À l'époque, on utilisait l'huile de coude pour tondre le gazon; on n'avait pas de tondeuses à essence autopropulsées comme désormais, alors qu'il existe un mouvement écologique.

À l'époque, on travaillait physiquement; on n'avait pas besoin d'aller dans un club de gym pour courir sur des tapis roulants qui fonctionnent à l’électricité. Mais, vous avez raison: on ne connaissait pas le mouvement écologique.

À l'époque, on buvait de l'eau à la fontaine quand on avait soif; on n’utilisait pas de tasses ou de bouteilles en plastique à jeter à chaque fois qu'on voulait prendre de l'eau. Alors qu'avec un mouvement écologique ...

On remplissait les stylos plumes dans une bouteille d'encre au lieu d’acheter un nouveau stylo ou de nouvelles cartouches en plastique; on remplaçait les lames de rasoir au lieu de jeter le rasoir tout simplement à chaque rasage. Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique.

À l'époque, les gens prenaient le bus ou le métro et les enfants prenaient leur vélo pour se rendre à l'école au lieu d'utiliser la voiture familiale et maman comme un service de taxi de 24 heures sur 24. Bien sûr on ne connaissait pas le mouvement écologique !

À l'époque, les enfants gardaient le même cartable durant plusieurs années, les cahiers continuaient d'une année sur l'autre, les crayons de couleurs, gommes, taille-crayons et autres accessoires duraient tant qu'ils pouvaient, pas un cartable tous les ans et des cahiers jetés fin juin, de nouveaux crayons et gommes avec un nouveau slogan à chaque rentrée. Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique.

On avait une prise de courant par pièce, pas une bande multiprises pour alimenter toute la panoplie des accessoires électriques indispensables aux jeunes d'aujourd'hui, ces mêmes jeunes qui adhèrent pour les 3/4 aux idées et mouvements écologiques.

A mon époque, ça c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique, mais on vivait chaque jour de la vie dans le respect de l'environnement.

Alors ma grande, de grâce, ne viens pas me faire ch... avec ton mouvement écologique et ma responsabilité !!!

Trouvé sur Facebook par Car'o Boullot,

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 08:12

A l'attention de Madame Martine Aubry
et de Monsieur François Hollande

 

Chère Martine, cher François,

Je voudrais en premier lieu féliciter chacun d'entre vous pour sa qualification au second tour des Primaires citoyennes. Dans cette campagne loyale et cordiale, j'ai défendu des solutions nouvelles destinées à répondre par des propositions concrètes, réalisables et efficaces à l'extrême gravité de la crise financière, économique, sociale et morale qui a commencé à ravager tous les pays européens, dont la France. Je me suis attaché à dégager des perspectives d'actions nouvelles auprès de ceux qui se sentent à juste titre écrasés par l'économie et oubliés par la politique.

Cette lettre a pour objectif d'éclairer avant dimanche l'opinion finale des 450.000 Françaises et Français qui m'ont fait l'honneur de leur confiance. Ces femmes et ces hommes sont libres et feront leur choix en conscience. Mais je tiens à ce qu'ils fassent ce choix important, en toute connaissance de cause. C'est cela, la VIème République en actes.

1 - La première des questions que je souhaite vous poser concerne les conditions précises et concrètes dans lesquelles vous entendrez reprendre le contrôle politique du système financier qui soumet aujourd'hui l'économie réelle et les entreprises à ses exigences indues, tout comme il le fait des gouvernements et des contribuables.

J'ai rappelé à maintes reprises que les Français refuseraient à bon droit -particulièrement ceux qui n'ont que leur travail pour vivre- de payer les conséquences des graves fautes commises par le système financier, dans lesquelles ils n'ont aucune espèce de responsabilité. Mettre à contribution par l'impôt les classes moyennes et populaires pour secourir les banques, leurs filiales, comme tel est d'ores et déjà le cas dans les projets de renflouement de la banque privée Dexia, serait une faute morale et politique, contre laquelle la gauche aura l'obligation de nous prémunir.

Ceci implique des mesures de mise sous tutelle publique des banques, sans frais pour les contribuables, conduisant à faire entrer des représentants de l'Etat ainsi que des usagers du crédit, avec droit de veto, dans les conseils d'administration des banques.

En plus des mesures de séparation des activités de collecte des dépôts et celles d'affaires, il paraît logique et juste d'utiliser les bénéfices des banques profitables pour renflouer les banques en difficulté par des mesures de solidarité interbancaire, mesures qui éviteront aux Français de payer les futurs plans de renflouement des banques fragilisées.

De surcroît, il sera nécessaire d'interdire par la loi la spéculation dans l'activité bancaire avec l'épargne des Français et d'édicter une procédure pénale sévère réprimant l'évasion fiscale afin d'obtenir le rapatriement des avoirs actuellement placés dans les paradis fiscaux tout en faisant fermer les filiales des banques dans ces territoires.

Je veux rappeler avec force que la dette publique accumulée au cours des derniers mois est le prix direct et indirect du secours accordé par les Etats de l'Union Européenne au système financier, embarqué dans une course à la spéculation.

Un Président de la République issu de nos rangs devra s'engager solennellement devant les Français à mettre à contribution le système financier et bancaire européen et national par une taxation européenne et nationale sur les transactions financières afin de solder le poids de la dette publique contractée pendant la crise, évaluée à la somme de 450 milliards d'euros.

Ces mesures, dont beaucoup de Français approuvent la nécessité comme la sévérité, sont un préalable à tout redressement de notre économie et, a fortiori, à toute application du projet socialiste.

C'est à ce prix que nous pourrons reconquérir les marges de manœuvre dont nous avons tant besoin pour reconstruire la France. Ces choix devront s'articuler avec une réforme nécessaire des statuts de la Banque Centrale Européenne, afin de lui permettre de racheter la dette des Etats, ce qui lui est encore interdit à ce jour.

2 - C'est ce même objectif que poursuit le protectionnisme européen, social et écologique, que j'ai, avec les soutiens de nombreux économistes et philosophes de renom, défendu dans cette campagne.

Ce protectionnisme européen n'est rien d'autre que la demande de remise en ordre d'une économie internationale affranchie de toute règle : règle sociale, règle environnementale, règle sanitaire, règle économique et, il faut le rappeler, règle humanitaire. Le « juste échange », contenu dans le projet socialiste, ne saurait suffire car il consiste à faire croire en une régulation multilatérale négociée, que l'OMC n'a jamais été capable d'imaginer ni d'appliquer en 20 ans. Il reviendrait à demander l'autorisation à nos concurrents mondiaux dans la guerre économique de pratiquer le protectionnisme, ce que nous n'obtiendrions jamais. Ce serait là pécher par naïveté, car ces négociations auraient dû commencer il y a 20 ans, et n'ont jamais eu lieu. Aujourd'hui, l'urgence exige que nous prenions des mesures au plan européen et national.

Dans l'arsenal protectionniste à créer, il serait utile que les prises de contrôle de nos entreprises à forte valeur technologique par des capitaux extra-européens soient soumises à autorisation publique, que des mesures de sanction économique ciblées soient codifiées contre les entreprises transnationales ayant délocalisé leurs productions au détriment de nos territoires et de nos populations, et que les marques appartenant à ces entreprises puissent faire l'objet de mesures d'expropriation publique en cas de comportements déloyaux aggravés. Goodyear, Lejaby, et l'Eléphant, autant d'exemples du comportement inacceptable de certaines firmes multinationales ; autant de symboles de cette désindustrialisation de la France que la gauche doit désormais combattre résolument.

Je souhaiterais donc connaître quelles mesures précises et concrètes vous envisagez de prendre pour protéger notre industrie, nos savoirs-faire, nos emplois, à l'abri desquelles nous pourrons réindustrialiser le pays et financer la révolution industrielle, technologique et écologique.

Vous le savez, pour appliquer ces mesures, pour retrouver aussi la confiance des Français, la politique doit redevenir plus forte que l'économie et que la finance.

3 - Des dizaines de milliers de Français que j'ai rencontrés, comme vous, ont perdu espoir dans l'action publique. Pour leur éviter l'errement du vote extrémiste, les amener dans notre rassemblement populaire issu des primaires, il nous faut, ensemble, rendre à la politique force et respectabilité. C'est ce que je défends depuis 12 ans avec le projet de VIème République.

L'un comme l'autre, vous avez, dans le passé, soit renoncé, soit refusé d'engager notre parti que vous dirigiez dans ce projet de renaissance de la démocratie française que j'ai appelé la VIème République, projet dont l'essentiel consisterait dans :

- l'augmentation des pouvoirs de contrôle du Parlement par des commissions d'enquête parlementaires libres et par le contrôle parlementaire des nominations aux postes clés dans l'administration ;

- la fin de l'impunité présidentielle s'agissant des actes sans rapport avec sa fonction ;

- la protection de l'indépendance de la justice par la naissance d'un Procureur général indépendant chargé des poursuites dans les cas sensibles ;

- le renforcement des moyens de lutte contre la corruption en limitant notamment la portée du secret défense ;

- la transformation du Conseil constitutionnel en une véritable Cour constitutionnelle indépendante ;

- l'instauration du mandat parlementaire unique ;

- le référendum d'initiative populaire, y compris abrogatif et révocatoire des élus afin d'organiser la responsabilité politique de ceux-ci ;

- le vote aux élections locales des personnes de nationalité étrangère présentes de façon régulière sur notre territoire depuis 5 ans ;

- la libération des données publiques dans les collectivités locales et dans l'Etat (Open Data).

Ce programme que je vous soumets est ambitieux mais parfaitement réaliste et réalisable. Il ne coûterait pas un euro aux Français ; mieux, il générerait des ressources financières nouvelles et permettrait un essor industriel et productif.

Sans lui, j'en suis convaincu, aucune victoire de la gauche face à Nicolas Sarkozy, au printemps prochain, n'est envisageable. Pire, c'est Nicolas Sarkozy, lui-même qui, si nous n'avons pas le courage de l'assumer, le proposerait alors aux Français, dans une ultime contorsion politique.

Les propositions que je formule sont majoritaires chez nos concitoyens. Elles correspondent à une remise en ordre de notre pays et à un retour à la sagesse dont nous nous sommes beaucoup trop éloignés depuis 25 ans.

C'est donc confiant dans votre intelligence politique et dans votre volonté de l'emporter demain face à la droite que je vous ai écrit. Beaucoup de Français, avec moi, attendent votre réponse.

Chère Martine, Cher François, soyez assurés de ma meilleure estime et de toute mon amitié socialiste.

Arnaud MONTEBOURG


Réponse de Jean Luc Mélenchon

Cher Arnaud Montebourg,

J’ai lu la lettre que tu as envoyée à tes compétiteurs de la primaire socialiste. Tu as voulu qu’elle soit « ouverte ». Je me sens concerné. En effet, tu t’adresses aux deux socialistes qui pourraient être candidats à l’élection présidentielle. Je le serai pour ma part en toute certitude, au nom du Front de Gauche. Les questions que tu poses concernent toute la gauche et tous nos concitoyens.

Lire la réponse de J-L Mélenchon

Lire la réponse de Nicolas Dupont-Aignan

Lire la réponse de Martine Aubry

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