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Qui a tué nos villages ?

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 14:39

Un témoignage d’une bénévole de La Cimade sur les pratiques illégales du préfet de Police qui continue en toute impunité à arrêter et enfermer en rétention des demandeurs d’asile sous le coup d’une procédure Dublin.

J’accompagne M. à sa convocation au 8ème bureau de la préfecture de police de Paris, car il y est indiqué discrètement en bas de page qu’ « un placement en centre de rétention administrative sera susceptible d’intervenir à l’issue de ce rendez-vous ». Nous voici prévenus, la légalité semble respectée puisqu’il est illégal d’interpeller quelqu’un à un guichet de préfecture sans avertissement préalable sur la convocation, mais en réalité la convocation n’est-elle pas en elle-même illégale puisqu’elle annonce à la fois l’exécution d’une « réadmission Dublin vers l’Italie » et une mise en rétention, or la rétention des dublinés est illégale depuis l’arrêt du 27/09/17 de la Cour de cassation.

Nous arrivons à 14h, heure de la convocation, au 4ème étage dans une salle d’attente minuscule, 10 sièges, un guichet et une porte fermée. Le guichet est vide, n’y apparaît parfois un agent que pour renvoyer au lendemain matin les visiteurs – « Nous recevons en priorité les personnes qui ont rendez-vous, et il y a tant de monde aujourd’hui que nous ne pourrons recevoir personne d’autre. ». Or les personnes « qui ont rendez-vous » sont toutes des personnes menacées d’expulsion. La salle d’attente est donc pleine mais silencieuse, chacun plongé en lui-même. Seul mouvement de vie, les pleurs d’un nourrisson, il attend dans les bras de sa mère depuis longtemps, la chaleur est étouffante dans cette minuscule pièce sans aération, sa mère sort, on la voit par la porte vitrée marcher dans le couloir où il fait plus frais, puis elle revient s’asseoir pour lui donner le biberon.

Trois policiers viennent d’entrer, l’un se penche au guichet vide – « tout va bien ? – oui, tout va bien » – vient répondre un agent qui redisparaît aussitôt. On les reverra passer encore deux fois, une fois par heure environ. Font-ils une ronde régulière ? La salle est pourtant bien tranquille.

La porte à droite du guichet s’ouvre : « Madame X ! Nous avons besoin de faire une photo de l’enfant. » La porte se referme derrière la mère et son bébé. Ça ressemble à quoi la photo de police d’un nourrisson qui n’a pas 6 mois ? Madame X ressort avec son bébé, se rassied, le père prend son enfant dans ses bras, lui fait des câlins. « Monsieur Y ! ». Se lève un grand gaillard en anorak jaune vif. Un moment, et il ressort avec un papier dans les mains – une nouvelle convocation. Il sera le seul cet après-midi à ressortir de la porte fatale par la salle d’attente.

Attente, silence. La porte s’ouvre, « Madame X ! », la mère se lève avec son bébé dans les bras, s’avance vers la porte, « prenez votre caddy avec vous », elle revient, tire son caddy, son mari assis tête baissée ne bronche pas, « et avec Monsieur ! », il se lève à son tour et les trois disparaissent derrière la porte. Nous ne les reverrons plus.

Attente, silence. Un homme en manteau beige a été appelé. M. qui par la porte vitrée a vue sur l’escalier se penche vers moi – « ils l’emmènent ! ».

Le temps passe, 17h, 17h15, il ne reste plus dans cette petite salle d’attente que nous et un homme seul. La porte s’ouvre, « Monsieur M ! Monsieur Z. ! » C’est notre tour d’entrer derrière cette porte. Une longue série de guichets, et oh ! derrière une cloison vitrée les trois policiers ! Assise au guichet, l’agente compulse des papiers, « voilà, nous avons reçu pour Monsieur M. un arrêté de placement en rétention », protestations, le placement en rétention d’un demandeur d’asile dubliné est illégal depuis l’arrêt du 27/09/17 de la Cour de cassation,

« nous avons reçu un arrêté, nous l’exécutons », mais Monsieur M. est malade, vous en avez été prévenus par courrier demandant l’enregistrement d’une demande de titre pour soins, « nous exécutons les ordres ».

« A l’issue de ce rendez-vous » disait la convocation, mais le rendez-vous se limite à l’exécution rondement menée du placement en rétention, en respectant les formes, à savoir traduction dans la langue de M. de la notification de l’arrêté de placement en rétention et de la nécessité des menottes pour le transport. Les formes sont respectées pour des pratiques illégales, la mise en rétention est illégale, la mise des menottes est aussi illégale puisque M. n’a pas montré la moindre velléité de résistance. Même chose avec Monsieur Z. à un autre guichet, sans protestations car il n’est pas accompagné. Les deux hommes sont menottés mains dans le dos. Ont-ils aussi menotté la mère avec son bébé dans les bras ?

Ils descendent l’escalier, mains dans le dos, encadrés par les trois policiers. Ce sont ceux-là même qui faisaient leur ronde. En vérité « tout va bien ? » signifiait « nous voici revenus du transport précédent au CRA de Vincennes, nous sommes prêts pour le prochain transport ».

Du CRA de Vincennes M. sera emmené à 4h du matin à l’aéroport de Roissy pour un vol vers l’Italie. Ayant exprimé son refus d’embarquer, il sera retenu sans explications quelques heures dans une pièce de l’aéroport, puis libéré sans autre procédure.

Ni vu ni connu, libéré à l’aéroport, le JLD n’aura pas à statuer sur l’illégalité du placement en rétention d’un demandeur d’asile dubliné. Tout cela dans une illégalité assumée et camouflée derrière une apparence de formes, on ne sait jamais, peut-être que l’un ou l’autre de ces demandeurs d’asile dublinés acceptera d’embarquer, cela fera du chiffre pour les statistiques du Ministre.

Source La Cimade

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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 09:52
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19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 18:58
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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 14:24

Ça c'était il y a 20 ans exactement 27 août 1996, évacuation des sans-papiers de l'église St Bernard.

 

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 08:59
Traitement des immigrés  … dans la belle Provence (Italiens fin du XIXè)

Depuis au moins trente ans je sais que l’immigration Italienne ne fut pas bien reçue. Quand j’ai l’occasion d’en faire mention autour de moi, on me répond « c’était différent ils étaient catholiques » ! Les Français ne retiennent de leur histoire que ce qui les arrange. Et si on a le malheur de comparer le traitement actuel des Maghrébins avec celui des Italiens, on a l’air de commettre un crime de lèse-majesté !

Dans une bibliothèque j’ai trouvé un petit livre de 80 p. qui relate l’émigration d’une nourrice piémontaise (Une nourrice piémontaise à Marseille, Catherine Blanc, Ed. Les Alpes de Lumière) La suite ici

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 06:50
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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 08:24

Heureusement que les chaînes ne les montrent pas ! Heureusement qu'on ne les voit encore qu'en fouillant bien les réseaux sociaux. Heureusement qu'il y avait le short à carreaux du vainqueur de Roland Garros ! Et le congrès de Poitiers. Et le G7. Car les scènes irréelles de dispersions des rassemblements de migrants par la police, depuis quelques jours, dans le nord de Paris, d'abord sous le métro Chapelle, puis devant l'église Saint Bernard et enfin, lundi, devant la halle Pajol, donnent une image confondante, et presque angoissante, de l'évanescence de l'Etat. Où est passé l'Etat, l'Etat qui définit une politique, et tient un discours ? Et que veut la France de Hollande, en envoyant ses CRS pousser à toute force des migrants...dans les wagons de métro, dont ils redescendront à la station suivante ?

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Dans son reportage de Mediapart, Carine Fouteau parle de "stratégie de l'invisibilité". Ce serait donc ça, et rien d'autre ? Face à la question des migrations d'Afrique, qui s'annonce comme un défi intellectuel, politique et économique majeur pour l'Europe dans les années qui viennent, il n'y aurait pas d'autre réponse qu'invisibiliser. Ni expulser, ni intégrer, ni même tolérer : le compromis hollandiste, à la "Léonarda et elle seule", dans toute sa majesté. Simplement disperser. Disperser, dissoudre, évaporer, gazéifier. Acte étant pris que le problème n'est pas la présence des migrants, mais leur visibilité (toute relative, d'ailleurs. Qui avait filmé le campement de La Chapelle avant son expulsion vendredi ?), vider donc à la petite cuiller l'océan du malheur. Invisibiliser les migrants, comme on invisibilise les chômeurs, les vieux, les fous, la mort elle-même. Quelqu'un, dans un ministère, à Matignon, a-t-il théorisé cette solution de l'invisibilité ? Existe-t-il des compte-rendus de réunions, des PV, des circulaires ? Ou bien s'est-elle imposée seule comme la solution de l'évidence, a-t-elle aimanté comme limaille toutes les énergies de l'Etat ? Beau sujet pour les chercheurs.

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Quels qu'en soient les auteurs, cette stratégie produit ses images, comme celle-ci, tweetée par Pascal Julien, conseiller EELV de Paris, et qui court sur les réseaux depuis hier, de ce billet, montré par un migrant passé par Calais. Ce droit à dormir "où il veut" dehors, qu'il faudrait d'urgence rajouter aux droits de l'homme, lui aurait été accordé par l'antenne de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration de Lille. L'Etat évaporé au sommet, reste toujours, à la base, dans son éternelle créativité, l'administration. Par Daniel Schneidermann le 09/06/2015 / Source Arrêt sur Images

Migrants : le devoir d'invisibilité
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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 10:57
De Pajol, à St Bernard en passant par Sangatte...« avec fermeté et humanité »...

...de Valls à Debré en passant par Sarkozy

Sauver sa peau ou sa liberté

Le nom a changé - de sans-papiers à migrants-, mais le problème reste le même. La France, voire l'Europe est incapable de gérer la « mondialisation humaine », tellement occupée à gérer la « mondialisation capitaliste ». Pourtant, l'une est bien la conséquence de l'autre : accaparement des terres pour les paysans, via les grandes multinationales, problèmes politiques et guerres dans plusieurs pays, entraînent des milliers de migrants sur les routes de l'exil au péril de leurs vies dans le pire des cas, au harcèlement quotidien dans le meilleur...

Les ministres aussi ont changé, mais le terme « humanité » est utilisé chaque fois qu'une expulsion est programmée. Si ces diverses situations n'étaient pas aussi dramatiques, on pourrait rire de la grande diversité de langage de nos hommes politiques et de la similitude de leur application.

Depuis 1996, plusieurs ministres de l’intérieur ou de l’immigration se sont sentis tenus d’afficher une part d’humanité dans leur politique de fermeté.

Chaque fois que les migrants essaient d'avoir un toit sur la tête, c'est ce toit qu'on démonte « avec humanité », en échange dans le meilleur des cas, d'un titre d'hébergement... pour quelques jours. Puis retour à la rue, en attendant un nouveau regroupement et un nouveau camp de fortune qui sera « humainement » détruit dans quelques semaines.

Quelle humanité dans le fait d'expulser de force, de jeter à terre les quelques objets possédés, quand ce n'est pas les êtres humains eux-mêmes qui sont jetés au sol ?

Quelle humanité quand on les force à monter dans des bus, pour les renvoyer vers le chaos qu'ils ont quitté (rappelons-le) pour beaucoup au périls de leurs vies ?

Quelle humanité dans le fait de briser des rêves et parfois même des familles ?

Quelques exemples :

Jean-Louis Debré- Intérieur (1995-1997)

Alors ministre de l'intérieur il ordonne l'expulsion, le 23 août 1996, de 300 étrangers en situation irrégulière occupant l'église Saint-Bernard à Paris, non sans avoir déclaré auparavant qu'il agirait « avec humanité et cœur ».

Jean-Pierre Chevènement- Intérieur, (1998-2000)

« C'est au Parlement qu'il appartient de fixer la loi, étant entendu que rien n'empêche d'appliquer celle-ci avec humanité »

Daniel Vaillant – Intérieur (2000-2002)

Le gouvernement "essaie de travailler de manière équilibrée dans le respect des textes, notamment de la convention de Genève, dans le respect de nos textes législatifs et avec humanité. »

Sarkozy- Intérieur (2002-2004, puis 2005-2007)

En 2002, fermeture du centre de Sangatte

« Nous allons régler le problème avec humanité. » ou encore :

« J'essaye de faire les choses avec humanité, fermeté et avec du bon sens »

Dominique de Villepin- Intérieur (2004-2005)

« Les dossiers seront traités au cas par cas dans le respect de l’Etat de droit et avec humanité »

Eric Besson- Immigration, Intégration, Identité nationale et Développement solidaire (2009-2010)

En 2009, lors de la fermeture de « la Jungle »

« Notre politique continuera d’allier fermeté et humanité. »

Manuel Valls- Intérieur (2012-2014)

Sur les Roms :

« Nous procéderons avec humanité, sans abandonner l’accompagnement social, l’objectif de scolarisation des enfants et, quand c’est possible, l’accès à un logement et au monde du travail.»

8 juin 2015 Pajol Paris XVIIIème

Deux questions me taraudent :

  • Sur l'espace Schengen qui comprend les territoires des 26 États européens ayant signé l'Accord et la Convention de Shengen entre 1985 et 1990.

? Pourquoi, la Grande-Bretagne et l'Irlande, qui font partie de l'Union Européenne, ne se sentent pas concernés par le projet commun de cette Europe, laissant de ce fait, les autres états gérer leurs problèmes migratoires ? Y aurait-il des pays qui veulent le beurre et l'argent du beurre, sans s’inquiéter outre mesure du déséquilibre occasionné par leur attitude ?

Directive européenne du 27 janvier 2003

(19) Conformément à l'article 3 du protocole sur la position du Royaume-Uni et de l'Irlande annexé au traité sur l'Union européenne et au traité instituant la Communauté européenne, le Royaume-Uni a notifié, par une lettre du 18 août 2001, son souhait de participer à l'adoption et à l'application de la présente directive.

(20) En application de l'article 1er dudit protocole, l'Irlande ne participe pas à l'adoption de la présente directive. En conséquence, et sans préjudice de l'article 4 dudit protocole, les dispositions de la présente directive ne s'appliquent pas à l'Irlande.

  • Sur le droit d'asile

On a bien dit droit d’asile qui est « un droit ultime » et couvre la protection contre un risque de persécution. Internationalement reconnu par la Convention de Genève de 1951 et inscrit dans la Constitution française.

On observe pourtant depuis 25 ans , en France comme en Europe, une dérive des États vers des interprétations minimalistes de la protection qui est mise sous le boisseau de l'ordre public et de la gestion des flux migratoires. Cimade

Conformément à la directive européenne du 27 janvier 2003

7 Il convient d'adopter des normes minimales pour l'accueil des demandeurs d'asile qui devraient, en principe, suffire à leur garantir un niveau de vie digne et des conditions de vie comparables dans tous les États membres.

15 Il est dans la nature même des normes minimales que les États membres puissent prévoir ou maintenir des conditions plus favorables pour les ressortissants de pays tiers et les apatrides qui demandent une protection internationale à un État membre

Article 13

2. Les États membres prennent des mesures relatives aux conditions matérielles d'accueil qui permettent de garantir un niveau de vie adéquat pour la santé et d'assurer la subsistance des demandeurs.

Article 14

Modalités des conditions matérielles d'accueil 1. Lorsque le logement est fourni en nature, il doit l'être

sous une des formes suivantes ou en les combinant: a) des locaux servant à loger les demandeurs pendant l'examen d'une demande d'asile présentée à la frontière; b) des centres d'hébergement offrant un niveau de vie suffisant; c) des maisons, des appartements, des hôtels privés ou d'autres locaux adaptés à l'hébergement des demandeurs

? A quoi servent toutes ces directives, lois, protocoles et autres conventions ?

Pourtant, (Mais ça c'était avant...)

François Hollande (Au delà de la Jungle, Slate.fr en 2009)

«Les mêmes causes produiront les mêmes effets [...], nous verrons surgir d’autres squats, d’autres campements dans des forêts, dans des zones industrielles, dans des immeubles désertés »

Conclusion

« Avec humanité » autrement dit avec compassion pour ses semblables (l'Humain). Terme tellement utilisé par nos dirigeants, que le mot finira par perdre son sens si nous, les « gens d'en bas » n'y prenons garde.

Ils veulent de l'Union Européenne pour les échanges commerciaux, mais pour l'Humain, les frontières s'arrêtent au Nord de l'Europe !

Post scriptum :

A l'expulsion des sans-papiers de l'église St Bernard le 23 août 1996, en plein été, alors que la France est en vacances, ce sont des milliers de gens qui sont descendus dans la rue sans préparation, sans appel de qui que ce soit, pour crier leur indignation, juste par solidarité.

Qu'en est-il aujourd'hui au lendemain de l’expulsion de Pajol ?

VMH

De Pajol, à St Bernard en passant par Sangatte...« avec fermeté et humanité »...
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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 07:48

« La France serait contente que quelqu’un force le Parlement, mais c’est difficile, c’est la démocratie » s’est lamenté depuis Washington le numéro deux du gouvernement allemand, Wolfgang Schaüble. Il a livré au passage les noms des traîtres qui conspirent contre la souveraineté de leur patrie : Sapin et Macron, ses « amis français » qui lui racontent « de longues histoires » sur leurs difficultés en France.

 

Se faisant il encourage Valls qui a amorcé ce viol de la démocratie en utilisant le 49-3 contre les représentants du peuple. Le principal soutien de la politique d’austérité du gouvernement se trouve désormais outre-rhin. Et Hollande a manqué encore une fois à ses plus élémentaires devoirs de défense de la souveraineté de la France en n’exigeant pas des excuses publiques du gouvernement allemand.

 

La déclaration de Schaüble est aussi un hommage plus lointain rendu à Bismarck. Ce chancelier luthérien-conservateur, comme Merkel, avait déclaré en 1862 : « ce n’est pas par les discours et les votes à la majorité que les grandes questions de notre temps seront décidées mais par le fer et le sang. »

 

Une chose est commune aux maux qui accablent la France et plus largement l’Union européenne (réformes des hôpitaux, « libéralisation » du marché du travail, hécatombes aux frontières) : le fer de l’austérité. C’est parce que chaque action passe sous la férule de vérificateurs européens austéritaires que se construit la distance avec l’humain d’abord.

 

Jusqu’à l’indifférence pour la mort de masse en méditerranée. Avec plus de 1 500 morts en 3 mois, on atteint un bilan digne d’une guerre. Pourtant nulle coalition internationale ne s’est dressée pour y répliquer. Tout juste un sommet européen est-il convoqué.

 

L’indifférence est ici le masque de la culpabilité. Car l’Europe a bien une responsabilité globale dans cette catastrophe. Pour avoir délibérément concentré ses moyens sur la protection des côtes plutôt que le sauvetage en mer. Mais aussi pour avoir mené des opérations militaires qui ont détruit plusieurs États dont sont issus les migrants : Libye, Mali et Somalie. Et pour avoir affamé l’Afrique en libéralisant de force son agriculture.

 

Sous la domination allemande, l’ordre européen est devenu meurtrier à l’intérieur et à l’extérieur. S’en libérer devient une nécessité historique pour les peuples. S’ils veulent survivre. Laurent Maffeïs / Parti de Gauche

 

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 07:02

Les états membres de l’UE, sous la responsabilité d’Europol et FRONTEX, ont organisé une nouvelle quinzaine de chasse aux demandeurs d’asile et plus généralement aux migrants. Dans la continuité de l’opération Mos Maiorum d’Octobre 2014, la nouvelle traque, nommée Amberlight 2015, s’est déroulée du 1er au 14 Avril 2015 avec des objectifs fixés par le Conseil de l’UE. Cette opération de grande envergure prévoyait d’intercepter et collecter les données personnelles de nombreux migrants et réfugiés en quête de meilleures conditions de vie ou de protection internationale afin d’organiser leur expulsion d’Europe.

Le rapport de l’ONG Statewatch sur l’opération Mos Maiorum avait déjà mis clairement en évidence le profilage racial et les contrôles au faciès des opérations policières. Amberlight a poursuivi les objectifs nauséabonds du Conseil de l’UE en matière de politique migratoire, visant à stigmatiser chaque jour un peu plus les demandeurs d’asile et les migrants.

Si la politique d’immigration répressive menée par les états membres de l’UE et FRONTEX ne contribue pas à réduire les flux migratoires, elle ne vise pas non plus à secourir les migrants, comme en témoigne le naufrage en Méditerranée du week-end dernier. Selon les survivants, près de 400 migrants auraient encore disparu dans le naufrage de leur embarcation, alors que près de 42 embarcations et 8 000 personnes auraient déjà été secourues. Si ces chiffres sont confirmés, ce serait l’un des pires naufrages en Méditerranée, s’ajoutant aux plus de 23 000 migrants morts en mer ces dix dernières années aux portes de l’Europe, sans compter les morts aux frontières terrestres du sud de l’Europe, notamment en Bulgarie, comprenant également des enfants.

Le Parti de Gauche dénonce fermement cette Europe forteresse, qui criminalise les migrants avec FRONTEX et qui conduit à l’accumulation des naufragés et des cadavres à nos frontières. Ces politiques migratoires, alors que l’Union Européenne n’aurait pas de difficulté à intégrer les migrants, se fondent sur une approche sécuritaire et l’externalisation des contrôles migratoires qui doivent cesser !

Nous exigeons l’arrêt des traitements discriminatoires à l’égard des demandeurs d’asile et des migrants !

L’UE et ses états membres doivent enfin ratifier la Convention internationale relative à la protection de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles, à laquelle leur statut d’être humain leur donne le droit ! Par Elisabeth Cazenave, responsable de la commission Migrations et Sophie Rauszer et Franceline Métayer, coresponsables de la commission Europe / Source Parti de Gauche

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Campagne 2017

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