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  • : Républicaine donc de Gauche, parce que "capitalisme, libéralisme,mondialisation économique" sont antagonistes avec notre devise "liberté, égalité,fraternité" ;la déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen ; le préambule de la constitution de 1946 ; la déclaration de Philadelphie et le Conseil National de la Résistance.
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Qui a tué nos villages ?

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 07:10

 

 

Si la télé publique coûte trop cher, le gouvernement, le parlement et les élections encore plus !

 

Le gouvernement grec ferme l’entreprise publique de télévision. C’est-à-dire une chaîne internationale, 19 chaînes régionales, six radios, un magazine de programmes de télévision, un site internet et la totalité des archives nationales audiovisuelles. Trois mille personnes sont débarquées. Même la dictature des colonels n’avait pas osé. Pourtant cette décision monstrueuse est parfaitement logique. Elle est même sage du point de vue qui guide l’action du gouvernement qui a déjà accepté la dictature de la troïka. (Attention : je suggère au journal « Libération » de recopier les phrases qui suivent pour les citer hors contexte et titrer « Mélenchon trouve sage la fermeture de la télévision grecque »).

 

A quoi sert une télé publique quand il y a déjà des chaînes privées qui ne coûtent rien à l’Etat ? (un tweet pour Aphatie : « Selon Mélenchon la télé publique coûte trop cher ! ») Il est logique que le raisonnement du moindre coût, en tout et pour tous les sujets, conduise à cette décision. Il n’y a aucune limite à l’extension du domaine d’application de ce raisonnement.

 

Pour les libéraux, tout ce qui est public est illégitime. Tout ! On entend dire parfois que les libéraux voudraient réduire l’Etat à ses fonctions régaliennes. C’est faux. L’armée et la police par exemple sont d’ores et déjà en voie de privatisation comme le montre la prolifération des officines de sécurité dans tous nos pays et celle des compagnies de mercenaires déjà à l’œuvre en Irak et en Afghanistan. Tout, absolument tout, sera donc privatisé soit par mise en vente des secteurs publics soit par leur disparition pure et simple. Bien sûr nous allons dire haut et fort notre indignation et réciter les diverses mantras d’usage sur de tels sujets. Mais il ne se passera strictement rien. (« Le Monde : « Mélenchon pense qu’il est inutile d’agir contre la fermeture de la télé grecque ») L’Union européenne et les eurobéats nous ferons dévaler la pente libérale jusqu’au bout.

 

Le Parlement européen, avait bondi pour condamner le changement d’une attribution de fréquence au Vénézuéla ! Cette fois-ci la Commission s’est contentée de « prendre note » de la décision du gouvernement grec en rappelant que c’est une décision souveraine. Le comble de l’hypocrisie. Bien évidemment dans la mesure où il s’agit cette fois-ci de médias on doit s’attendre à l’expression de beaucoup d’émotion. De belles tartines de bons sentiments seront beurrées en public. Mais il s’agit tout de même d’un gouvernement d’union nationale en Grèce. Imagine-t-on que les socialistes et la droite vont se tirer dessus eux-mêmes ? Quelqu’un a-t-il l’intention de leur poser à Paris une question gênante ? Allons donc !

 

Je conseille donc de ne pas se laisser manipuler. Inutile de courir devant. Voyons ce que vont déclarer et faire les sociétés de rédacteurs et autres comités de vaches sacrées dans les différentes rédactions « prestigieuses » du pays. Voyons comment elles expliquent que le libéralisme s’applique à tous sauf à elles ! Pourquoi prendre seuls à notre charge de défendre la main qui nous frappe ? La vérité est que la disparition de ces outils de propagande officialistes n’a aucune espèce de conséquences concrètes pour nous.

 

Que rabâchaient du matin au soir les « journalistes » éthiques et indépendants de ces organes de presse ? Qu’il n’y avait « pas d’autre politique possible ». Ils sont servis ! Les défendre est une posture médiatiquement profitable. Mais elle ne saurait être aveuglée. La suite sur J-L Mélenchon

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 15:54

 

Le JT de 20 heures de France 2 du 4 juin 2013 (que l’on peut voir ici consacre deux minutes (de 14’15 à 16’23) au rapport de la commission chargée d’examiner plusieurs hypothèses sur la nouvelle réforme des retraites. Deux minutes d’informations tronquées et faussées.

 

« L’actualité en France, c’est d’abord, je vous le disais, les premières pistes de la réforme des retraites. La commission chargée d’établir un rapport vient de rendre ses conclusions. Elle évoque de nombreuses possibilités : revenir sur les avantages fiscaux des retraités, augmenter, soit l’âge de départ, soit la durée de cotisation, augmenter aussi les charges patronales, bref, il y en a pour tout le monde. Mais ce qui retient le plus l’attention c’est ce qui concerne l’harmonisation des régimes. La commission suggère de modifier les règles de calcul pour les fonctionnaires. »

 

« Ce qui retient l’attention ». Mais de qui au juste et pourquoi ? Peu importe : l’attention est focalisée sur la sempiternelle « question » des régimes de retraite des fonctionnaires. Et en quoi est-elle de nature à justifier que le JT s’y intéresse tout particulièrement – plutôt qu’à celle des cotisations patronales, par exemple ? David Pujadas s’abstiendra d’en dire plus, mais le reportage qui suit, réalisé par « Margaux Manière, Didier Dahan, avec notre bureau à Poitiers », permettra peut-être d’y voir plus clair…

 

Sur fond d’images de fonctionnaires au travail, la journaliste commente, ou plutôt pronostique : « Instituteurs, infirmiers ou encore employés de mairie, leur pension de retraite pourrait baisser. Aujourd’hui le mode de calcul des retraites du public est plus favorable que celui des salariés du privé ; la commission Moreau qui rendra son rapport au gouvernement la semaine prochaine propose de rapprocher les deux systèmes. Une piste qui fait bondir les fonctionnaires... »

Manifestement, la journaliste considère qu’il est inutile de préciser que par « rapprocher les deux systèmes », il ne faut pas entendre aligner les retraites du privé sur celles, dont le mode de calcul serait plus avantageux, du public… Cela va de soi !


La suite du reportage, sans doute censée illustrer à quel point l’idée fait « bondir les fonctionnaires  », propose l’interview d’une femme…

Au téléspectateur de deviner non seulement qui elle est – ni le commentaire, ni aucune incrustation ne l’indiquent – mais aussi quelle question lui est posée – laquelle a été coupée au montage. Et si cette femme, qui est probablement fonctionnaire, retraitée ou non, ne semble pas « bondir », elle est effectivement opposée – quelle surprise – à une baisse éventuelle de sa (future ?) pension : « C’est perdre nos acquis, quelque part, parce que si nous, c’était calculé sur les 6 derniers mois… Il y a beaucoup de prise d’échelon en fin de carrière. C’est quand même plus intéressant. »

 

Avec l’infographie qui suit, que redouble le commentaire, la journaliste choisit de présenter les conséquences d’une telle réforme pour « un fonctionnaire » virtuel qui s’avère quelque peu atypique…

 

10-ACRIMED.jpg

 

« Aujourd’hui, les pensions sont calculées sur les derniers mois de la vie professionnelle. Ainsi un fonctionnaire qui gagne en fin de carrière 4000 euros par mois, touche aujourd’hui 3000 euros de retraite. Mais si la piste évoquée par le rapport était suivie, une période plus longue serait prise en compte, par exemple les 10 dernières années. Et sur cette période, le fonctionnaire n’a pas gagné 4000 euros en moyenne mais seulement 3500. Résultat sa retraite ne s’élèverait plus qu’à 2625 euros, 11 % de moins qu’aujourd’hui. »


On reste perplexe devant cette simulation : en 2009, selon l’INSEE, le revenu moyen des fonctionnaires était d’un peu moins de 2400 euros… Alors qui sont ces fonctionnaires qui finissent leurs carrières à 4000 euros par mois ? Existent-ils ? Combien sont-ils ? De quoi parle-t-on ? Salaire net ou salaire brut ? Celui ou celle qui aurait voulu suggérer que les fonctionnaires sont des nantis ne s’y serait pas pris autrement…

Le reportage enchaîne avec quelques mots d’Éric Aubin, présenté comme le responsable chargé des retraites à la CGT. Là encore, on ne sait quelle question lui a été posée… La suite sur Acrimed

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 12:21

 

 

 

Mélenchon censuré sur le Replay ; "retardateur" installé en régie

 

Rires et embrassades devant les caméras, mais colère en coulisse. Quelques jours après son apparition sur le plateau de Cyril Hanouna sur D8 pour une dénonciation (chaleureuse et conviviale) des baisses de salaires des intermittents, Sophie Tissier, opératrice de prompteur sur l'émission, a été convoquée aujourd'hui par la direction des ressources humaines de la chaîne. La chaîne a renvoyé toute décision sur la direction du groupe Canal+, son propriétaire. Toutefois afin de prévenir tout nouvel éclat, un retardateur a été installé en régie pour diffuser les émissions en léger différé. Et la séquence incriminée, et la réaction de l'invité du jour, Jean-Luc Mélenchon, ont été supprimées de l'émission en Replay.

 

Sur D8, chez Cyril Hanouna, on rigole facilement de tout et de tout le monde. L'émission bat des records d'audience et porte l'audience globale de la chaîne. Toutefois, la chaîne elle-même ne rigole pas de sa maison mère, Canal+. Jeudi dernier, sur le plateau de "Touche pas à mon Poste", Sophie Tissier, intermittente du spectacle a fait irruption pour dénoncer les conditions de travail imposées par la direction de la chaîne. A l’antenne, elle affirme que son salaire a dû baisser. Hanouna prend la chose à la rigolade, tandis que Jean-Luc Mélenchon, présent ce jour-là sur le plateau, prendra la défense de Tissier. @si vous avait raconté la première partie de ce feuilleton ici et l'intervention

 

Comme le montrent les images, entre Hanouna et l'intermittente, le contact passe bien. Effusions, embrassades. Mais la chaîne, elle, n'a pas du tout apprécié.


D’abord, D8 retire le replay de l’émission qui n’était pas disponible en ligne, vendredi 31 mai, pour le remettre en ligne durant le week-end, expurgé de la séquence et de la réaction de Jean-Luc Mélenchon, qui a profité de l'occasion pour dénoncer un "sytème qui repose sur une exploitation terrifiante des gens".


Nous conseillons le visionnage de cette réaction à Bruno-Roger Petit, chroniqueur sur Le Plus (groupe Nouvel Obs), qui visiblement a vu l'emission expurgée puisqu'il reproche à Mélenchon son silence : "Mélenchon ne peut rien, il n'interviendra pas. Ne demandant jamais la parole.(...) Le politique, confrontée à un drame social et humain, en direct, sur un plateau de télévision, ne peut rien contre la télévision de l’émotion et du divertissement, qu’il en subit les us et coutumes, règles et lois, fût-il Jean-Luc Mélenchon, dénonciateur des travers du système dont il est pour un soir l’acteur objectivement complice." Lire la suite et voir l'intervention de l'intermittente et de J-L Mélenchon sur Arrêt sur Images

 

Lire aussi : LE NOUVEL OBS PRIS EN FLAGRANT DÉLIT DE MENSONGE CONCERNANT JEAN-LUC MÉLENCHON

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 12:19

 

 

 

Jeudi dernier, Jean-Luc Mélenchon participait à l’émission Touche pas à mon postesur D8 (je n’analyserai pas ici sa prestation, ceci à déjà été très bien fait). Quelques minutes après son arrivée, une salariée de la chaine est intervenue en direct, afin de dénoncer les baisses de salaire imposées par la direction aux intermittents du spectacle. Le lendemain, Bruno Roger-Petit, chroniqueur sur le Plus du Nouvel Observateur, décidait de consacrer son billet hebdomadaire à cet événement. Cependant, plutôt que de relayer le message de l’intermittente et de dénoncer à son tour les conditions de travail sur la chaine du groupe Canal +, celui-ci a préféré s’attaquer de façon éhontée à Jean-Luc Mélenchon. Probablement dans le but de faire parler de lui, le journaliste a consacré un article entier à accuser le coprésident du Parti de gauche d’être resté silencieux face à la détresse de cette salariée précaire. Pourtant, la réalité fut bien différente…

 

« La direction de D8, notre employeur, nous a traité avec beaucoup de mépris »

L’intermittente ayant interrompu l’émission de Cyril Hanouna est Sophie Tissier, une mère célibataire âgée de 34 ans. Depuis plus de deux ans, elle est opératrice prompteur sur D8. Elle travaille pour l’émission Touche pas à mon poste depuis le mois d’octobre. Interrogée par les Inrocks, elle est revenu sur sa prise de parole afin d’expliquer ce qui l’a poussé à intervenir et surtout de dénoncer le sort réservé aux intermittentes sur D8.

« Si je suis intervenue de cette manière pour dénoncer des baisses de salaires, c’est que la direction de D8, notre employeur, nous a traité avec beaucoup de mépris. Ce mépris m’a amené à pousser ce coup de gueule, car je n’ai pas vu d’autres issues. J’ai subi une baisse de salaire à partir de mai de 22 %. Je l’ai appris seulement quinze jours avant de façon informelle. Quand j’ai demandé à mon directeur technique de pouvoir négocier avec la DRH, il m’a ri au nez et m’a dit : ici on ne négocie pas. C’est à prendre ou à laisser ».

Révoltée par cette situation, elle avoue avoir jugée la venue de Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de l’émission phare de la chaine comme « le bon moment » pour intervenir. « Touchée » par son discours sur le monde des médias au début de l’émission, elle s’est alors lancée et est intervenue quelques minutes après son arrivée.

 

Pour le Nouvel Observateur, Jean-Luc Mélenchon est resté muet face à la détresse de l’intermittente

La suite, voilà comment Bruno Roger-Petit et le Plus du Nouvel Obs la présentent le lendemain. Dans son billet, le journaliste reproche à Jean-Luc Mélenchon ne pas être intervenu, de ne pas avoir demandé la parole, d’avoir abandonné la jeune intermittente qui espérait « peut-être, un mot de soutien ».

Le journaliste y voit une « faute politique ». « Mélenchon ne peut rien. Jean-Luc Mélenchon, dénonciateur des travers du système dont il est pour un soir l’acteur objectivement complice ». Le coprésident du Parti de gauche serait donc, non seulement impuissant, mais surtout insensible à la cause des salariés précaires. Pire, il serait le complice d’un système qu’il avait lui-même dénoncée (« le monde des médias est une machine à broyer »), quelques minutes avant l’intervention de la salariée de D8.


Voilà donc comment le Nouvel Observateur fait du journalisme. Il sort deux minutes d’un passage télé qui en fait cinquante ; les analyse avec un objectif précis (ici, s’attaquer à Jean-Luc Mélenchon) ;  ne fait jamais référence à ce qui s’est passé avant, ni à ce qui se passera ensuite ; et surtout, se garde bien de recueillir le témoignage des acteurs de la scène. Voilà ce qu’on appelle le journalisme version Petit journal. Un journalisme mensonger basé sur la manipulation.


Car en réalité, Jean-Luc Mélenchon n’est pas resté insensible à l’intervention de la jeune intermittente. Bien au contraire. Il suffit pour cela de regarder la suite de l’émission, ce que Bruno Roger-Petit n’a visiblement pas fait !

« Une personne payée avec un lance-pierre, n’est pas en état de se rebeller » Par Matthieu Lépine / La suite sur blog Médiapart



 

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 20:03

 

 

Certains journalistes se sentent attaqués par Jean-Luc Mélenchon. Il y a méprise. Ce que nous attaquons, c'est le système médiatique actuel. Ne confondez pas l'employeur et l'employé. Journalistes, j'ai été l'un d'entre vous. Voici la lettre que voulais vous lire.

 

Lettre aux journalistes dont j'étais...

 

J'ai épousé le journalisme plein d'idéaux, je l'ai quitté plein d'idées noires.

Hier matin, je discutais avec une journaliste de Perpignan de la venue de Jean-Luc Mélenchon dimanche. « Je ne l'aime pas. Il crache trop sur les journalistes », se plaignait-elle.

Non, madame, Jean-Luc ne crache pas sur les journalistes, il crache sur la façon dont est aujourd'hui exercé ce métier. J'ai moi-même été journaliste pendant dix ans. Formé au CFJ par, entre autres, des journalistes du Canard Enchaîné, l'un des rares journaux dont on peut dire qu'ils sont indépendants, qu'on l'apprécie ou pas.

 

Dans ma chambre de bonne, j'avais affiché une reproduction de la une de l'Aurore du 13 janvier 1898. C'était le « J'accuse... ! » d'Emile Zola, un pamphlet destiné au Président de la République de l'époque, à propos de l'affaire Dreyfus. Le capitaine Dreyfus, dont le seul tort fut d'être juif à une époque où l'antisémitisme était prégnant, était alors condamné au bagne. Et le véritable traître, le commandant Esterházy, venait d'être acquitté en conseil de guerre alors que l'état-major avait les preuves de sa culpabilité. Oui, comme Zola, j'espérais qu'un jour ma plume puisse se révolter, dénoncer les injustices ou, tout au moins, révéler quelques vérités.

 

Ce fut, sans aucun doute, les mêmes idéaux qui animèrent ceux qui fondèrent les grands journaux d'aujourd'hui. Tous des journalistes, tous engagés dans des combats politiques. Il y eut ces journalistes issus de la Résistance et qui donnèrent naissance par exemple aux quotidiens Le Monde, Le Parisien - Aujourd'hui en France (qui s'appelait à l'époque Le Parisien libéré), Midi Libre, Sud-Ouest... ou encore à l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur. On pourrait citer aussi Le Point et L'Express, fondés aussi par des journalistes engagés ; Libération, né sous l'égide de Jean-Paul Sartre. Quant à notre Indépendant catalan, il fut fondé par François Arago, républicain convaincu qui menait un combat politique contre la Monarchie de Juillet.

 

Tous ces journaux furent des étendards de la libre pensée politique, que l'on partage ou pas les idées qu'ils défendaient. Aujourd'hui, que sont devenus ces espaces d'expression ? On y recopie les mêmes dépêches AFP, les mêmes communiqués de presse glorifiant leurs expéditeurs, les mêmes rumeurs issues d'Internet sans en vérifier la véracité. On y écrit des articles à la chaîne, sans prendre le temps de recouper les informations, sans enquêter, sans prendre de recul. Chaque jour, certains surjouent l'indignation, pour faire « comme Zola », tout en oubliant totalement ce qui les avait choqué la veille. Ce ne sont pas les journalistes eux-mêmes qui sont en cause, mais la structure même de la presse qui les oblige à travailler de cette façon.

 

Car aujourd'hui, les journaux n'appartiennent plus aux journalistes, mais à des hommes d'affaires pas toujours fréquentables, à des sociétés de gestion plus soucieuses de leurs bénéfices que de la circulation de l'information. Alors on diminue les effectifs et les rémunérations des pigistes, on pousse les anciens vers la sortie pour embaucher des jeunes, plus malléables et moins onéreux, on coupe dans les budgets de sorte que certains sujets deviennent impossibles à traiter, on fait pression pour que les articles ne maltraitent pas tel ou tel annonceur afin de ne pas se priver de revenus publicitaires, ou tel ou tel appui politique, non pas pour des raisons idéologiques mais pour sauvegarder quelques avantages fructueux.

De plus en plus souvent, les journaux ne financent plus les voyages des journalistes. Ce sont des entreprises ou des partis politiques qui « invitent », parfois très généreusement. Ceux-là, pas question de les attaquer, ou alors très mollement. On ne mord pas la main qui vous nourrit.

 

Quand j'ai démarré ma carrière, plein d'idéaux comme je l'écrivais au début de cet article, j'ai d'abord écrit sur des sujets que j'estimais nobles : le travail difficile de certaines associations, des luttes sociales qui me semblaient justes... J'ai déchanté une première fois quand un grand quotidien soi-disant « de gauche » me proposa environ 500 francs pour un reportage qui m'avait demandé trois semaines de travail (reportage qui, d'ailleurs, passa dans ledit journal deux ans plus tard, mais sous une autre signature que la mienne...). Une deuxième fois quand une enquête sur la politique sociale d'un service public bien connu (plusieurs centaines d'emploi étaient menacés à court terme, des milliers à moyen terme. Pas toujours de façon « licite » puisqu'il était prévu d'exercer une pression morale sur certaines catégories de travailleurs) fut refusée par plusieurs « grands » journaux, non pas que mon travail fut mis en cause, mais parce que le sujet risquait de déranger. « Tu as fait un super boulot », m'avait dit un journaliste du Monde, « mais si tu sors ça, tu es grillé à vie »...


Alors j'ai fait comme de nombreux journalistes : de l'alimentaire ! Jusqu'au jour où j'en ai eu marre que des patrons de presse m'ordonnent de réécrire blanc alors que j'avais écrit noir, marre de voir des pigistes crever la dalle (la pige est encore moins payée aujourd'hui qu'elle ne l'était en 1996, lorsque j'ai débuté) et donc obligés d'accepter de rédiger tout et n'importe quoi le plus vite possible, marre de constater que la valeur d'un article n'est plus définie par sa qualité en terme d'informations, mais par son rapport qualité-prix. Par Axel Belliard/ la suite sur WMaker

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 19:56

 

Et Guetta, maintenant, après Thomas Legrand. Guetta qui pousse un coup de gueule matinal contre la commission européenne, et assure qu'elle est en train de tuer l'Europe. Qu'est-ce qui leur prend, aux éditorialistes d'Inter ? C'est l'interminable printemps automnal, qui leur ouvre les yeux et leur débouche les oreilles ? C'est donc le 30 mai 2013, aux alentours de 8 heures 16, messieurs les commissaires, que ledit Guetta, Bernard, inébranlable eurolâtre de France Inter, accusa la Commission européenne d'avoir commis une faute impardonnable, en dictant à la France sa liste de courses de réformes libérales urgentes.


Il est vrai qu'elle a fait fort, la commission.Elève France, prends donc sous la dictée. Tu augmenteras encore l'âge légal de départ en retraite, mais surtout pas le SMIC, déjà trop élevé. Tu diminueras les allocations chômage (mais en évitant d'augmenter les cotisation retraites des employeurs). Tu accéléreras l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire, et de la distribution d'énergie, et tu en profiteras pour en finir avec les tarifs réglementés (sauf pour les ménages). Etc etc. Elle a fait si fort que l'élève s'est rebellé, Hollande répliquant :"la commission n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire"(wouuch ! Tous aux abris !)


Il faut certes comprendre cet échange théâtral comme un jeu de rôles.Guetta lui-même expliquait que le principe de cette dictée avait été...dicté à la commission par l'Allemagne, inquiète d'avoir vu la même commission, la semaine dernière, octroyer un délai supplémentaire à la France pour se conformer au critère des 3% de déficit. Et dansLibé, Jean Quatremer raconte que l'entourage présidentiel, off the record, assure que c'est Hollande lui-même, qui a soufflé à la commission qu'il comptait re-réformer les retraites avant la fin 2013. Bref, on joue une fois de plus des doubles et des triples discours, on chuchote à la corbeille en espérant que les balcons n'entendront pas, et l'inverse. Mais les citoyens, eux, entendent. Après la Cour des comptes, qui reprochait au gouvernement, sans lui reprocher, mais en lui reprochant tout de même, l'embauche de 60 000 profs, après le Conseil constitutionnel qui décide souverainement quel est le taux, en France, d'une fiscalité non confiscatoire, une réforme s'impose. Tiens, je vais jouer à Attali, qui exposait son dernier catalogue juste après Guetta : le plus simple serait tout de même de réunir tous ces vautours hypocrites qui font des ronds autour du suffrage universel (Commission machin, Cour bidule, Conseil chose) et de les charger de désigner le gouvernement français. Ca, ce serait une vraie réforme libérale. On économisera les frais d'élections, ce qui ne peut pas être mauvais pour le déficit. Par Daniel Schneidermann / source Arrêt sur image

 

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 07:04

 

 

Analyse très fine du traitement de l'information politique et particulièrement de Jean-Luc Mélenchon par le « petit journal ». Via une émission « divertissement », le petit journal tente de faire passer des informations qu'ils appellent politiques.

 

La mode médiatique est à la diabolisation mélenchonienne : après l’édition du magazine du Mondedatée du 4 mai 2013, le Petit Journalde Canal+ s’est adonné à son tour à cet exercice, pendant toute une semaine. Au passage, avant d’entrer dans le vif du sujet, je note ici qu’on retrouve un élément commun avec ce que j’ai pu analyser dans mon précédent article : la diabolisation de Jean-Luc Mélenchon effectuée par le Petit Journals’accompagne, comme dans l’édition du magazine du Monde, d’un certain nombrilisme journalistique. Je ne manquerai pas de traiter ce point au cours de mon article, tant il me semble que cet élément participe de l’exercice de diabolisation, en se fondant sur le présupposé erroné que « le média = le peuple » (ce qui, on aura l’occasion de le constater, est contradictoire avec la rhétorique même du Petit Journal). Voyons ensemble quelle a été la stratégie (car il s’agit bien d’une stratégie) d’attaque du Petit Journaltout au long de la semaine.

 

Dimanche 5 mai 2013 : teasing.

Tous les dimanches, le Petit Journal passe une sélection des sujets de la semaine qui ont été jugés les plus intéressants (comprenez « les plus vendeurs ») ; c’est ce qu’ils appellent « le Petit Journal de la semaine ». Ce 5 mai, il ne pouvait donc pas y avoir de réaction « à chaud » de la grande marche citoyenne pour la 6e République qui venait d’avoir lieu dans les rues de Paris. Comment faire pour ne pas passer à côté de l’évènement et envoyer un message du type « ne vous inquiétez pas, on va en parler ! » ? Facile :

Pour l’instant, rien de bien méchant, nous sommes d’accord. Il s’agit simplement de l’utilisation d’une technique commerciale bien connue, qui consiste à maintenir le spectateur en haleine ; le message envoyé ici est : « On y était, on va vous en parler. Manque de bol, c’est dimanche, mais on sera là demain ». Je note quand même qu’il s’agit du premier tweet, depuis la création du compte officiel du Petit Journal[1], où une interaction est recherchée avec Jean-Luc Mélenchon viason compte Twitter officiel (@JLMelenchon). L’élément peut sembler anodin mais ne l’est en rien : au cours de la semaine, le Petit Journalaura effectué six tentatives d’interaction avec le compte officiel de Jean-Luc Mélenchon, alors qu’il n’a à aucun moment essayé de faire la même chose avec Marine Le Pen (ou le Front national) lors de la mise en ligne de cette vidéo, pourtant sacrément gratinée : Lire l'analyse très fouillée sur le blog de Antoine Léaument

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 13:11

 

DIABOLISATION DE MÉLENCHON ET NOMBRILISME JOURNALISTIQUE par O.P.I.A.M.

Les errements du magazine du Monde
Le 4 mai, le magazine duMonde a produit un dossier spécial d’une extrême violence contre J.-L. Mélenchon. Le blogueur Antoine Léaument a fait une remarquable analyse de ce chef-d’œuvre de haine, de propagande et d’inepties :

 

Odieuse. Comment qualifier autrement cette édition du magazine du Monde, datée du 4 mai 2013 ? A la veille de la marche du 5 mai (qui a réuni 180 000 têtes dures, n’en déplaise à Monsieur Valls), le journal de révérence par excellence a essayé de plomber l’ambiance avec une couverture propre à effrayer le nanti ; au milieu de photos d’un meeting où le coprésident du Parti de Gauche est systématiquement présenté comme violent s’étale un titre, racoleur : « Le grand MÉCHANT Mélenchon » – « méchant » est bien en majuscules, je n’en rajoute pas.


Quand j’ai vu cette couverture, qui a été rendue publique quelques jours avant la parution, j’ai d’abord cru à une blague : venant du Monde, ça me semblait trop gros, trop lourd, trop pataud. Une fois l’information confirmée, j’ai ensuite pensé qu’il s’agissait d’une façon intelligente et drôle d’amener des articles qui allaient en fait faire l’étude des mécanismes médiatiques de diabolisation de Mélenchon, à l’œuvre un peu partout en ce moment.


Cet espoir de lire un ou des articles d’une analyse sémiologique poussée a évidemment été déçu : le papier correspondant à la couverture fait en réalité exactement l’inverse et apporte seulement un peu d’eau au moulin de la diabolisation mélenchonienne. Il constitue d’ailleurs un parangon de ce type d’articles, et je voudrais ici l’analyser afin de mettre en évidence les ressorts employés par les journalistes qui l’ont écrit : Raphaëlle Besse Desmoulière et Vanessa Schneider. Mais l’analyse que je souhaite faire ici serait incomplète si je n’y étudiais pas aussi un autre élément que l’on retrouve dans un grand nombre d’articles concernant Jean-Luc Mélenchon : le nombrilisme journalistique.


I)       Diabolisation de Mélenchon

Trois grands éléments de diabolisation de Jean-Luc Mélenchon sont utilisés dans cette édition du magazine du Monde : des dispositifs visuels, des dispositifs lexicaux et, enfin, des dispositifs thématiques.


1)      Le dispositif photographique

Le premier élément technique utilisé dans l’entreprise – consciente ou non – de diabolisation de Jean-Luc Mélenchon est un dispositif photographique. Il s’agit d’abord évidemment de la couverture, qui juxtapose des clichés d’un meeting où le coprésident du Parti de Gauche est ostensiblement présenté comme un homme « énervé », « en colère » et « méchant » (je mets ces termes entre guillemets puisqu’ils apparaissent, nous le verrons ci-après, dans le champ lexical utilisé par les auteures de l’article).


Les photographies utilisées à l’intérieur du magazine pour illustrer le papier de Raphaëlle Besse Desmoulière et Vanessa Schneider ne sont pas en reste. Sur deux de ces photographies, Mélenchon « crie » (encore un terme du champ lexical utilisé par les auteurs). Sur une autre, il semble « en colère » (même remarque) mais une seconde photo est apposée dessus et présente le coprésident du Parti de Gauche (pas vraiment à son avantage) se recoiffant devant trois micros ; comprenez : « il tape sur les journalistes mais ne refuse jamais une interview ». Je n’extrapole pas : c’est peu ou prou ce qui est écrit tout au long de la page 38 de cette édition du magazine du Monde.


2)      Le dispositif lexical

Le second élément utilisé dans l’entreprise de diabolisation de Jean-Luc Mélenchon est un dispositif lexical et il est en fait à l’origine de ma volonté de rédiger cet article. Lorsque j’ai lu le papier de Raphaëlle Besse Desmoulière et Vanessa Schneider, je me suis dit qu’il pourrait être intéressant de surligner les mots relevant soit du champ lexical de la violence soit visant à déprécier plus directement le coprésident du Parti de Gauche, et de lire tous ces mots surlignés d’une traite. J’ai été moi-même étonné du résultat…


MÉCHANT / coup de gueule / rage politique / attaques virulentes / radicalise / rebelle colérique / Mélenchon est tétanisé / mal à l’aise / grande gueule / orateur virulent qui défouraille à tout-va / ne fait pas le malin lorsqu’il croise plus énervé que lui /  bravache / tribun provocateur flirtant avec le populisme / homme en colère / rien ne semble l’avoir apaisé / quelqu’un qui est en colère / verve tonitruante / mauvais caractère / rage qu’il laisse déborder / hargne / il fustige / hargne / hargne / asséné / détestation ancrée de longue date / ce qui ne l’empêche pas de se plaindre / attaque régulièrement / il s’attaque / il peut refuser d’adresser la parole / il houspille sans ménagement / rien ne semble lui convenir / ses colères sont de plus en plus fréquentes / il s’en prend à / cinglant / l’insulte / la diffamation / il s’en prend à / injures / intimidations / dérives fascisantes dont il est lui-même devenu coutumier / colères / soupe au lait / pousser des gueulantes est dans sa nature / montées de colère / violence / il gueule un bon coup / susceptible / il supporte peu la critique / en rage / sa détestation / éructer / bouderies / radicalisation / en colère / trop sectaire / colère qu’il ne cesse de déverser / excès paranoïaque / crie sur tous les toits.


Edifiant, n’est-ce pas ? Pour un article de trois pages, le moins qu’on puisse dire c’est que Raphaëlle Besse Dessmoulière et Vanessa Schneider ont chargé la mule, en usant de divers dispositifs pour noyer le poisson, et notamment en utilisant un certain nombre de citations d’adversaires ou de proches de Jean-Luc Mélenchon, manière de dire : « vous voyez, tout le monde est d’accord ». Trois pages d’élucubrations journalistiques. Pas un mot sur le fond.


3)      Le dispositif thématique La suite surOPIAM



Une photo que vous ne verrez pas dans les médias officiels

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 19:54

 

 

Une campagne sournoise se fait jour qui consiste à diaboliser Jean-Luc Mélenchon et à l’assimiler en permanence à Marine Le Pen, au nom de la dénonciation des « populismes » (sic). Mais en quoi le FDG est-il comparable au FN ? Que cherchent ceux qui blanchissent ainsi la dirigeante de l’extrême droite ?

 

Maintenant, on ne dénonce plus l’extrême droite, ou rarement, mais « les extrêmes ».C’est pratique, « les extrêmes ». On peut y mettre tout et n’importe quoi. On peut notamment y mélanger le FDG et le FN, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

En vertu de quoi on en conclut soit que les deux mouvements susdits sont également dangereux pour la démocratie, soit qu’ils sont tous les deux critiquables mais respectables. C’est injurieux pour l’un, inespéré pour l’autre, et dangereux pour tous.   

L’affaire a commencé par le recours massif au mot « populisme »,l’une des plus belles arnaques de la vie intellectuelle, le mot fourre tout utilisé par l’élite quand elle ne sait plus comment expliquer la sécession des peuples.
 

En 2005, la victoire du Non au référendum sur le Traité Constitutionnel Européen (TCE) avait été le point d’orgue de cette campagne. A l’époque, quiconque ne succombait pas au charme inhérent à l’Europe des marchés était immédiatement trainé devant la haute cour de justice intellectuelle pour «populisme ».Accessoirement, il était accusé de souverainisme, d’archaïsme, de nationalisme, et de fascisme latent au choix.
 

Depuis, la crise aidant, l’adjectif diabolisant est mis à toutes les sauces.

Le Chavisme ? Populisme.

Le laminage de
« l’expert » Mario Monti en Italie ? Populisme.

Le rejet de la Troïka qui fait passer les pays d’Europe sous la toise de l’austérité ? Populisme.

Les protestations des Chypriotes face au régime qu’on leur applique ? Populisme.

La contestation de la potion néolibérale appliquée un peu partout, soit à la hache (comme en Grèce) soit par asphyxie progressive (comme en France) ? Populisme.
 

Et voilà comment on en arrive à mettre dans le même sac le FDG et le FN, autrement dit ceux qui critiquent des choix qu’ils jugent intrinsèquement mauvais, et ceux qui entendent surfer sur la vague du mécontentement pour faire grossir leur pelote de haine.

C’est un moyen très efficace de refaire une virginité politique (et morale) à Marine Le Pen, qui ne s’attendait sans doute pas à un tel traitement de faveur.
 

Quoi qu’on pense de Jean-Luc Mélenchon, il est reconnu comme un homme de gauche respectueux des valeurs républicaines. On peut ne pas être d’accord avec tout ou partie de son message. On peut trouver qu’il savonne parfois la planche où il est installé avec des formules à l’emporte pièce.Mais rien ne permet de lui faire un procès ad hominem et de mettre en cause son attachement aux droits de l’homme. 
 

Mélenchon n’a jamais utilisé le « tous pourris » dont d’autres se complaisent. Son appel à une VIème République rejoint ceux déjà exprimés par Arnaud Montebourg ou Eva Joly, voire d’une autre manière par François Bayrou. Par Jvques Dion / la suite surMarianne

 

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 19:52

 

 

Il faut avoir le cuir vraiment épais pour supporter la campagne de presse permanente dont bénéficie le Front national. Partout le voilà présenté en bénéficiaire automatique de la déroute du pouvoir solférinien. L’épouvantail FN est l’ultime rempart des dominants. Leur argument massue : restez chez vous, le FN rode. C’est le retour des années 30 explique le Nouvel Obs. Il nous faut donc un nouveau Front Populaire contre les « 200 familles » ? Mais non ! Le journal solférinien invite lui aussi à rester chez soi et à laisser faire Hollande. Même certains partisans historiques de la Sixième République reprennent le refrain : la Cinquième République a bien des défauts mais ce n’est pas le moment d’y songer et de convoquer une Constituante car elle mettrait le Pen au pouvoir… Le Front national, chien de garde du système, joue le même rôle que les islamistes sous Ben Ali, un repoussoir qui justifie le maintien de l’oligarchie. Et une incitation à ne rien changer… qui fait pour de bon le lit de l’extrême-droite.

 

Pour mesurer le caractère idéologique de ces pronostics pro-FN, remarquez combien ils ne se basent sur rien de tangible. Surprenante versatilité de l’idéologie médiatique, adepte de « fact checking » pour confondre « les politiques » mais incapable de produire des faits pour justifier ses propres préjugés. Bien sûr, à défaut d’enquêtes et de faits, il leur reste toujours possible de commander des sondages. Nous en voilà gavés de nouveau. Sur la présidentiellle, voyez-vous. Il n’y en a pourtant aucune en vue avant quatre ans. A moins qu’il ne s’agisse d’un appel subliminal à la démission d’Hollande ? Ah les sondages sur une présidentielle réalisés quatre avant l’échéance ! Ils commencent par un mensonge : « si l’élection avait lieu dimanche prochain… ». Je me souviens de ceux réalisés avant le lancement de la dernière campagne présidentielle. Jean-Luc Mélenchon était à 3% (et cela encore en septembre 2011). Et Strauss-Kahn était élu haut la main. Le Pen avait même été annoncée au deuxième tour, à 23%, devant Hollande et Sarkozy. On sait ce qu’il en fut. Nous avons fait quatre fois plus et elle biens moins que ce qui lui avait été complaisamment promis. Sauf que pendant des mois il fallut faire avec ce paysage qui pesait sur le moral en nous promettant la marginalité. Je pourrais certes citer le dernier sondage paru ce matin qui met Jean-Luc à 15%, à égalité avec Hollande (avez-vous remarqué que personne n’en parle ?), mais ma conviction est faite depuis longtemps : ces enquêtes ne valent pas tripette.1

 

En fait, les médias qui ont mis en ondes cette semaine l’irrésistible progression du FN l’ont pour l’essentiel justifiée par la progression du nombre de ses adhérents. Une « info » annoncée par les frontistes eux-mêmes, et totalement invérifiable ! N’est-ce pas en totale contradiction avec l’éthique journalistique qui consiste à vérifier les faits ou quand on ne peut le faire à citer ses sources ? Ca l’aurait mal fichu de citer le FN comme source. Mais qui d’autre dispose de chiffres sur le nombre d’adhérents de ce parti ?

 

En revanche, ce qui était parfaitement vérifiable, et tout à fait spectaculaire, c’est le bide du rassemblement annuel du FN ce 1er mai. Le blogueur A gauche pour de vrai l’a fait avec son mètre d’arpenteur virtuel. Il n’est pas journaliste mais il donne ses sources et ses chiffres. Son raisonnement est vérifiable, donc contestable. J’attends les réactions de pied ferme ! Selon son comptage, le rassemblement d’extrême-droite a attiré 3000 personnes*. C’est deux fois moins que l’an dernier. Malgré l’affaire Cahuzac et tout le reste. Le FN n’enregistre donc aucune dynamique lors de son « grand » rendez-vous annuel. Aucun des médias dominants, scopaphobes si prompts à dénoncer le « populisme » de Mélenchon, ne l’a relevé. Il faut dire que 4 chaînes retransmettaient le discours de la Le Pen ce qui aura permis à beaucoup plus de monde de l’entendre. Elles pouvaient difficilement admettre qu’il s’agissait d’un événement rassemblant moins de monde que le dernier meeting du Front de Gauche à Martigues qui n’a pas bénéficié de la même couverture.

 

J’ai même assisté sur France 3 au spectacle désolant d’une chaîne réduisant le 1er mai au rassemblement du FN, donnant ainsi une victoire posthume de Pétain qui institua une « Fête du travail et de la Concorde sociale » pour effacer du paysage la journée internationale des travailleurs.Par F. Delapierre / La suite sur Parti de Gauche

 

 

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