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Qui a tué nos villages ?

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 16:30

 

 

Dimanche 17 juin 2012, le parti conservateur Nouvelle Démocratie emporte la victoire aux élections législatives grecques, devançant de peu le parti de gauche Syriza, opposé aux plans d’austérité imposés à la Grèce. Cette victoire est accueillie avec un grand soulagement par les dirigeants européens, dont un certain nombre avaient activement fait campagne en faveur de la droite grecque : les « Européens » – appellation d’usage dans la presse – avaient en effet menacé d’exclure la Grèce de la zone euro en cas de victoire de Syriza. Une campagne partiellement et partialement relayée par la presse…


Le peuple grec a décidément une fâcheuse inclination à « prendre en otage » le reste de l’Europe. Il y a quelques mois, l’annonce, par l’ancien Premier ministre grec, d’un référendum sur les plans d’austérité avait déjà suscité dans les médias des réactions indignées : il s’agissait pour certains d’un « dangereux coup de poker »« une histoire de fous » qui risquait de remettre en question les efforts des « Européens » pour « sauver l’euro » [1]…


Cette fois-ci, il s’agit d’élections démocratiques ; et pour la première fois, Syriza, un parti opposé à l’austérité et attaché au maintien de la Grèce dans la zone euro peut arriver en tête des suffrages. Face à lui, le parti conservateur Nouvelle Démocratie fait campagne, avec les dirigeants européens, « en agitant la peur d’une sortie de l’euro », comme l’indique la correspondante de Libération(18 juin 2012). Force est de constater que la droite grecque et les dirigeants européens ne sont pas les seuls à « agiter la peur d’une sortie de l’euro »


Les médias en campagne

Dans l’éditorial du Monde daté du 12 mai 2012, Erik Israelewicz se fâche tout rouge. Les Grecs s’apprêtent-ils à voter massivement pour Syriza ? « Il n’est pas admissible qu’un petit pays, par son refus des règles du jeu, puisse continuer à mettre en danger l’ensemble du continent. » Attaché à démontrer l’irresponsabilité du peuple grec, le directeur du Monde ne s’économise aucun effort de pédagogie. Chiffre sensationnel à l’appui : il nous apprend ainsi que « chaque grec a déjà touché depuis janvier 2010 l’équivalent de 31 000 euros, acquittés d’une manière ou d’une autre par les contribuables européens ». Israelewicz conclut son éditorial du 12 mai par une menace très claire : « Aux Grecs de choisir. En espérant qu’ils feront le bon choix. Sinon, l’Europe devra en tirer les conséquences. Sans état d’âme. » Autrement dit, si les Grecs refusent l’austérité, « l’Europe » ne doit pas s’embarrasser pour se débarrasser de la Grèce.


Les grecs seraient-ils d’irresponsables profiteurs ? La caricature faite par le dessinateur Xavier Gorce, publiée dans Le Monde du 30 mai 2012, semble aussi le confirmer. Un dessin est parfois plus efficace qu’un long discours… [2]


Le même message est repris en chœur par les éditorialistes français. Ainsi Franz Olivier Giesbert, dans un éditorial du Pointdaté du 7 juin, fulmine. Les Grecs préféreraient les solutions« débiles et ridicules » de Syriza ? C’est plus que le télévangéliste de la rigueur ne peut supporter. « Plus l’Europe l’aide, plus la Grèce lui en veut : elle mord même la main qui la nourrit » s’indigne-t-il… D’où sa suggestion : « Et si l’on rendait la Grèce à la Turquie ? » Pour de rire, bien sûr !


Ces menaces font bien évidemment écho à celles formulées par les dirigeants européens et la droite grecque. Mais ce « chantage » là ne fera pas l’objet d’une émission d’Yves Calvi… L’animateur de « C dans l’air » sur France 5 préfère s’indigner du « chantage » grec, qui consisterait à se prévaloir du coût important d’une sortie de la zone euro pour demander plus d’argent aux « Européens ». « On peut pas dire “donnez-nous l’argent et on refuse de faire les efforts !”  »s’exclame ainsi Yves Calvi dans son émission du 22 mai [3].


Voilà qui résume bien l’indignation des éditorialistes : la rigueur, plus que jamais nécessaire en France [4], est tout simplement indispensable en Grèce. Toute remise en question de ce dogme, même issue d’un vote démocratique, est intolérable : elle ne serait qu’une preuve supplémentaire de l’incurie, de l’irresponsabilité et de l’ingratitude du peuple grec.


Notons qu’au-delà des tribunes d’opinion, la presse se fait assez largement l’écho du « chantage » des « Européens » en réduisant les élections grecques à un référendum « pour ou contre l’euro ». Les dépêches de l’AFP, entre autres, en témoignent. Dans une dépêche du 15 juin, l’AFP évoque des élections « qui prennent l’allure d’un référendum pour ou contre l’euro ». Et de citer le conservateur Papademos : « Être ou ne pas être dans la zone euro ? Telle est la question. » C’est aussi la question pour l’AFP, qui titre encore le 16 juin : « Grèce : le suspense à son comble avant un vote pour ou contre l’euro ».


Cette métamorphose des élections grecques en vote « pour ou contre l’euro » sera largement reprise par les rédactions. Ainsi, lorsqu’il interroge une responsable de Syriza, l’envoyé spécial deLibération en Grèce lui pose la question suivante : « On présente ces élections comme un référendum pour ou contre l’euro. Êtes-vous d’accord ? »


Pour sa part, Libération échappe apparemment à cette présentation simpliste du vote grec : La Une du 15 juin 2012 évoque non pas un choix pour ou contre l’euro, mais un choix entre une « épreuve de force avec Bruxelles » ou de nouveaux « sacrifices ». Mais Vincent Giret rappelle tout de même la question essentielle dans l’éditorial de Libération daté du 14 juin : « Y aura-t-il, lundi matin, un gouvernement digne de ce nom, à même de rassurer les marchés, les dirigeants européens et… les Grecs eux-mêmes ? » Lire la suite sur Initiatives Grecque à Paris 

Source Acrimed



 

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 16:29

 

 

Un article de Paul Klein paru dans Charlie Hebdo le 20 juin 2012 :


Le traitement de M. Mélenchon par les médias fait le lit du FN

     La façon dont les médias ont couvert la défaite de M. Mélenchon face à Mme Le Pen confirme l’existence entre elle et eux, de cette “collusion objective” dont nous parlions la semaine dernière.


     On ne parlait que du “triomphe” de l’une “souriante“, et de la “douche froide“, de la “claque” (Metro) qui s’était abattue sur l’autre, “pulvérisé” (Le Parisien) : “M. Mélenchon s’est surestimé une fois de trop [...] À trop s’être laissé griser, il finit par faire… grise mine“, dit M. Gattegno (Le Point, RMC), un as du bel esprit. M. Joffrin (Le Nouvel Observateur) et M. Mazerolles (BFM) ont paternellement expliqué à ce jeune fou qu’il aurait dû faire comme tout le monde et dire que l’immigration était un  problème. “Mme Le Pen bat sèchement M. Mélenchon“, a dit Le Monde, qui nous sert une antienne qu’on retrouve partout : “La présidente du FN a infligé une nouvelle défaite au candidat du Front de gauche” – comme si le match se jouait entre M. Mélenchon et pas entre Mme Le Pen et la République.


     Voilà donc un homme qui, en allant à Hénin-Beaumont, s’était livré sous nos yeux à une sorte d’expérience chimique : “Voyez, cette circonscription est donnée acquise à l’extrême droite. Je m’y rends. Je ferai de la pédagogie politique. J’essaierai de montrer aux gens qu’on les trompe et qu’ils valent mieux que les discours qu’on leur sert.” Le résultat ne s’est pas fait attendre : ce fut d’abord la panique de Mme Le Pen, puis les médias, qui diluèrent le combat de M. Mélenchon en parlant de “match des populismes” (Le Monde, suivi par “Le Grand Journal” de Canal+), puis il y eut les faux tracts, dans le silence terrifiant des médias et des partis, avant la défaite d’un homme seul.

“VOUS ÊTES AU TAPIS !”  (BFM)

     Voyez la vidéo de l’échange entre le journaliste de BFM TV et M. Mélenchon : “Vous êtes éliminé, Jean-Luc Mélenchon ! Vous êtes au tapis !” Il vient d’être battu, il est fatigué, filmé de haut, ce qui lui fait les épaules petites et les cernes noirs. Ce qui apparaît clair comme le jour, ici, c’est que, dans le champ de vision des gros médias, M. Mélenchon occupe désormais la place qu’occupait Le Pen père : c’est le “trublion“, le “trublion“, utile pour l’Audimat, mais qui n’a bien sûr pas à faire partie du jeu, et qu’il est agréable de narguer dans ses défaites. Lire la suite sur OPIAM

 

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 17:13

 

 

Ce que les médias font aux campagnes électorales Les médias occupent un rôle central durant les campagnes présidentielles, lors desquelles les activités des candidats consistent essentiellement à

tenter d’attirer l’attention des journalistes pour obtenir de la visibilité, faire passer leur message et propulser ainsi sur l’agenda électoral les thèmes sur lesquels ils bénéficient d’une plus grande crédibilité.

 

Média le plus utilisé par les Français pour s’informer en matière politique, et ce malgré l’essor progressif d’Internet, la télévision a potentiellement l’impact le plus important.


Dans l’enquête Mediapolis réalisée par le CEVIPOF en novembre et décembre 2009, 76% des personnes interrogées déclaraient ainsi qu’elles utilisaient en premier ou en second la télévision, qui arrivait loin devant les autres médias. Les candidats se mettent ainsi en scène dans des « pseudo-événements », comme des meetings ou des déplacements thématiques, minutieusement organisés sur la forme comme sur le fond pour correspondre aux logiques de la télévision. Avec ces « pseudo-événements », la vie politique n’est plus seulement médiatisée, les journalistes relatant les activités des candidats destinées à conquérir des suffrages sur le terrain. Elle devient aussi et surtout médiatique, ces activités étant avant tout organisées pour le média télévisuel et s’adressant moins au public éventuellement présent qu’à celui, infiniment plus nombreux, des téléspectateurs.

 

1/ L’information télévisée, moteur de la persuasion

Parmi les différentes émissions que diffuse la télévision, les journaux télévisés sont particulièrement décisifs pour les chances de succès des différents prétendants. En effet, comme l’ont montré les pionniers de la recherche sur les médias1, la communication diffuse est plus efficace que la communication signée

Autrement dit, les citoyens sont plus ouverts à la persuasion lorsqu’ils n’ont pas le sentiment que l’émetteur d’un message a l’intention de modifier leurs opinions. Dès lors, quand les individus sont exposés à un message entièrement contrôlé par un acteur politique, ils savent que ce dernier cherche à les influencer et sont donc particulièrement résistants à la persuasion. À l’inverse, lorsqu’ils sont exposés à un reportage sur un candidat dans un journal télévisé, ils savent que le journaliste doit faire preuve de neutralité et que sa déontologie lui interdit d’avoir pour objectif de modifier les

opinions des téléspectateurs. Si les journaux télévisés ne respectaient pas ce principe de neutralité politique, ils s’aliéneraient en effet une partie de leur audience, ce qui serait contraire aux objectifs commerciaux des chaînes. Par un effet d’abaissement du seuil de résistance à la persuasion, les individus deviennent alors plus sensibles aux mécanismes persuasifs des messages qu’ils reçoivent.

 

2/ Une couverture dominée par le « jeu » et les « petites phrases »

Même si leur audience s’est érodée sous l’effet de la multiplication des canaux, les journaux de 20h de TF1 et France 2 attirent encore aujourd’hui un public très important (environ 11 millions de personnes chaque soir). Il est donc particulièrement intéressant d’observer la manière dont ils couvrent les campagnes présidentielles. L’analyse du traitement des campagnes de 1981 à 2007 par ces deux journaux télévisés permet ainsi de tirer deux grands enseignements.


Il existe tout d’abord une suprématie du « jeu » sur les « enjeux ». Les JT s’intéressent en effet beaucoup plus aux activités de campagne, aux attaques personnelles entre les compétiteurs, aux analyses des journalistes sur la situation de la compétition, aux sondages et aux affaires politicofinancières qu’aux programmes des candidats et au bilan du président sortant. Considéré comme permettant de maintenir davantage l’attention de l’audience dans une situation de forte concurrence entre les chaînes, le « jeu » représente ainsi en moyenne 73% de la couverture des campagnes présidentielles, contre seulement 27% pour les enjeux. Si elle se vérifie lors de chaque scrutin, cette domination du « jeu » varie néanmoins selon le suspense quant à l’issue du premier tour. En effet, plus l’incertitude est importante, comme ce fut le cas lors de la présidentielle de 1995, plus les rédactions se concentrent sur le « jeu » (voir graphique 1 page 3). 

 

D’autre part, les journalistes de télévision ont de plus en plus tendance à apposer leur empreinte sur la couverture des élections. En effet, face à des équipes de campagne qui tentent toujours plus d’influencer leur travail par les techniques du « news management », les rédactions ont riposté pour essayer de conserver la maîtrise de ce qu’elles estiment être leur propre produit. L’une des illustrations les plus frappantes de cette riposte journalistique est la réduction de la durée moyenne des extraits des discours des candidats diffusés durant les reportages. Cette durée est ainsi passée de 44,5 secondes en 1981 à seulement 13,8 secondes en 2007 (voir graphique 2).


S’ils veulent avoir une chance de voir leur message repris dans les reportages des journaux de 20h, les candidats sont par conséquent condamnés à s’adapter au format de la « petite phrase » Par le CEVIPOF Lire la suite

 

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 16:43

 

 

Plusieurs journalistes se trouvent actuellement sous les feux de l’actualité, leur mari et/ou compagnon étant ministre et même Président de la République.

 

Pour ne pas être soupçonnés de conflits d’intérêts, ces confrères et consœurs doivent, même provisoirement, prendre de la distance avec la couverture des événements dans lesquels risquent d’intervenir leurs relations devenues publiques. Un telle proximité ne manquerait pas de détruire leur crédibilité et, par extension, celle de leur rédaction.

Non, leur demander cela n’est pas mettre en doute leur intégrité professionnelle.

Oui, c’est un sacrifice, mais exercer notre profession en réclame parfois.

 

Il est toutefois étrange de constater que ce sont les femmes qui sont le plus souvent visées.

 

Encore plus étrangement, les critiques se réveillent de la part d’intervenants qui ne se sont jamais auparavant formalisés que la directrice générale de l’Audiovisuel extérieur de la France (RFI, France 24 et TV5 Monde) soit la compagne du ministre des Affaires étrangères d’alors, en charge d’une partie de son financement.

 

La vie privée n’est pourtant pas la seule cause de conflits d’intérêts.

Le secteur politique, le secteur économique peuvent être concernés par des liaisons et connivences de toutes sortes. Un exemple parmi d’autres : chaque mois, un certain nombre de patrons de presse, directeurs de journaux, TV, radio, ou de journalistes « qui font l’opinion » se retrouvent pour dîner avec ceux que l’on appelle « des capitaines d’industrie », des « décideurs », des politiques.

 

Une seule règle pour toutes et tous : l’omerta.

 

Pour le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession, ces rencontres régulières, à caractère privé, ressemblent à ce que dénoncent beaucoup de citoyens : une oligarchie d’échanges de bons services au détriment de l’information honnête, complète et pluraliste à laquelle ils ont droit dans une démocratie digne de ce nom.

 

Quels bénéfices tirent les rédactions de ces rencontres confidentielles ?

 

Quel respect un journaliste aura-t-il envers son directeur qui lui demande un travail sur un sujet sensible le lendemain d’une de ces rencontres mensuelles ?

 

Quels bénéfices, quels maléfices, les citoyens de notre pays tirent-ils de ces agapes ?

 

Tous les conflits d’intérêts doivent être proscrits afin qu’une poignée de journalistes en vue ne viennent pas ruiner le travail sérieux et le crédit des quelque 37 000 autres qui doivent aujourd’hui pouvoir faire leur la Charte d’éthique professionnelle des journalistes. Comme le stipule ce document fédérateur de notre profession en préambule :

« Le droit du public a une information de qualité, complète, honnête, libre, indépendante et pluraliste, rappelé dans la Déclaration des droits de l’homme et la Constitution française, guide le journaliste dans l’exercice de sa mission. Cette responsabilité vis-à-vis du citoyen prime sur toute autre. »

 

Il n’est que temps que les citoyens retrouvent la confiance dans leurs médias.

 

Source SNJ

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 11:06

 

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 20:55

 

 

Le traitement médiatique de la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2012 confirme les enseignements de celle de 2007 : hors de la droite et de la gauche de gouvernement (flanquées du centre qui séjourne entre les deux), point de salut et surtout point de discussion légitime. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer le mépris et l’animosité affichés pour ceux que l’on qualifie de « petits », même lorsque, selon les sondages, ils deviennent « moyens », comme c’est le cas maintenant de Jean-Luc Mélenchon.


Tristesse des éditorialistes et des commentateurs politiques quand les sondages d’intention de vote qu’ils consomment quotidiennement consacrent deux favoris ; point de suspense ! Il ne leur reste plus qu’à collectionner les « petites phrases » et à ausculter les stratégies de communication des duettistes. Joie des éditorialistes et des commentateurs politiques quand les sondages leur offrent une course pour le poste de « troisième homme » ! En 1995, il se nommait Jacques Chirac (en réalité ce fut Edouard Balladur). En 2002, il s’appelait Jean-Pierre Chevènement (en réalité ce fut Lionel Jospin). Et en 2007, c’était François Bayrou.


Cette année, en 2012, même si les sondages n’ont pas totalement recalé François Bayrou et Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon remplit cet office et alimente les bavardages au sein de l’éditocratie qui loue son « talent oratoire », son « amour pour la littérature », et même sa capacité à mobiliser... Jusqu’à ce qu’ils sonnent la fin de la récré.


Les portraits à charge n’ont pas manqué. Sur RTL par exemple, Serge July présente Mélenchon comme « le tribun de la grogne romantique » (15 mars 2012). Eric Le Boucher, lui, trouve que « Jean-Luc Mélenchon est un rigolo. Un rigolo de prétoire, un rigolo de JT, un rigolo malin, un rigolo drôle. » (Slate.fr, le 18 mars 2012) Pas mieux pour Christophe Barbier qui veut « en finir avec Mélenchon », ce personnage au « verbe haut et [aux] idées courtes, mi-tribun, mi-guignol » (L’Express, 14 mars 2012). Pierre Assouline, dans Le Monde des Livres, le décrit comme un « terrible tribun robespierriste » (6 avril 2012). Etc.


Et le candidat du Front de Gauche scelle l’accord entre les éditorialistes dans leurs traditionnelles confrontations. Ainsi quand Ivan Rioufol du Figaro affirme de Mélenchon qu’« il est habité par une sorte de haine qui se voit dans ses discours et dans les discours de ceux qui le soutiennent », Claude Weill du Nouvel Observateur lui réplique : « C’est vrai qu’il a quelques fois du mal à se contrôler. » (5 avril, I-télé)

Mais plus que les portraits, ce sont les commentaires proprement politiques qui mobilisent les propagandistes du bipartisme raisonnable.


Égal de Le Pen et complice de Sarkozy ?

Des médias en campagne se sont déjà amusés à renvoyer dos à dos extrême-droite et extrême-gauche, et ici le Front National et le Front de gauche. Ainsi Canal Plus avait consacré une émission entière du « Grand Journal » (9 février 2012) à chercher les similitudes entre les deux mouvements. Expert en ressemblances, Michel Denisot avait subtilement relevé les plus probantes (« le mot“front” déjà » ; « deux leaders tribuns et champions de la formule taxés souvent de populisme »(par qui ?) ; « qui ont la même cible : l’anti-système (sic)  ») [1]. Plantu, aussi caricatural que ses caricatures avait osé ce parallèle dans L’Express

Et Le Monde n’avait pas hésité à transformer sa titraille en éditorial : « Mélenchon-Le Pen, le match des populismes » (8 février 2012).

Mais depuis quelques semaines, ce procès ne suffit plus : il convient de s’inquiéter pour l’avenir de François Hollande. Le Journal du Dimanche(1er avril 2012) s’alarme : « Mélenchon peut-il faire perdre Hollande ? »Dans L’Express, on titre : « Hollande va-t-il perdre ? »  ; et le sous-titre est explicite : « Les ravages de Mélenchon »(4 avril 2012). Et Jacques Julliard, dans Marianne (7 avril 2012) joue les copistes : « Mélenchon peut-il faire perdre Hollande ? »Motif de cette sollicitude ? Plus le score de Mélenchon sera élevé au premier tour, et plus faible serait celui du candidat socialiste au second. Rien n’atteste que cette pseudo-analyse soit fondée, bien au contraire [2]. Mais son caractère délibérément partisan ne fait aucun doute : haro sur Mélenchon !


Anne Sinclair sur le site à la mode huffingtonpost.fr n’est pas très originale : « Mélenchon grignote l’électorat de Hollande. » Et elle ajoute : « si Nicolas Sarkozy se bat pour être en tête et François Hollande plaide à ce point pour le vote utile, c’est qu’arriver devant au premier tour a une importance sur la suite et la dynamique de la campagne. Et que, après, nul ne sait ce qui peut se passer »(18 mars 2012).

Patrick Jarreau dans Le Mondedu 20 mars 2012 affecte d’analyser ce qu’il redoute : « L’UMP compte sur M. Mélenchon pour obliger le candidat socialiste à gauchir son discours et dissuader ainsi les électeurs centristes de l’élire ou de le laisser passer au second tour. Au siècle dernier, les marxistes-léninistes appelaient cela une alliance objective. » Ce rappel de la période stalinienne est le bienvenu, puisque l’on pourrait, avec ce type d’argument, soutenir tout et son contraire : que Marine Le Pen est le meilleur allié de François Hollande puisqu’elle oblige Nicolas Sarkozy à « droitiser » son discours et à faire ainsi le jeu du candidat socialiste… Ou que la modération de François Hollande le rend complice de Jean-Luc Mélenchon ? Ou que…  



La tonalité est la même chez Serge Raffy sur le site du
Nouvel Observateur, le 16 mars 2012 : « Le candidat du Front de gauche, lentement mais sûrement, est devenu, à son corps défendant, l’idiot utile de l’Élysée. Il est le virus malin qui affaiblit jour après jour François Hollande. »Puis, il ajoute : « Mélenchon est donc une grenade dégoupillée dans le camp du PS.(…) Mélenchon piège à cons ? Il ne faut rien exagérer. Il a déjà clairement annoncé qu’il appellera à voter Hollande au deuxième tour. Mais l’amour immodéré que lui porte soudainement la droite est pour le moins suspect. »De là à crier au complot sarkozyste, il n’y a qu’un pas… que Serge Raffy n’hésite pas à franchir : « En haut lieu, on a mis au point un plan de bataille, simple comme bonjour : il faut gonfler à l’hélium le Zorro de la lutte des classes, lui permettre de se rapprocher des 15 % et mettre François Hollande en culottes courtes pour le second tour. Le piège est tellement gros qu’on n’ose pas le regarder en face. A tort. En prenant la Bastille, Mélenchon pourrait bien faire perdre l’Élysée à la Gauche. Délicat paradoxe... »


Dans L’Express, Christophe Barbier, visionnaire, ne s’arrête pas au premier tour de l’élection et à ses conséquences pour le second : « son idéologie, trotsko-marxo-protecto-nationaliste, pourrait bien polluer l’éventuel quinquennat de François Hollande. En effet, si la prime au méchant vaut à Mélenchon de créer la surprise dans les urnes, le nouveau président devra faire avec. » Pour le libelliste multicarte, « le socialisme de gestion serait alors pris en otagesur sa gauche »(14 mars 2012). Quelle angoisse !


Passéiste et héritier de la terreur ?

S’ils aiment désigner un troisième homme, les éditocrates lui recommandent toujours de rester à sa place de troisième homme. Et dès l’instant où il deviendra trop embarrassant et trop présent, la critique se fera plus acerbe et le ton plus virulent. D’autant plus si ce dernier sort du cadre bien défini de l’orthodoxie libérale…


Depuis que Jean-Luc Mélenchon a franchi la barre des 10 % dans les sondages d’intentions de vote, les médias découvrent son programme. Là encore, les condamnations sont quasiment unanimes.


« Détonnant et déconnant », proclamait fièrement le site du Nouvel Observateur (comme le montre l’url de l’article ci-dessous) qui, modifié, annonce désormais humblement en titre que Mélenchon a « un programme économique irréaliste ». En se basant en partie sur des estimations et des chiffrages réalisés par l’Institut de l’Entreprise, un think tank patronal proche du Medef, l’hebdomadaire affirme que « le projet du candidat du Front de gauche isolerait la France au sein des pays développés avec un taux de dépenses publiques record » (5 avril 2012).

cliquer pour agrandir

par Mathias Reymond Lire la suite sur Acrimed

 

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 18:17



Droit fondamental de chaque citoyen, la liberté d’expression est consubstantielle à l’exercice même de la démocratie. En France, elle a joué – et jouera encore – un rôle essentiel aux moments les plus déterminants de notre histoire collective. C’est à sa vitalité que nous mesurons chaque jour l’implication et l’intérêt des Français pour la chose publique.


Fait aussi rare que consternant, dimanche 8 janvier 2012, sept militants communistes qui vendaient «L'Humanité Dimanche» se sont fait interpeller, rue Rambuteau, par les forces de l'ordre. Au prétexte de «trouble à l'ordre public», des affiches ont été arrachées, des contrôles d’identité ont eu lieu – dont celui d’Evelyne Zarka, adjointe au maire du 4e arrondissement de Paris depuis 2001. En février 2007, un militant communiste avait déjà été verbalisé sur le marché Dejean, dans le 18e arrondissement, pour avoir vendu l'Humanité Dimanche «à la sauvette». A l’époque, la justice l’avait relaxé, et le Préfet de Police, reconnu «un excès de zèle».


A quelques mois de scrutins très importants, nous dénonçons ce nouveau dérapage. Alors que la France est régulièrement pointée du doigt, au titre du recul des libertés de la presse et de l’information, par plusieurs associations, organisations et institutions internationales, cet incident est très préoccupant. Nous réclamons le respect des droits et de la liberté des militants politiques, ainsi que la libre diffusion des idées et de la presse. «L’excès de zèle» n’est pas un prétexte, ni une excuse, c’est une faute.
 
Ils ont signé :
ARROUZE Aline, conseillère de Paris, PCF
BACHE Marinette, conseillère de Paris
BECKER Emmanuelle, conseillère de Paris, PCF
BIDARD Hélène, conseillère de Paris, PCF
BILLARD Martine  députée, co-présidente du PG
BONNET Nicolas, adjoint au Maire du 12ème, PCF
BORVO COHEN-SEAT Nicole, sénatrice, Présidente du groupe CRC au Sénat
BOUAKKAZ Hamou, adjoint au Maire de Paris
BOUTAULT Jacques, Maire du 2ème arrondissement de Paris, EELV
BROSSAT Ian, conseiller de Paris, Président du Groupe PCF / PG au Conseil de Paris
CAPELLE Liliane, adjointe au Maire de Paris
COQUEREL Eric, conseiller régional d'Ile-de-France, PG,
CORBIERE Alexis, conseiller de Paris, PG
DAGUENET Jacques, adjoint au Maire du 11e arrondissement de Paris
DELAPIERRE François, conseiller régional, PG
DREYFUS-SIGNOLES Catherine, adjointe au Maire du 9ème arrondissement
FERAUD Rémi, maire du 10ème arrondissement, 1er secrétaire du PS Paris
GALLAND Audrey, conseillère régionale, PG,
GAREL Sylvain, Coprésident du groupe EELV au Conseil de Paris
GIRARD Christophe, adjoint au Maire de Paris
GUENOUX Muriel, conseillère régionale, PRG,
GUILLOT Didier, adjoint au Maire de Paris, PS
LABROILLE François, conseiller régional, Alternative citoyenne,
LALEM Fatima, adjointe au Maire de Paris, PS
LAURENT Pierre, conseiller régional d'Ile-de-France, secrétaire national du PCF
LE NEOUANNIC Pascale, présidente du groupe Front de gauche & Alternatifs,
LHOSTIS Alain, conseiller de Paris, PCF
LORTHOIS Michèle, conseillère du 13ème arrondissement de Paris, PCF
MALAISE Céline, conseillère régionale, Gauche unitaire,
MANSAT Pierre, adjoint au Maire de Paris
MASSOU Gabriel, président du groupe Front de gauche PCF-GU-AC
PARNY Francis, Vice-président du Conseil régional d’Ile-de-France, PCF
PELLISSIER Jean-François, conseiller régional, les Alternatifs,
SANDOVAL Véronique, conseillère du 15ème arrondissement de Paris, PCF
SIMONNET Danielle, conseillère de Paris, PG
STIEVENARD Gisèle, adjointe au Maire de Paris, PS
TERPENT Julien, conseiller du 3ème arrondissement, PCF
TINTI Sergio, adjoint au Maire du 19ème arrondissement de Paris, PCF
TROSTIANSKY Olga, adjointe au Maire de Paris, PS
VIEU CHARIER Catherine, adjointe au Maire de Paris, PCF
VUILLERMOZ Jean, adjoint au Maire de Paris, PCF
ZOUGHEBI Henriette, Vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, PCF


À lire :
--> Vendre l'Humanité, un trouble à l'ordre public ?
Source L’Huma

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 19:36

 

 

M. Pujadas lors du JT de ce soir 5 octobre 2011, vous annonciez que des manifestants étaient devant Wall Street, ajoutant "à la surprise générale" (???) M. Pujadas ce n’est pas parce-que vous n’êtes pas "informé" que vous devez décréter comme une surprise générale une information que vous découvrez.

 

Il me semble que vous êtes journaliste. Or, pour ma part , humble blogueuse, je suis au courant depuis le début c’est-à-dire le 19 septembre, comme des millions d’internautes (!!!)

Comme annonçait votre correspondant sur place, plus de 100 villes sont "occupées" #OccupyTogether on Facebook: 100+ Cities; 100,000+ Signed Up So Far

 

Michael Moore, Susan Sarandon ou le rappeur Lupe sont venus soutenir les manifestants.

 

Par ailleurs, il y aurait eu 700 arrestations sur le pont de Brooklin. Mais durant 16 jours : Circulez y a rien à voir !

 

Alors, se pose la question des infos qui nous sont nous instillées chaque soir et l’utilité de ces JT, puisque les infos circulent bien plus rapidement sur le Net.

 

VMH

 

 

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 07:21

 

Les Alpes-Maritimes sont objectivement l'un des derniers départements intégralement contrôlés par la droite "dure", et l'un des réseaux sur lesquels Nicolas Sarkozy s'appuie au sein de l'UMP. Avec Christian Estrosi (député-maire de Nice) et Éric Ciotti (député, président du Conseil général, en charge des questions de sécurité à l'UMP), le parti du président a là deux ténors sur les questions sécuritaires.


Participant jeudi 23 juin à une table ronde sur l’absentéisme scolaire dans les Yvelines, N. Sarkozy vante les mérites de la loi initiée par son ami E. Ciotti, qui prévoit notamment la suppression des allocations familiales pour les parents d’élèves absentéistes. La chaîne de télévision TF1, collant de près à l'agenda présidentiel, dépêche immédiatement une équipe sur la Côte d'Azur, pour faire le bilan de cette mesure, en liaison avec les journalistes de
Nice-Matin. Le reportage est diffusé pendant le JT de 13 heures de TF1. On y voit, dans des locaux et face à des personnels du Conseil général, une jeune femme "désemparée", exprimant "sa détresse" car elle a "un enfant qui ne va plus à l’école, il commence à sécher". Elle est alors très heureuse de pouvoir demander de l'aide au dit Conseil général. Le sens du reportage est clair : merci monsieur Ciotti d'aider les familles en difficulté !


Le problème - révélé par France-Info - est que la femme en question n'a aucun enfant, qu'elle ne représente nullement les familles en difficultés. Il s'agit en réalité d'une attachée de presse du Conseil général des Alpes-Maritimes présidé par monsieur Ciotti. Toutefois, ce dernier se dit surpris et choqué, et nul n'a apparemment interrogé les personnels du Conseil général impliqués dans ce reportage bidon. L'affaire serait close. Tout cela ne serait qu'une regrettable initiative personnelle de quelqu'un qui voulait juste "rendre service" aux journalistes (sans doute pour qu'ils ne perdent pas de temps à essayer de rencontrer des "vrais gens"). Lire la suite sur Le Monde 

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 07:16

 

huma4juillet

 

Suite à un mouvement social des personnels de Presstalis au départ des imprimeries, l’Humanité daté du lundi 4 juillet n’a pu être distribué en kiosque, et ce, sur toute la France.

Ce mouvement a pour but de protester contre un projet de loi dangereux pour le pluralisme de la presse qui vise à modifier le caractère coopératif de la distribution de la presse quotidienne garantie par la loi Bichet.

C’est pourquoi vous pouvez trouver tous les articles de l’Humanité de ce jour sur notre site en version PDF.

Pour visualiser l'intégralité de l'Humanité, cliquez ici.

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