Républicaine donc de Gauche, parce que "capitalisme, libéralisme,mondialisation économique" sont antagonistes avec notre devise "liberté, égalité,fraternité" ;la déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen ; le préambule de la constitution de 1946 ; la déclaration de Philadelphie et le Conseil National de la Résistance.
Ce que les médias font aux campagnes électorales Les médias occupent un rôle central durant les campagnes présidentielles, lors desquelles les activités des candidats consistent essentiellement à
tenter d’attirer l’attention des journalistes pour obtenir de la visibilité, faire passer leur message et propulser ainsi sur l’agenda électoral les thèmes sur lesquels ils bénéficient d’une plus grande crédibilité.
Média le plus utilisé par les Français pour s’informer en matière politique, et ce malgré l’essor progressif d’Internet, la télévision a potentiellement l’impact le plus important.
Dans l’enquête Mediapolis réalisée par le CEVIPOF en novembre et décembre 2009, 76% des personnes interrogées déclaraient ainsi qu’elles utilisaient en premier ou en second la télévision, qui arrivait loin devant les autres médias. Les candidats se mettent ainsi en scène dans des « pseudo-événements », comme des meetings ou des déplacements thématiques, minutieusement organisés sur la forme comme sur le fond pour correspondre aux logiques de la télévision. Avec ces « pseudo-événements », la vie politique n’est plus seulement médiatisée, les journalistes relatant les activités des candidats destinées à conquérir des suffrages sur le terrain. Elle devient aussi et surtout médiatique, ces activités étant avant tout organisées pour le média télévisuel et s’adressant moins au public éventuellement présent qu’à celui, infiniment plus nombreux, des téléspectateurs.
1/ L’information télévisée, moteur de la persuasion
Parmi les différentes émissions que diffuse la télévision, les journaux télévisés sont particulièrement décisifs pour les chances de succès des différents prétendants. En effet, comme l’ont montré les pionniers de la recherche sur les médias1, la communication diffuse est plus efficace que la communication signée
Autrement dit, les citoyens sont plus ouverts à la persuasion lorsqu’ils n’ont pas le sentiment que l’émetteur d’un message a l’intention de modifier leurs opinions. Dès lors, quand les individus sont exposés à un message entièrement contrôlé par un acteur politique, ils savent que ce dernier cherche à les influencer et sont donc particulièrement résistants à la persuasion. À l’inverse, lorsqu’ils sont exposés à un reportage sur un candidat dans un journal télévisé, ils savent que le journaliste doit faire preuve de neutralité et que sa déontologie lui interdit d’avoir pour objectif de modifier les
opinions des téléspectateurs. Si les journaux télévisés ne respectaient pas ce principe de neutralité politique, ils s’aliéneraient en effet une partie de leur audience, ce qui serait contraire aux objectifs commerciaux des chaînes. Par un effet d’abaissement du seuil de résistance à la persuasion, les individus deviennent alors plus sensibles aux mécanismes persuasifs des messages qu’ils reçoivent.
2/ Une couverture dominée par le « jeu » et les « petites phrases »
Même si leur audience s’est érodée sous l’effet de la multiplication des canaux, les journaux de 20h de TF1 et France 2 attirent encore aujourd’hui un public très important (environ 11 millions de personnes chaque soir). Il est donc particulièrement intéressant d’observer la manière dont ils couvrent les campagnes présidentielles. L’analyse du traitement des campagnes de 1981 à 2007 par ces deux journaux télévisés permet ainsi de tirer deux grands enseignements.
Il existe tout d’abord une suprématie du « jeu » sur les « enjeux ». Les JT s’intéressent en effet beaucoup plus aux activités de campagne, aux attaques personnelles entre les compétiteurs, aux analyses des journalistes sur la situation de la compétition, aux sondages et aux affaires politicofinancières qu’aux programmes des candidats et au bilan du président sortant. Considéré comme permettant de maintenir davantage l’attention de l’audience dans une situation de forte concurrence entre les chaînes, le « jeu » représente ainsi en moyenne 73% de la couverture des campagnes présidentielles, contre seulement 27% pour les enjeux. Si elle se vérifie lors de chaque scrutin, cette domination du « jeu » varie néanmoins selon le suspense quant à l’issue du premier tour. En effet, plus l’incertitude est importante, comme ce fut le cas lors de la présidentielle de 1995, plus les rédactions se concentrent sur le « jeu » (voir graphique 1 page 3).
D’autre part, les journalistes de télévision ont de plus en plus tendance à apposer leur empreinte sur la couverture des élections. En effet, face à des équipes de campagne qui tentent toujours plus d’influencer leur travail par les techniques du « news management », les rédactions ont riposté pour essayer de conserver la maîtrise de ce qu’elles estiment être leur propre produit. L’une des illustrations les plus frappantes de cette riposte journalistique est la réduction de la durée moyenne des extraits des discours des candidats diffusés durant les reportages. Cette durée est ainsi passée de 44,5 secondes en 1981 à seulement 13,8 secondes en 2007 (voir graphique 2).
S’ils veulent avoir une chance de voir leur message repris dans les reportages des journaux de 20h, les candidats sont par conséquent condamnés à s’adapter au format de la « petite phrase » Par le CEVIPOF Lire la suite