Républicaine donc de Gauche, parce que "capitalisme, libéralisme,mondialisation économique" sont antagonistes avec notre devise "liberté, égalité,fraternité" ;la déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen ; le préambule de la constitution de 1946 ; la déclaration de Philadelphie et le Conseil National de la Résistance.
Henri Proglio a-t-il agi dans le dos de l'Etat? Trahi "l'équipe de France du nucléaire" en contournant son partenaire Areva? Ou promis aux Chinois des secrets industriels sans contreparties? Une enquête de l'IGF vient d'être ouverte pour faire le point sur les chinoiseries d'EDF. Décryptage.
Mais que fabrique donc EDF avec les Chinois? Depuis un an maintenant que les médias et les syndicats d'Areva s'interrogent, ni l'électricien, ni le gouvernement ne parviennent à fournir une explication convaincante. Mercredi dernier, le Canard Enchaînérévélait qu'une enquête de l'Inspection générale des Finances (IGF) avait été diligentée par Bercy pour faire la lumière sur un projet d'accord conclu en 2012 entre EDF et son partenaire chinois CGNPC pouvant comprendre des transferts de technologie nucléaire à la Chine. Le point sur une embarrassante affaire industrielle franco-chinoise.
Les discussions entre le fleuron nucléaire français Areva, l'opérateur historique EDF et la Chine alimentent un feuilleton sensible, qui a dépassé ces dernières années la question d'un possible nouveau modèle de réacteur franco-chinois.
Pour bien le comprendre, un petit retour en arrière s'impose.
En 2007, Areva et Mitsubishi Heavy Industries (MHI) créent une société commune à parts égales, Atmea, dont l'objectif est de fabriquer un nouveau réacteur nucléaire d'une puissance de 1000 mégawatts, qui portera le nom de la joint-venture. EDF, qui croit peu au potentiel des réacteurs de moyenne puissance, ne s'associe pas au projet. Mais en 2010, alors que le nucléaire a de nouveau le vent en poupe, que la Chine devient le marché d'avenir de l'atome et que l'EPR est critiqué pour son prix trop élevé, EDF se met à étudier la possibilité de développer un réacteur conjointement avec CGNPC. En février 2011, le Comité de politique nucléaire (CPN) a vent de ce projet. Il enjoint les deux groupes français de coopérer ensemble à la création de ce nouveau réacteur destiné au marché chinois et international. En clair, si EDF veut s'associer à CGNPC, il peut le faire, mais avec Areva...
EDF joue-t-il double jeu?
Le problème, c'est qu'à en croire un certain nombre de documents, dont une partie a déjà fuité dans la presse, EDF semble ne pas avoir abandonné son projet autonome. Selon un accord cadre datant de 2012, dont Le Nouvel Observateuravait obtenu une copie partielle et que l'Expansion.coma pu se procurer, EDF continuait de négocier avec CGNPC dans le dos d'Areva.
Dans ce document très détaillé de 23 pages, il est prévu que l'électricien tricolore conçoive conjointement avec CGNPC un réacteur de 1000 mégawatts. EDF se dit également prêt à aider son partenaire chinois à devenir l'un de ses fournisseurs de "gros composants" (pour des éléments aussi stratégiques que les générateurs de vapeur ou les systèmes de commande), de "maintenance" et d' "ingénierie", créneaux sur lesquels est aussi positionné Areva. Début octobre Le Canard Enchaînéaffirme qu'Henri Proglio aurait même essayé de faire signer discrètement cet accord avant les élections présidentielles. Mais Olivier Bourges, le directeur adjoint de l'APE (Agence des participations de l'Etat), y aurait mis son veto.
Aujourd'hui, tandis qu'EDF affirme que toute réflexion au sujet de ce type de centrale est menée avec Areva, un projet d'accord - tripartite cette fois et datant d'octobre 2011- refait surface. Celui-ci prévoit qu'Areva, EDF et CGNPC travailleront à la construction d'un nouveau réacteur de génération 3 de classe 1000 MW. De quoi, en principe, lever les soupçons d'une mise au ban d'Areva... sauf que le projet serait très défavorable au groupe nucléaire français, le transformant en simple fournisseur et l'excluant du "steering comitee", l'organe central de gouvernance du futur programme. EDF aurait-il mené double jeu, signant avec Areva et CGNPC mais rédigeant seul un projet d'accord avec le Chinois?
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