Républicaine donc de Gauche, parce que "capitalisme, libéralisme,mondialisation économique" sont antagonistes avec notre devise "liberté, égalité,fraternité" ;la déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen ; le préambule de la constitution de 1946 ; la déclaration de Philadelphie et le Conseil National de la Résistance.
Question à un euro : existe-t-il, en France, un seul éditorialiste ayant son rond de serviette dans la bulle médiatique qui ait soutenu Arnaud Montebourg face à Lakshmi Mittal ?
Bon, d’accord, l’interrogation est encore plus simple que le quiz de culture générale proposé aux candidates au titre de Miss France. Mais quand même, le lynchage systématique du ministre du Redressement productif donne à réfléchir sur les mœurs en vigueur au sein de la caste journalistique.
Il aura suffi qu’Arnaud Montebourg ose demander des comptes au PDG de Mittal sur ses reniements successifs (il n’a tenu aucun des engagements pris là la suite de son OPA sur Arcelor) pour qu’il soit traité comme un petit voyou par les maîtres à penser, toutes tendances confondues.
A contrario, certains hommes politiques plutôt situés de l’autre côté de l’éventail politique ont plutôt réagi positivement à l’hypothèse d’une nationalisation temporaire de Florange. Ce n’est pas rien. Que Jean-Luc Mélenchon, le Front de gauche, et la CGT aient repris la balle de Montebourg au bond, c’est dans la logique des choses. Mais que Jean-Louis Borloo, Henri Guaino, François Bayrou, Thierry Breton, ou même le commissaire européen Michel Barnier, aient envisagé l’hypothèse d’une intervention publique pour sauver le pôle sidérurgique menacé, voilà qui est plus nouveau.
>> Lire aussi : Le grand bluff de Lakshmi Mittal
Rien de tel, en revanche, chez des éditocrates contaminés par le néolibéralisme pur et dur. Pas question pour eux de se demander si Arnaud Montebourg, au-delà de ses formules à l’emporte pièce, n’est pas fondé à mettre le groupe Mittal face à ses responsabilités. Quoi qu’il dise ou fasse, il a tort et cela ne se discute pas. Il doit donc être idéologiquement exécuté, comme d’autres l’ont été avant lui pour cause de crime de lèse majesté médiatique.
Le Figaro et Les Echos ont sonné la charge depuis belle lurette. Au journal de 20 h de France 2, l’autre soir, l’ineffable François Lenglet a pris le relais. Pour lui, Arnaud Montebourg est un archaïque proposant des solutions dignes de l’ère paléolithique, un personnage dangereux pour l’image de la France à l’étranger, bref un clone des Bolcheviks. Etienne Gernelle, éditorialiste du Point, dénonce « la faute de M. Montebourg » et son « ahurissante sortie ». Au passage, il explique que Lakshmi Mittal, le pauvre, a déjà été « confronté à un dénigrement qui frisait la xénophobie », lorsqu’il a lancé son OPA sur Arcelor, en 2006.
Etrangement, on retrouve la même allusion à la «xénophobie » sous la plume de Nicolas Demorand, directeur de Libération. Ce dernier semble avoir oublié qu’il prônait voici peu le « souverainisme numérique » face à Google. En somme, quand il s’agit de défendre les intérêts de Libé et des patrons de presse, le souverainisme est acceptable, mais quand l’intérêt de la sidérurgie est en cause, cela relève du racisme. Comprenne qui pourra.
Dans L’Express, Christine Kerdellant se joint à la curée et cible elle aussi « les propos d’Arnaud Montebourg ».
Mais c’est Le Monde qui va le plus loin. Dans un éditorial, le journal du soir fustige « les rodomontades récurrentes du ministre ». Il l’accuse d’avoir déjà « rudoyé » Christophe Viehbacher, directeur général de Sanofi, et de concourir ainsi à faire fuir « les investisseurs anglo-saxons » sans lesquels la vie n’aurait plus de sens. D’où cette conclusion digne de Fouquier-Tinville : « Il ne suffira pas que François Hollande désavoue ses propos lorsqu’il rencontrera Lakshmi Mittal à l’Elysée. Il faut faire cesser ce prétendu jeu de rôle qui décrédibilise la parole et l’action publique ». Bref, Montebourg doit monter dans la charrette des condamnés. La suite sur Marianne