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Qui a tué nos villages ?

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14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 13:51

La Via Campésina, ses organisations membres et leurs alliés engagent la résistance en reliant

la lutte pour les droits et la dignité des personnes migrantes au combat en faveur de la souveraineté alimentaire.

En multipliant les espaces de mobilisation contre les grandes multinationales, contre le contrôle grandissant qu’elles exercent sur les ressources et la production alimentaire au détriment des petits paysans, contre les politiques et les traités qui les favorisent, … le mouvement paysan s’attaque à l’origine du processus de prolétarisation des populations et de déstabilisation du principe démocratique de souveraineté populaire.

En défendant un droit d’usage à la terre et à l’eau, en réclamant un droit à produire et à échanger ses semences traditionnelles, en travaillant à la reconnaissance des droits collectifs, à la liberté syndicale, à un véritable statut pour les femmes paysannes, etc ...la Via Campésina et la Déclaration des droits des Paysans et des Paysannes apportent des réponses aux causes des migrations.

Contre ces murs qui s’érigent dans un vent de folie totalitaire, il est essentiel de construire des ponts entre nos peuples, entre paysans du monde !

« En lieu et place des armes, prenons la solidarité ! » (M. Cissokho)

Le système agro-industriel se nourrit de l’exploitation du plus petit. L’homme et la femme, travailleurs migrants, déracinés, sont extrêmement fragiles et vulnérables face à ces prédateurs économiques, et, en « consentant » malgré eux le sacrifice de leurs droits, ils alimentent plus encore l’appétit du système qui les broie.

Au sein de la Via Campésina et de ses organisations, de multiples initiatives de résistance et de solidarité voient le jour : formation et accompagnement des travailleurs migrants pour faire respecter leurs droits, information et sensibilisation des consommateurs, occupations de terre pour installer les travailleurs ou les personnes migrantes...

La Via Campésina et ses alliés trace la voie d’une souveraineté alimentaire pour des peuples et des paysans sans frontières.

Source Nyeleni

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14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 13:50

« A l’état sauvage, les humains se déplaçaient à la recherche d’eau et de fruits pour se nourrir, mais aussi pour fuir les animaux féroces et ainsi préserver leur vie. Ils bougeaient pour survivre. A la découverte des premiers objets, ce fut la première étape de l’évolution vers notre race. Alors, les hommes bougeaient pour organiser leur alimentation (chasse, pêche, cueillette) mais également pour se protéger contre leurs rivalités internes. »

C’est par ces mots que Mamadou Cissokho, figure de la résistance paysanne d’Afrique de l’Ouest, débute une tribune, en janvier 2018, et rappelle à chacun ses responsabilités face à la tragédie actuelle des migrations.

Se déplacer pour se nourrir et pour survivre

Quelque soit le continent, les mêmes causes produisent désormais les mêmes effets, avec une ampleur inédite : le changement climatique jette déjà sur les routes de l’exil plusieurs millions de réfugiés, d’Afrique subsaharienne, d’Asie du Sud ou encore d’Amérique Latine, que leur terre ne permet plus d’alimenter (assèchement des sols et des puits, destruction des cultures par les catastrophes naturelles à répétition…). Les déséquilibres politiques, souvent dirigés par des intérêts néo-coloniaux, impérialistes, plongent des pays et des régions entières dans des situations tragiques d’insécurité, de conflits et de guerres que beaucoup tentent de fuir (Amérique Centrale, Yemen, Syrie, Sahel…). Ces situations s’aggravent lorsque apparaissent des épisodes de famine mettant en danger imminent les populations tel que le subit le Yémen.

Mais il faut aussi et urgemment reconnaître la responsabilité du capitalisme débridé et mondialisé, entraînant l’appauvrissement et l’effondrement des communautés indigènes ou paysannes à travers le monde : accaparement des terres et violation des droits coutumiers, extractivisme, normes et restrictions d’accès aux marchés,... les Accords de Partenariats Economiques et autres traités de Libre-échange, véritables traductions et répétitions de la raison du plus fort, participent amplement aux déracinements physiques et culturels des populations.

De plus, dans ce contexte, très dur, il faut rappeler à quel point les résistances subissent partout des répressions étatiques, policières, extrêmement sévères, voir meurtrières.

« Peuples d’écriture ils (les Européens) nous ont légué des manuscrits historiques dans lesquels ils ont confirmé avoir trouvé des personnes soi-disant « sans âme », ils ont ramassé tout ce [ou ceux ?] qu’ils ont trouvé et les ont vendus à leur guise. » (M. Cissokho)

Vol des terres, destruction des cultures alimentaires et populaires

Ce déracinement trouve particulièrement son sens à travers l’exemple marocain. Afin d’approvisionner à bas coûts les marchés européens de tomates et agrumes, l’État Marocain avec la bénédiction des Institutions Européennes, a facilité, dès les années 90, l’implantation d’investisseurs espagnols, français, hollandais (…) en chassant les familles paysannes installées sur de nombreuses terres prétendument royales du Souss Massa Drah. Ces entreprises ont également eu un accès simplifié à la ressource hydrique et aux installations d’irrigation ainsi qu’aux aides agricoles de l’État.

Les besoins en main d’œuvre étaient tels que tout a été organisé pour que des milliers de petits paysans vivant dans les montagnes de l’Atlas abandonnent les terres familiales et rejoignent ce bassin de production d’agriculture industrielle. Le phénomène d’exploitation extrême et de paupérisation de ces travailleurs nationaux, déracinés, non seulement perdure, mais aussi il encourage le départ d’hommes et de femmes vers des horizons encore plus lointains et plus incertains.
En parallèle, les cultures vivrières et coutumières (c’est l’exemple de la culture du blé, une des bases principales du plat marocain) sont délaissées de force pour mieux servir les intérêts de l’exportation et du capitalisme sauvage !
Il s’agit là d’une situation comparable à d’autres expériences dont souffrent bien d’autres populations du globe.

Insécurité alimentaire

Ce constat général s’assombrit davantage au regard des conditions d’accueil des populations déplacées. Les discussions actuelles autour du Global Compact, ce projet de pacte mondial des migrations négocié actuellement à l’ONU, affichent au grand jour le cynisme et l’attitude criminelle des grands décideurs. Non seulement le refoulement aux frontières prend des formes inhumaines, violant la Convention des Droits de l’Homme, mais les Etats « occidentaux » détournent ou conditionnent l’aide au développement à la mise en place d’un contrôle aux frontières (dont un renforcement du dispositif policier) dès les pays de départ.

Il faut s’inquiéter ! Le cynisme et le refus d’accueillir dignement ces personnes réfugiées politiques, économiques, climatiques (…) entraînent la concentration de ces populations démunies dans de grands ghettos urbains (mégalopole) ou ruraux (exemple du sud-italien), voir des campements de réfugiés où l’insécurité est maximale : violence, absence de dispositifs de santé, mal-logement, travail forcé et trafic d’êtres humains…

Aussi, par nature, la personne migrante perd sa capacité et son autonomie alimentaire, et, au meilleur (?) des cas, elle devient dépendante du système agro-industriel, lorsqu’elle n’est pas simplement tributaire de l’aide alimentaire, approvisionnée elle-même par ce même système.

« Travaillons ensemble pour la répartition des richesses et du bien-être partout et chez tout le monde. La force d’un pauvre, c’est qu’il ne perd rien parce qu’il n’a rien à perdre. » (M. Cissokho)

Source Nyeleni

 

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14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 13:44

Le Bangaldesh est un pays densément peuplé, qui est une victime évidente de l’exploitation globale en ce qui concerne les impacts du changement climatique. Ces impacts incluent déjà la croissance rapide de la salinité du sol à cause de la montée du niveau de la mer, des inondations liées à la marée, l’intensification de la survenue d’orages, l’augmentation des températures, des pluies torrentielles, des crues éclair, des sécheresses, des glissements de terrains et l’érosion des rivières.

 

Les conséquences du changement climatique sont que les paysans et les communautés rurales sont confrontés à l’insécurité de leurs moyens de subsistance, à la malnutrition, au chômage, à la pauvreté, au trafic d’êtres humains, à la migration forcée ainsi qu’à des crises alimentaires, liées aux terres et à l’eau.

 

Plus de la moitié de la surface du Bangladesh n’est qu’à peine à cinq mètres au dessus du niveau de la mer. Une montée des eaux de mer d’un mètre submergerait un cinquième du pays et transformerait 30 millions de personnes en “réfugiés climatiques”. Le problème lancinant des réfugiés climatiques deviendra un problème majeur dans les prochaines décennies au Bangladesh. Beaucoup des villes principales sont déjà sous pression, particulièrement la capitale Dacca. En 1974 la population de Dacca était de 177 000 habitants, en 2017 ils sont 1.8 millions.

 

D’ici à 2035, ce sera 3.5 millions (selon un rapport de la Banque Mondiale). Deux mille personnes venant de différentes parties du pays arrivent chaque jour à la recherche d’un emploi ou d’un abri. Les 10 villes les plus dangereuses dans le monde à cause du changement climatique incluent Dacca. “Les réfugiés climatiques globaux” seront confrontés à des frontières de plus en plus protégées, comme c’est le cas de l’Inde, qui militarise sa frontière avec le Bangladesh, au point qu’il y a déjà des morts signalées chaque mois.

 

L’agriculture au Bangladesh dépend largement de facteurs climatiques. Un cyclone peut détruire une part significative de la récolte de la saison. Le cyclone Sidr a détruit quasiment 95 pour cent des récoltes dans les districts côtiers quand il a frappé le Bangladesh en 2007 (ABD, 2013). Le cyclone Aila a inondé quasiment 200 000 acres de terre agricole avec de l’eau salée (97 000 acres d’Aman sont complètement détruits) et 300 000 personnes ont été déplacées (243 000 maisons ont été complètement dévastées

 

La salinité accrue des sols et les températures maximales vont conduire à une décroissance du rendement du riz. Un changement de température pourrait aussi faire diminuer la production de pommes de terre de plus de 60%. Les crues éclair de 2017 à Haor ont réduit la production de riz de près de 15.8 millions de tonnes. La recherche a montré une diminution de 69% de la production de riz dans les villages côtiers en 18 ans. Environ ⅓ de la région du Bangladesh est influencée par les marées de la Baie du Bengal.

 

Pour faire face aux crises climatique et alimentaire le gouvernement promeut des entreprises privées du secteur agro-alimentaire, plus d’investissements dans les semences, des fertilisants et des équipements, en adoptant des semences hybrides et en imposant les OGM au nom de la sécurité alimentaire.

 

Le Bangladesh a déjà lancé la première culture d’OGM Brinjal en 2014. Une pomme de terre OGM est dans les tuyaux et le gouvernement a annoncé des plans pour la commercialisation du premier riz génétiquement modifié Golden Rice en 2018.

Tout ceci plutôt que de protéger les paysans et d’encourager la petite agriculture agroécologique.

 

La stratégie de la Banque Mondiale et d’autres bailleurs de fonds internationaux pour la “sécurité alimentaire” gérée par les entreprises est une stratégie risquée pour l’agriculture dans le contexte du changement climatique.

 

Leur intérêt véritable derrière cette politique est de permettre aux entreprises transnationales de semences et d’agrochimie d’accéder aux marchés agricoles du Bangladesh. Par conséquent, il est important de promouvoir les droits des paysans à des semences et d’autonomiser les communautés afin qu’elles puissent protéger leur propre mode de subsistance. Promouvoir la souveraineté alimentaire est la meilleure alternative pour la politique agricole actuelle au Bangladesh.

 

Le changement climatique, la souveraineté alimentaire et l’agriculture comprennent les problèmes politiques multidimensionnels du bien-être humain, de la gestion environnementale et de la bonne gouvernance. Par conséquence, n’importe quelle stratégie pour aborder la souveraineté alimentaire et l’agriculture durable intégrant le changement climatique devraient considérer les moyens de subsistance comme composante fondamentale. Une approche écosystémique de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire devrait être inclue dans les politiques nationales et les plans d’action pour réduire la vulnérabilité au changement climatique.

Par Golam Sorowor, Secrétaire financier de BAFLF (Fédération des syndicats agricoles bangladais) Source Nyeleni

 

 

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 06:52

La tête encore pleine des clameurs de la marche du 5 mai, je me suis envolé pour Moscou. Je me suis rendu en Russie dans le cadre du programme annuel de déplacements à l’étranger

que j’établis autant que possible à l’avance. Après la Grèce, l’Italie et le Portugal, voilà la Russie. Mais je serai bientôt à Hambourg (juin), de nouveau en Espagne (juillet), au Mexique (juillet) aux USA (prévision octobre/novembre). Restent dans les tuyaux le Royaume-Uni et un pays du Maghreb. Cette cadence est fixée par le calendrier. L’année 2018 est la seule année sans élection avant quelques temps en France. Je concentre donc tous les déplacements urgents sur cette année.

Mon intention politique est de marquer par un geste symbolique le refus du climat de guerre et d’escalade entretenu avec la Russie. Marquer de la sympathie et de l’amitié pour le peuple russe dans le contexte actuel est une opération délicate. Dans mon esprit, on rompt le nœud gordien des procès d’intention et des amalgames en allant au bon endroit au bon moment. Je suis donc allé à Moscou fêter l’anniversaire de la victoire sur les nazis qui ont fait vingt millions de morts dans ce pays. C’est aussi une façon de rappeler sans cesse le danger qu’est de nouveau l’extrême droite en Europe à l’heure actuelle. Ce jour-là, tous les Russes, de toutes origines et de toutes confessions, défilent dans la rue en portant le portrait d’un parent mort à la guerre ou ayant participé aux combats. Je portais le portrait d’un officier français, Maurice de Seynes, de l’escadrille Normandie-Niemen. Il s’agit d’une unité d’aviation franco-russe qui combattit les nazis au nom de la France libre à la demande du Général De Gaulle et avec le blanc-seing de Staline.

Mais avant cela, le matin, aux cotés de l’ambassadrice de France à Moscou, j’ai participé d’abord à la commémoration du combat des nôtres devant la statue qui est dédiée à l’escadrille Normandie-Niemen dans un parc. Je m’y suis trouvé avec des enfants des écoles venus de Montpellier et d’autres de Saint-Étienne. Cette cérémonie et la marche du 9 mai forment un message unique de fraternité avec la Russie et le peuple russe. Il fonctionne comme une signature. On ne peut en mesurer pleinement le sens si on ne connaît pas l’extrême ferveur populaire qui s’exprime dans les rassemblements de centaines de milliers de personnes pour la marche du 9 mai dont les seuls slogans sont « Victoire ! Victoire ! » et « Merci grand-parents ! ».

Mon message est qu’on peut être ami de la Russie et du peuple russe sans être un partisan du parti politique au pouvoir en Russie. Et aussi qu’on peut être ami d’un opposant en Russie sans se livrer à des provocations contre le pouvoir en place. C’est pourquoi l’autre moment important de mon séjour a été la rencontre avec  Sergueï Oudaltsov, le président du Front de gauche de Russie, une formation d’opposition de gauche au gouvernement russe et à Poutine. Les Français ne le connaissent pas du tout. Un journal comme Le Monde n’a signalé ni son arrestation, ni la durée exceptionnelle et unique de son emprisonnement, ni sa libération, ni les remerciements qu’il m’avait alors adressé pour avoir pris sa défense. Je le signale car le même journal fait de Navalny, un opposant libéral lourdement marqué d’antisémitisme, un héros permanent. Cela montre que dans ce domaine aussi comme en Amerique latine, ce n’est pas en lisant ce journal qu’on peut savoir ce qui se passe, mais seulement ce qu’il voudrait que l’on pense.

J’avais promis à Oudaltsov de le voir après sa sortie de prison. J’ai tenu parole. Mon projet est de l’intégrer dans la boucle internationale que nous voulons créer à échelle mondiale. Oudaltsov m’a donné son accord pour participer à une conférence pour la paix. Il est d’accord pour ma proposition de création d’un club international. Pour nous, c’est une bonne nouvelle. Cela élargit la diversité des regards et des expériences dont nous avons besoin dans le travail de refondation idéologique et pratique du nouvel humanisme éco-socialiste. Je vais donc bientôt passer a l’écriture d’un plan de travail à proposer à tous nos amis dans le monde. Mais tout en devant accélérer la prise des contacts et veiller aux progrès de notre activité en Europe, il me faut aussi élargir le champ de présence à l’Afrique et à l’Asie. C’est beaucoup de travail. J’ai donc hâte que nous ayons un groupe de députés européens insoumis pour se partager cette tache.

Nous, les Insoumis, nous bénéficions d’une image positive très forte sur la scène des partis et formations de l’altermondialisme. Nos résultats électoraux y sont bien sûr pour beaucoup. Mais l’activité du mouvement social français est perçue de loin. De même la manifestation du 5 mai a bénéficié d’une couverture internationale sans précédent. Cette puissance doit être mise au service de la cause. C’est notre devoir. J’ai trop souffert d’avoir vu s’enfermer chez soi ceux qui nous ont ouvert la route et qui sont forts chez eux pour ne pas comprendre toute l’importance d’un déplacement et d’un appui à ceux qui sont encore peu développé ou en butte à une terrible répression. J’ai bon espoir que d’ici un an nous aurons jeté les bases d’une coopération politique internationale assez forte pour pouvoir s’avancer publiquement sur la scène internationale.

Sur place nous avons tourné un Vlog avec Antoine Léaument. C’est-à-dire un récit vidéo de ce que je faisais au fur et à mesure du séjour. On peut s’y référer car j’y évoque des sujets que je n’ai pas évoqué dans ce bref coup d’œil écrit. Par exemple, j’ai rencontré des officiels, et tenu une conférence à la Chambre de Commerce et d’Industrie française de Moscou. Par exemple, j’ai présenté de nouveau l’idée de la conférence internationale sur les frontières aux officiels que j’ai rencontrés. La suite sur L’ère du Peuple

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23 février 2018 5 23 /02 /février /2018 08:55
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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 13:51
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15 janvier 2018 1 15 /01 /janvier /2018 14:43

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Grèce, Espagne, France… les pouvoirs financier et médiatique usent fébrilement du repoussoir de la « dictature-au-Venezuela » pour attaquer les résistants au libéralisme (1). Les grands groupes et leurs journalistes ne sont élus par personne mais utilisent leur pouvoir de facto pour discréditer des mouvements ou des députés sortis des urnes. Face à ces voies de fait contre le choix des électeurs, de jeunes militants ont commencé à étudier de près la réalité vénézuélienne et ont découvert le talon d’Achille du discours journalistique : sa coupure du réel, qui le réduit à recopier la propagande des médias privés majoritaires dans la nation sud-américaine.

Hollywood pouvait baser sa guerre froide sur un substrat réel: l’existence du Goulag et son cortège d’emprisonnements et d’exécutions. La propagande sur le Venezuela ne repose sur rien et n’atteint l’effet de réel que par la quantité de répétition du mensonge. C’est ce qui explique l’incapacité de répondre d’un journaliste suisse lorsque Maurice Lemoine lui demande de nommer un seul journaliste emprisonné par le gouvernement Maduro (2) ou le démontage facile des affirmations de Patrick Cohen (Europe 1) par le député Alexis Corbière (3).

A force de surfer sur l’effet quantité, les journalistes ont fini par s’autosuggestionner, croyant qu’ils pourraient se passer du rapport au réel et que personne ne leur demanderait de compte. Qu’un honnête citoyen les remette face au principe de réalité et voici qu’éclate leur ignorance. Pour certains d’entre eux, l’ardeur à enfoncer le clou de « la dictature au Venezuela » veut peut-être faire oublier qu’en dix-huit ans de révolution bolivarienne, ils ont occulté les réformes sociales, la construction d’une démocratie participative et jusqu’à l’existence même de la majorité sociale: les secteurs populaires (90 % de la population) n’ont pas participé à l’insurrection de l’extrême droite qu’ils nous ont présentée comme le combat d’une population assoiffée de démocratie contre un régime répressif.

L’effet pervers de devoir réinformer sans cesse face à des journalistes qui n’informent plus, c’est de ne plus avoir de temps de visibiliser, connaître, comprendre, écouter cette majorité rebelle aux projections de tout bord, souvent critique, qui continue à surprendre les politologues comme ce 30 juillet lorsqu’elle a déjoué les violences de la droite pour élire une Assemblée Constituante (4).

A moins de vouloir s’éteindre à petit feu au fond de la Caverne de Platon, la gauche doit donc sortir de la case « critique des médias » et de sa position défensive, pour renouer enfin avec la possibilité concrète d’intelligence du monde en initiant la démocratisation radicale de la propriété des médias. Même si cette démocratisation sera aussitôt attaquée en tant qu’« atteinte à la liberté d’expression » comme l’ont fait les grands groupes privés dans l’Argentine de Cristina Kirschner ou dans l’Équateur de Rafael Correa.

 

La fake news des « 49 médias fermés par le gouvernement Maduro »

Il y a quelques jours les médias français ont martelé, sans la moindre contre-enquête, qu’ « un syndicat de travailleurs de la presse SNTP dénonce que le régime Maduro a fermé 49 médias ». L’objectif était d’associer la critique du pouvoir médiatique par la France Insoumise à « l’absence de liberté d’expression au Venezuela». Quelle était la source de cette allégation ? Le « SNTP » est un syndicat patronal, émanation des médias privés majoritaires au Venezuela. Il est dirigé par le militant de droite Marco Ruiz qui passe son temps à dénoncer sur son compte twitter @mruizsilvera, la « censure » et la « répression » de la « dictature bolivarienne ». Ruiz a fabriqué cette munition destinée au pilonnage par les médias internationaux en profitant du non-renouvellement de concessions par CONATEL (le CSA local) à deux radios (Mágica 99.1 FM et La 92.9 FM). Celles-ci avaient violé la loi en appuyant ouvertement les violences meurtrières de l’extrême droite, tout en réclamant l’invasion du Venezuela par les États-Unis. (Rappelons que la majorité des 180 victimes des violences ont été causées par les extrémistes de droite repeints en « combattants de la liberté » par les médias, beaucoup de meurtres restant impunis. Par contraste les membres des forces de l’ordre qui ont désobéi et se sont rendus coupables de tirs mortels ont été emprisonnés.) (5)

La suite sur BolivarInfo

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 07:05
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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 16:54
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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 09:13
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Campagne 2017

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Caravane Insoumis du Haut Vaucluse 2